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et pere spirituel, pour le bien et repos qu’il a fait et mis en leur maison et service de Dieu et de ladicte chapelle, laquelle de longtemps avoit esté et estoit délaissée par la négligence de ceux qui s’en sont dicts chapellains, sans y avoir esté faict aulcun service, synon par lesdits religieux dudict monastère , et ont promis faire faire et accomplir à l’advenir ledict service à leur pouvoir et deschargé de leur conscience et selon l’intention du fondateur de ladicte chapelle. . . » (Arch. nat. , L io53.)
11 est dit à ce sujet par Piganiol : ffOn assure que ce fut en 1620 que ces religieuses supprimèrent l’hospitalité et que, pour en éteindre absolument le souvenir, elles firent alors détruire l’hôpital et la chapelle, et firent élever en leurs places des maisons le long de la rue Saint-Denis qu’ elles louent à des particuliers et, sur le derrière, des appartemens accompagnés d’un jardin qui sont occupés par les religieux de leur ordre qui ont la direction du spirituel et du temporel de ce monastère». (T. III, p. 398.)
La déclaration des biens du 23 février 1790 constate que le couvent avait 73,216 1. 16 s. i d.
niPniMEBIE NATIONALE.
On y donnait, en outre, l’hospitalité à toutes les personnes de l’ordre de Fontevrault qui, pour un motif quelconque, se trouvaient de passage à Paris.
Nous ne possédons aucun renseignement précis sur la topographie des bâtiments de l’immeuble primitif des Filles-Dieu détruit en i36o. Il paraîtrait toutefois, d’après le témoignage de Sauvai, que l’église occupait, en bordure sur la rue Saint-Denis, un terrain sur lequel fut bâtie plus tard l’hôtellerie dite de l’Échiquier (’b
Le second couvent couvrait un vaste espace de forme presque rectangulaire au début, auquel l’on ajouta plus tard un îlot triangulaire qui servit à accroître les jardins 11 était borné par la rue des Filles-Dieu, la rue Saint-Denis, la propriété des dames de Sainte-Catherine et des maisons particulières. Dans le principe, ainsi que nous l’avons déjà constaté, le couvent comprenait deux parties distinctes et absolument indépendantes : l’ancien hospice et sa chapelle, disparus au xviUsiècle, d’une part, sur la rue Saint-Denis, et, d’autre part, le couvent proprement dit, sur la rue des Filles-Dieu.
Les bâtiments du couvent constituaient trois grands corps de logis dont l’un
de revenus et 27,686 I. 7 s. 1 d. de charges annuelles dont 6,000 environ pour les aumônes distribuées en argent et 10,800 pour les réparations des bâtiments.
Il comprenait trente-quatre religieuses professes, trois postulantes, quatre prêtres pour la confession et l'acquit des fondations, neuf domestiques et trois pensionnaires pauvres entièrement à la charge de la communauté.
Outre ces cinquante-trois personnes, qui sont nourries journellement dans le couvent et qui y sont éclairées, cbaulfées, blanchies et entretenues, tant en santé qu’en maladie, on distribue, tous les matins, du pain et, à midi, de la soupe à âo ou 5o pauvres, et l’on fournit la nourriture presque entière à une douzaine de personnes indigentes du <|uartier.
De plus, le couvent des Filles-Dieu étant le seul ;i Paris dépendant de l'Ordre de Fontevrault, qui est composé de trente-deux maisons, l’on y reçoit fréquemment et l’on y bébei'ge gratuitement tant les religieuses qui viennent à Paris pour consulter les médecins sur des genres de maladies extraordinaires, que les religieux de l’ordre qui passent par Paris pour se rendre à leui's obédiences ou qui y séjournent pour all'uires de leurs maisons.
Nota. Les Filles-Dieu ont habituellement dans leur couvent 26 ou 3o jeunes demoiselles, aux¬
quelles elles donnent la meilleure éducation qui leur est possible; mais comme les pensions que ces demoiselles ])ayeut fournissent à peu près aux dépenses particulières qu’elles occasionnent, on n’en a fait aucune mention ni dans les revenus ni dans les charges. (Ibid.)
ffOn ne sait point la grandeur ni la figure de cette église et de ses chapelles. Nous ne saurions pas même en quel endroit on les avoit bâties sans un morceau de leurs piliers qu’on m’a montré dans l’écurie d’une grande bostellerie qui a pour enseigne l’Echiquier, et qui est située le long de la grande rue du faiLxbourg S' Denys, entre saint Lazare et la porte saint Denys. Mais nous ne doutons point du lieu ou étoit placé le cimetière de ces hospitalières; les jardiniers de ce quartierlà déterrent assez souvent dans leur marais des tombes et des coffres de pierre où on avoit enterré des Filles Dieu et des personnes séculières avant qu’on eut ruiné ce monastère. 5) (Sauvai, 1. 1, p. 667.)
Cet îlot, qui avait fait antérieurement partie des anciens remparts et fossés , comme tout l’emplacement de la Villeneuve-sur-Gravois, se trouvait sensiblement au-dessus des terrains du couvent et l’on y accédait par des marches qui sont très nettement indiquées sur le plan de Verniquet dout nous donnons ci-après la reproduction.
COUVENT DES FILLES-DIEU
se rattachait à l’église, au bout de la nef, et les deux autres, qui s’adossaient au mur méridional, encadraient le cloître et une grande cour; le tout étant bordé par les jardins.
L’église avait été construite parallèlement à la rue Saint-Denis dont elle était séparée par une rangée de maisons et un étroit passage sur lequel ouvrait la porte d’entrée. De forme rectangulaire allongée, avec une abside en pointe et régulièrement orientée, elle comprenait trois parties : le sanctuaire, la nef accessible au public et, au fond, le chœur des religieuses, fermé par une grille de fer. Derrière le maître autel, se trouvait une chapelle dite de Saint-Louis, et au bas des marches, du côté gauche, une autre chapelle dénommée de la Visitation de la Sainte-Vierge; tout à côté, la sacristie avait été installée dans une ancienne chapelle. Quatre petits oratoires, installés sur les côtés de la nef, au-dessous des vitraux, en formaient à peu près la seule décoration; ils paraissent avoir été désignés sous les vocables de Notre-Dame de Compassion et de Liesse , de Sainte- Madeleine et de Saint-Roch.
Contre le chevet de l’église, dans la cour extérieure du couvent, l’on avait dressé un grand crucifix de bois, auquel se rattachait une singulière coutume dont l’origine n’a jamais pu être établie avec certitude. Les condamnés que l’on conduisait à Montfaucon venaient faire une halte dans la cour pour embrasser ce crucifix et on leur donnait alors du pain et un verre de vin, ce que le populaire avait appelé rcle dernier morceau du patient.
Les religieuses possédaient, en bordure de leur couvent et dans le voisinage, vingt-cinq maisons dont la location leur assurait d’importants revenus 9). Des vastes terrains qui avaient appartenu aux anciennes Filles-Dieu il ne leur restait plus, au cours du xvi® siècle, qu’une portion très restreinte qui fut encore sensiblement réduite par la suite. En 1 568, le roi leur prit trois arpents pour
La nomenclature de ces maisons accompagnée du plan topographique figure dans ie Terrier du Roi. (Arcli. nat., Q i.)
ffLesdictesFilles Dieu prétendent que leurs appartenances s’estendentà commencer aux premières maisons de la rue Montorgueil , appelée les Petits Carreaux, qui est sur le rempart, tirant le long dudit rempart, à la porte Sainct Denis, traversant le nouvel enclos desdictes Filles Dieu, et de la porte Sainct Denys , le long du fauxbourg jusques aux esgouts, et des esgouts au chemin des Poissonniers et suivant ledict chemin des Poissonniers , traversant le Fossé, jusques auxdicts Petits Carreaux.
La superficie, à prendre en longueur, depuis la
rue Montorgueil jusques à la porte Sainct Denys, et en largeur, depuis la closture des religieuses jusques au mur de closture des marais, au delà le fossé contenant vingt un arpens ;
Mais, à ne prendre que depuis la rue qui est au devant des chantiez et place desdictes dames jusques auxdictes clostures des marais, contient treize arpents;
Et la superficie desdicts marais jusque à l’esgout contient trente huit arpens ;
Et tout le résidu, au delà lesdicts esgouts, contient en superficie treize arpens et demy ;
Montant le tout ensemble à quatre vingt cinq arpens. 55 (Arch. nat., S ifiqS.)