‹ Épitaphier du vieux ParisChapitre 11 sur 323 · Voir ci-dessous, p. XLIII · texte numérisé non relu

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ÉGLISE DE SAINT-GERMAIN L’AUXERROIS

les changements convenables pour la rendre vraiment paroissiale » T L’année 1754 vit s’accomplir la démolition du jubé, que certains avaient réclamée depuis longtemps. On reprit alors contre lui l’argument avancé plus d’un siècle auparavant : il empêchait les fidèles de voir le maître-autel. Dès le 8 juin 1627 1 2, en effet, le doyen du chapitre avait montré aux chanoines assemblés quelles grandes incommodités résultaient de cette clôture entre le chœur et le maîtreautel; il avait, disait-il, plusieurs fois déjà prié les marguilliers de la faire enlever ou, du moins, de n’en conserver que l’extrémité inférieure, qui ne pourrait empêcher la vue du maître-autel; le roi Louis XIII, venu, le jeudi précédent, assister à la procession de la Fête-Dieu, l’avait souhaité; il serait donc à propos, concluait le doyen, que le chapitre insistât auprès des marguilliers pour qu’ils fissent enlever la partie haute de la clôture; à l’issue de son exposé, le doyen avait été chargé de faire une démarche nouvelle auprès des marguilliers; celle-ci n’avait eu, semble-t-il, pas plus de succès que les précédentes : le chapitre proposant la démolition du jubé, les marguilliers l’avaient refusée; pourtant ce furent finalement, au milieu du xvme siècle, les marguilliers qui s’empressèrent de commettre cet acte déplorable, dès qu’ils furent libres de le faire. Peu avant de le voir disparaître, Germain Brice avait porté sur ce jubé un jugement nuancé : c’est, disait-il, « une chose des plus remarquables de cette église »; mais, les ornements de sculpture n’en sont « estimez seulement parce qu’ils sont attribuez à un maître de réputation » et, à la vérité, « il faut dire que ce jubé ne fait pas un bel effet » 3. On supprima d’abord les lambris qui environnaient le chœur et, nous explique Piganiol de la Force, « on abattit le jubé qui régnoit sur la porte principale. Le pavé de l’église fut relevé et réparé dans toute son étendue et, afin que dans la suite il ne fût plus exposé aux dégradations qu’occasionnent les sépultures, on pratiqua sous l’église de vastes caveaux pour les inhumations ».

Ces changements furent approuvés, nous dit encore Piganiol de la Force, à l'exception de la destruction du jubé : un amateur des usages anciens de l’église inséra dans le Journal de Verdun , en 1751, une lettre par laquelle il exhortoit MM. les curé et marguilliers de Saint-Germain, non pas à rétablir entièrement le jubé, parce qu’en effet cette masse offusquoit la vue du chœur, mais à en faire construire un d’une structure légère à chaque côté de l’entrée du chœur, tel qu’on en voit à Saint-Jacques de Compiègne; ou, du moins, d’avoir une petite tribune amovible que l’on placeroit aux jours de sollemnité entre le chœur et la nef, du côté méridional, pour y chanter l’Évangile 4.

Le même auteur rapporte ensuite comment on décida de « décorer le chœur d’une manière qui répondît à la dignité et à l’antiquité de cette église » :

Plusieurs architectes très habiles donnèrent alors des desseins qui méritoient chacun à différens égards l’approbation des connoisseurs. On s’arrêta au plan proposé par M. Bacarit, architecte...

1. Piganiol de la Force, Description historique de la ville de Paris et de ses environs, nouv. éd., t. II, 1765, p. 196.

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