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l’établissement de nouveaux fossés (‘U Peu après, lorsque l’on eut démoli les anciens remparts de i36o, de nombreuses constructions occupèrent leur emplacement; mais elles furent toutes détruites à l’époque des troubles de la Ligue. Ce fut seulement en 1621 que l’on recommença à bâtir d’une biçon suivie, et que les religieuses aliénèrent les terrains du nouveau quartier qui reçut le nom de la Villeneuve-sur-Gravois W. En 17/n, elles cédèrent au curé de la paroisse, pour cinq mille livres, une place destinée à la création d’un cimetière. Enfin, en 1772, pour se procurer les ressources nécessaires à la réfection de leurs vieilles maisons et à la construction de nouvelles, elles vendirent douze arpents des terrains maraîcbers qu’elles possédaient encore au faubourg Poissonnière W.
Par contre, en 1668, le couvent reprit ses droits de propriété sur le terrain des anciens remparts et fossés supprimés dans la seconde moitié du xvU siècle. L’entrepreneur de la nouvelle clôture, Lebarbier, prétendait à la possession de cet emplacement en vertu de son traité avec le roi; les religieuses lui intentèrent un
rrTrois aipeus ont esté pris en l’année i5G3 pour faire nouveaux fossés qu’on appelle à présent Fossés Jaulues, et, pour récompense, leroy constitua auxdictes relligieuses trois cens livres de rentes de quoi elles ne sont payées depuis trente cinq ans, qui faicl qu’elles perdent tant la terre que la rente.n (Arch. nat., S A69G).
Une déclaration de t6Ao constate que «les religieuses ne sont plus à présent possesseuses desdictes terres sinon ([ue île seize arpens, un quartier. dix-huit perches, de quoi elles retirent chascun an de ferme la somme de -2/1 livres pour chascun arpent, qui est en tout 890 «. (Ibid.)
Aussitôt après la construction de l’enceinte de i36o, le chemin des remparts avait été transformé en une véritable voirie. Les Filles-Dieu, incommodées, dès leur installation dans leur nouvelle résidence, par ce voisinage, se plaignirent au roi qui, par des lettres du mois d’avril iSyA, enjoignait au prévôt de Paris de faire enlever les immondices qui se trouvaient déjà dans cet endroit et d’interdire qu’il en fût apporté à l’avenir; mais il ne semble pas que l’on ait tenu grand compte de ces prescriptions, puisque, trois siècles plus tard, le dépôt que l’on avait reformé atteignait sur certains points une hauteur de dix mètres. La surélévation de ce quartier provient de l’exhaussement factice du sol, qui motiva sa dénomination.
Cette aliénation, décidée par une délibération capitulaire du 28 novembre 1772, ne put être réalisée que grâce à l’autorisation donnée par le roi, dans ses lettres-patentes de la tin du même
mois, dont nous reproduisons les considérants : frNos chères et bien amées les dames prieure et religieuses du couvent royal des Filles-Dieu, ordre de Fontevrault, établi en notre bonne ville de Paris, rue Saint-Denis, nous ont fait exposer que vingtcinq maisons qui leur appartiennent dans ladite ville, dont partie voisine de leur monastère, sont dans un tel état de deperissement et de vétusté, qu’il est indispensable d’en reconstruire la plus grande partie et de faire aux autres des réparations considérables ; que la communauté ne pouvant rien prendre sur ses revenus, elle n’a de ressource que dans la vente d’un terrain en marais étant dans leur censive de la Couture, situé entre les mes du fauxbourg Saint-Denis et Poisonnière, l’égout et les boulevards de notre ville, contenant douze arpens environ, suivant le plan qu’elles en ont fait dresser par le sieur Payen, architecte; que le prix de ce terrain, affermé à une somme modique en comparaison de sa valeur en fond, les mettroit en état non seulement de subvenir à ces dé[)enses, mais encore d’améliorer les revenus de la communauté et même de contribuer à l’embellissement de notre ville, en faisant construire des maisons spacieuses et commodes sur un em placement qui lui appartient rue de Bourbon-Villeneuve, actuellement occupé par des échopes. . . n [Ibid., S 4718.) De la déclaration des biens du 28 février 1790, il résulte qu’après cette vente, les religieuses n’avaient plus fila propriété que d’environ sept arpens qui sont loués avec une petite maison joignante dans le cul de sacq Saint- Laurent.» (Arch. nat., S 4196.)
COUVENT DES FILLES-DIEU
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procès qui était encore en instance au moment où il mourut et qui, après avoir duré près d’un siècle, se termina, le octobre 1668, par une transaction avec les ayants droit du défunt
Le couvent des Filles-Dieu était contigu par l’une de ses extrémités à la fameuse cour des Miracles, située entre leur clôture et la rue Saint-Sauveur, et qui était le rendez-vous des gueux de profession et des gens sans aveu. Les religieuses protestèrent fréquemment contre ce dangereux voisinage, mais les ordonnances de police, provoquées par leurs réclamations, ne purent réussir à éloigner totalement de ce lieu sa population de malandrins. Elles eurent fréquemment à souffrir de ce dangereux voisinage qui ne disparut d’une façon complète et définitive que lorsque Louis XVI, par ses lettres du 21 août 178Ù, eut ordonné la construction sur cet emplacement d’une nouvelle halle, destinée à remplacer, pour la vente en gros du poisson de mer frais et salé et du poisson d’eau douce, les
ffQuant à la terre ci-devant occupée par les anciens fossés ou remparts faits en i358, depuisla porte Saint-Denis jusqu’à la rue de Montorgueil , et qui ont esté comblés auparavant l’année 1 634, la propriété en a toujours esté prettendue par lesdiltes religieuses, comme ledit espace ayant esté pris sur le domaine loi’s de la construction desdits fossés , ensuite de la démolition de leur ancien couvent, pour raison de quoy elles ont soutenu un grand procès pendant plusieurs années contre les sieurs créanciers du delfunt M. Louis Le Barbier, lequel avoit traité avec le feu roy pour faire une nouvelle closture à Paris, moyennant l’abandonnement à lui fait desdites places , lesquels sieurs créanciers et lesdites religieuses, pour terminer tous les différends et nourrir paix entre eux , ont fait accommodement et par iceluy les terres où estoient lesdits fossez et remparts, pour lors vagues et sans aucune closture, sont demeurés chargés envers lesdites religieuses des trois sols de rente foncière et perpétuelle non rachetable pour chacune toise de superficie , payable par chacun an audit couvent comme le contient plus au long la transaction qui a esté faicte entre les parties , passée par devant Sainfroy et Bourcier, notaires au Châtelet de Paris, le 2 4 octobre 1668, le tout sans préjudice du droit de directe seigneurie sur lesdits lieux appartenant auxdites religieuses , et , quant au surplus de leurs prétentions sur les autres places où estoient lesdicts anciens fossés et remparts, entre les rues de Bourbon et de Sainte-Foye, au pourtour de la Boucherie, et depuis ladite rue de Bourbon jusque à la Cour des Miracles, à la maison de la Belle Estoille, elles s’en sont volontai¬
rement désisté , tant au sujet que lesdits lieux sont remplis de bastiments que pour éviter le trouble qui seroit arrivé dans plusieurs familles, à cause des diverses mutations par le moyen des sommations en garantie; s’estant seulement lesdictes religieuses réservé pareillement la directe seigneurie sur lesdicls lieux, comme faisant partie de leur ancien domaine et première fondation, n (Arch.nat. ,L io53.)
En 1678, dans une requête adressée au lieutenant général de police La Beynie, les religieuses constataient que ; rr ladite place servoit de retraite à plusieui's vagabonds, gens sans adveu, qui s’y assembloient journellement et surtout les dimanches et festes, durant le service, pour jouer, y faisoienl des ordures qui infectent les voisins, parce que les tombereaux du quartier n’y vont pas , se battent avec juremens , et jettent des pierres dans nostre closture qui ont blessé celles d’entre nous qui vont dans le jardin , sans que les plaintes qui en ont esté rendues aux commissaires du quartier aient pu les arrêter; au contraire ces vagabonds se sont advisez, dans les derniers temps, d’atacher des cartons à l’ancienne porte qui sert d’entrée à notre jardin par cet endroit, pour tirer au blanc, et l’ont percée de plusieurs baies et nous mettent en danger . . d (Arch. nat., S 4708.)
Le 28 mai 1678,1e commissaire de police Bruneau, chargé d’une enquête sur les lieux, constatait dans son procès-verbal le bien-fondé des plaintes des religieuses, et le 8 avril 1670 une ordonnance de La Beynie interdit sous peine de châtiments corporels et de 5o livres d’amende tout attroupement dans la cour des Miracles.
anciennes halles de la marée et de la saline qui furent démolies l’année suivante. Par une convention du 20 mai 1787, que signa le lieutenant général de police, Thiroux de Crosne, les religieuses abandonnèrent au roi, pour l’achèvement des travaux, les droits qu’elles possédaient en commun avec les Gatherinettes sur la partie du passage qui servait antérieurement de communication entre leurs jardins et la cour des Miracles.
Fermé en 1790,1e couvent fut vendu comme propriété nationale le iU vendémiaire an VI (9 septembre 1796) et l’église servit de salle de réunion à la société appelée fries Hommes révolutionnaires du 10 aoûtn. Les bâtiments furent démolis, et comme le lotissement des terrains et la construction des nouvelles
maisons eurent lieu au moment de l’expédition d’Egypte, la nouvelle rue et le passage vitré que l’on établit sur l’emplacement du couvent reçurent le nom du Caire. La rue qui portait jusqu’à ces derniers temps le nom des Filles-Dieu en a été dépouillée, et rien ne rappelle plus aujourd’hui dans ce quartier le souvenir de l’ancien couvent (d.
Lf* même fait s’êtait déjà produit ver.s le milieu du xrx' siècle, pour une autre rue ouverte sur l’emplacement du couvent pi'imitif des Filles-Dieu.
COUVENT DES FILLES-DIEU
INDEX ALPHABÉTIQUE
Barthélémy (Isabeau), 1902.
Boüette (Anne), 1895, 1900.
— (Michel), 1899.
— (Nicolas), 1900.
— (Bobert), 1894, 1898.
Chartier (Marie), 1908.
CousiK (François), 1890.
Due (Jean), 1907.
Hue (Cantien), 1912, 1913.
Le Beau (Adam), 1908.
Le Sueur (Edmond), 1904.
Lorraine (Catherine de), 1911.
Lorraine (Charles de), 1898.
Marle (Henri de), igoS.
Menisson (Louis de), 1909.
Molins (Jeanne de), 1892, 1896.
Montmorillon (Bobert de), 1897.
Paumart (Lambert), 1891.
Pellerin (Madeleine), 1910.
Bancher (Anne), 1900.
Saint-Jean (Florent de), 1892.
Vaillant (Laurence), 1906.
Vanglenne (François-Martin- Paul), 1901.
Plan du couvent des Fiilos-Dicu (P.