‹ Épitaphier du vieux ParisChapitre 129 sur 323 · FRANÇOIS LE CHARRON · texte numérisé non relu

FRANÇOIS LE CHARRON

Derrière l’autel du chœur, aux deux côtés de la chapelle de Notre-Dame, deux grandes épitaphes de marbre noir. A droite de la chapelle, on lisait :

2 120. FORTIUS IRRADIAT SOLE IPSO NOMEN JESUS a // QUISQUIS NON ISTO VIVIT AB IGNE Jésus b. // Cy devant sous le maistre autel gist et repose le corps de Messire François Le Charron 5, vivant prestre, protonotaire du Saint Siégé, abbé commendataire de

1. François Tronson, fils de Jean III et de Jeanne Du Pré, Grand audiencier de France, avait épousé Marguerite de Montholon, veuve de Louis de l’Estoile (voir ci-dessus, p. 65, n. 4). D’après La Chesnaye des Bois ( op . cit., t. XIV, col. 302), il serait mort avant 1570, date du troisième mariage de Marguerite de Montholon, avec Gérard Cotton, maître des Requêtes de l’Hôtel. II ne serait donc pas le même que François Tronson, qui figure en 1585 pour la somme de 60 1. dans un État des gages des « Gens de Conseil » (Lettres de Catherine de Médicis, t. X, p. 527).

2. D’après un tableau généalogique conservé à la Bibliothèque nationale (ms. fr. 18 661, fol. 326), Marguerite était la fille de Germain Tronson, notaire au Châtelet, et de Françoise Robequin; ce tableau ne donne aucune date ni aucune référence.

3. Pierre de Champin, seigneur de Roissyles-Plailly (peut-être Loisy, Oise, arr. de Senlis, cant. de Nanteuil-le-Haudouin, comm. de Ver, hameau situé entre les communes de Ver et de Plailly). Il avait épousé Marguerite Tronson avant le 14 août 1620; nous possédons d’elle plusieurs quittances jusqu’au 31 mars 1634; elle est morte avant le 16 mars 1643, date à laquelle Pierre de Champin dorme quittance à cause de Radegonde Ysambert, sa [seconde] femme (Bibl. nat., Pièces orig., vol. 664, p. 89- 94). Il a été nommé président à la Cour des Monnaies le 22 novembre 1618 (Abot de Bazinghen, Traité des monnoies..., Paris, in-4°, t. Il, 1764, p. 519). A la suite de l’arrêt du

2 août 1648 concernant les semestres, il a été de service, cette année-là, en janvier-mars et en juillet-septembre ( ibid ., t. I, p. 232).

4. L’acte ne figure pas à sa date parmi les minutes de l’étude du notaire Jacques Plastrier (Arch. nat., Min. centr., LVI).

5. François Le Charron, prêtre du diocèse de Paris, licencié in utroque, était conseiller et aumônier ordinaire du Roi; il fut aumônier d’Anne d’Autriche de 1617 à 1631 (Griselle, op. cit., n08 3 596 et 3 601). Il avait été pourvu, par bulles du pape Urbain VIII en date du 30 janvier 1624, des prébende et décanat vacants par permutation avec Camus, évêque de Belley, des prieurés de Cheffois (Vendée, arr. de Fontenay-le-Comte, cant. de La Châtaigneraie) au diocèse de Luçon et de Maintenay (Pas-de-Calais, arr. de Montreuil-sur-Mer, cant. de Campagnelés-Hesdin) au diocèse d’Amiens (Arch. nat., LL 411, fol. 215 v° et suiv.). Camus continua cependant de figurer au chapitre de Saint-Germain l’Auxerrois jusqu’au 19 janvier 1625 (ibid., LL 410, passim), et Le Charron, installé seulement le 29 juillet 1625 (ibid., LL 411, fol. 215 v°), apparaît au chapitre pour la première fois le 5 août suivant (ibid., LL 410, fol. 142 v°). Il eut avec ses confrères de nombreux démêlés sur des questions de préséance, de cérémonial, de fourniture de linge pour le maître-autel (ibid., LL 412, passim ), et notamment au sujet des règlements du chapitre, et il fallut un arrêt du Parlement en date du 23 juillet 1639 pour y mettre fin (ibid., LL 413, fol. 111 et suiv.).

ÉGLISE DE SAINT-GERMAIN L’AUXERROIS

l’abbaye de Cercanceaux c 1, chanoine et archidiacre de Josas en l’Eglise de Paris,

PREDICATEUR ORDINAIRE DU ROY, CONSEILLER ET AUMOSNIER DE LA REINE, DOYEN DE CESTE EGLISE ROYALLE DE SaINCT GERMAIN, QUI, APRÈS AVOIR ASSISTÉ EN LA CHAMBRE ECCLESIASTIQUE

des États generaux du roiaume de France tenus en l’an 1614, fut, à l’issue desdicts EsTATS, ESLEU ET NOMMÉ PAR LE ROY TRÈS CHRESTIEN LOUIS XIIIe DE CE NOM POUR, EN QUA¬ LITÉ D’ORATEUR DE Sa MAJESTÉ, FAIRE ET PRONONCER LA HARANGUE d DE L’OBEDIENCE, LAQUELLE 2 LORS, COMME FILS AISNÉ DE L’EGLISE, SaDICTE MAJESTÉ, VENANT e À LA COURONNE, RENDIT À

Nostre Sainct Pere le pape Paul cinquiesme de ce nom, qui, après ses munificences,

LUY MOYENNA CETTE DIGNITÉ DECANALE f, LAQUELLE PREFERANT À PLUSIEURS EVESCHÉS ET AUTRES DIGNITÉS, IL A VOULU DESERVIR JUSQUES À LA FIN DE SA VIE, POUR VIVRE APRÈS SA MORT EN LA MEMOIRE DE MESSIEURS LES PARROISSIENS DE CETTE EGLISE ET POUR PARTICIPER AUX PRIERES DE CEULX QUI ONT EU PART À SES PREDICATIONS ET À SES SACRIFICES; LEQUEL DECEDA LE 21e JOUR DE SEPTEMBRE 1641, AGÉ DE 3 .

NULLUM^ MAJUS MORUM SOLATIUM QUAM IPSA MORTALITAS II VIVERE NOLUIT QUI MORI NON VULT .// CaRO MEA IN REQUIE ET IN SPE h 4.

Mss A2, p. 379; — B4, p. 331-333; — VP2, p. 675-676; — Troche, fol. 124 v°-125. — Migne, t. II, col. 128.

o) Jesu, VP2; — b) Fortius... igné Jésus om. Migne; — c) Cercaceaux, B4; Cercasseaux, Tr. ; — d) les harangues* Tr. ; — e) avenant, Tr. ; — /) de..., VP2, Migne; — g) nullam, Tr. ; — h ) requiescit in spe. A2; requies et in spe, B4-

Presque au lendemain de son installation, le bruit courut qu’il voulait céder à bail la maison canoniale et le chapitre dut, le 26 novembre 1625, lui rappeler l’obligation de la résidence ( ibid ., LL 410, fol. 133 v°). Le 16 septembre 1625, le chapitre déclarait, « pour certaines causes et bonnes considérations », que le doyen serait toujours tenu comme présent ; bien qu’en réalité Le Charron ne se fût que très rarement absenté, cette faveur souleva des protestations et, le 2 mars 1627, il annonça son intention, pour le bien de la paix, de se démettre du décanat, mais à la pluralité des voix ses confrères le supplièrent de demeurer en place (ibid., id., fol. 145 et suiv.). On tint compte à cette occasion de ses grandes libéralités : il donna notamment au chapitre, le 4 septembre 1626, une chappe de toile d’argent à fleurs d’or et d’autres parements pour l’image de la Vierge (ibid., LL 411, fol. 241); le 17 août 1632, « pour imiter ce qui se pratique pour le présent en l’eglise de Paris et... pour donner quelque autorité aux officiers du chœur, [il donne] deux robes de drap violet ornées de bandes de velours cramoisy rouge, avec des plaques d’argent vermeil doré, gravé cizelé, où sont représentées les figures de saint Germain et de saint Vincent, patrons de ceste eglise, et aussy deux baguettes de baleine ornées chacune de huict attaches d’argent » (ibid., LL 413, fol. 9 v°). Conformément à ses intentions, son héritier M. de Plaisse remit au chapitre, le 15 octobre 1641, des chasubles, autres ornements et linge, tant anciens que neufs, pour la chapelle Notre-Dame de Consolation (ibid., id., fol. 134 v°). Il avait, en outre, légué à la communauté une somme de 10.000 1. « pour les employer au bastiment d’une maison, size sur le quay de l’Escolle, où souloit pendre pour

enseigne l’image saint Germain » (ibid., id., fol. 137 v°). Le surlendemain de son décès, survenu dans la nuit du samedi 21 septembre, « environ les 10 à 11 heures », le chapitre ouvrit son testament, alla prier auprès de son corps, régla ses funérailles et ordonna « l’ouverture de la cave qui est sous le grand autel du chœur pour l’y inhumer, suivant qu’il l’a désiré par son testament » (ibid., LL 412, fol. 192 v°). Même après sa mort, il fut l’occasion de difficultés, puisque le chapitre décidait, le 14 janvier 1642, de « consulter sur l’affaire de l’epitaphe de feu M. le doyen qu’ont mis dans le chœur les confrères du Saint Sacrement » (ibid., LL 413, fol. 137 v°). Le département des Imprimés de la Bibliothèque nationale possède trois œuvres de François Le Charron : Discours funèbre sur le sujet des obsèques de... Philippe III, roy d’Espagne, Paris, 1621, in-12; — Oratio ad... Paulum F... pro Ludovico XIII..., Romae, 1615, in-4°; — La Response faite... à certain petit libelle fait par un calomniateur sous le nom de Parroissien incogneu, secrettement imprimé depuis peu et furtivement jette sur les autels et en divers endroits de l’église S. Germain de l’ Auxerr ois, Paris, 1639, in-4°.

1. Cercanceaux, abbaye cistercienne, Seineet-Marne, arr. de Melun, cant. de Château-Landon, comm. de Souppes-sur-Loing. — D’après la Gallia christiana, t. XII, col. 241, François Le Charron, abbé en 1615, ne l’était plus en

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