Le comte de Caylus fut enterré à Saint
Germain l’Auxerrois, dans la chapelle Saint- Vincent, derrière 1’ « œuvre ». Voir ci-dessous, p. 193-195, n° 2225.
4. La famille Brochant avait, en 1694, une chapelle à Saint-Germain l’Auxerrois, près de celle de la Visitation ou de Cerisay. Elle avait acheté en 1687 la chapelle des Poncher.
ÉGLISE DE SAINT-GERMAIN L’AUXERROIS
Dans ces conditions, on ne s’étonnera pas de voir Cochin porter sur l’œuvre de Bacarit et de Vassé un jugement bien différent de celui de Piganiol : Vassé et Bacarit « ont fait la belle besogne que l’on y voit maintenant, c’est-à-dire ces ridicules colonnes cannelées et qui semblent enterrées de leur moitié, et ce qu’il y a de plus singulier c’est que ce projet a été approuvé par l’Académie d’Architecture ». Il ajoute plus loin : « il y a apparence que l’Académie d’Architecture a craint de s’exposer aux criailleries du protecteur. . . qui ne la ménageoit pas... 1 ».
L’autel fait par Vassé consistait en une table soutenue par quatre consoles de marbre avec guirlandes et graines de bronze doré d’or moulu. Le devant était orné d’un bas-relief de bronze doré représentant une Mise au Tombeau 2. D’après Dezallier d’Argenville 3, il s’agirait là d’un remploi d’une œuvre de Germain Pilon. Le tabernacle consistait en un fût de colonne tronqué et cannelé, couronné d’un globe surmonté d’une croix. Derrière l’autel s’élevait à droite la statue de saint Vincent par Etienne-Pierre-Adrien Gois et à gauche celle de saint Germain par Louis-Philippe Mouchy 4.
La Révolution entraîna ici les désordres habituels. Fermée en 1793, l’église fut transformée en magasin à fourrages et même en fabrique de salpêtre, puis en imprimerie; elle servit un moment, en 1795, au culte des « Théophilanthropes », sous le nom de « Temple de la Reconnaissance »; elle fut rouverte au culte catholique comme cure du 4e arrondissement par « décret exécutorial de l’archevêque de Paris, Jean-Baptiste de Belloy, en date du 17 floréal an X [7 mai 1802], conformément à la Convention signée entre le Gouvernement et le Saint-Siège, le 26 messidor an IX [Concordat de 1802] » 5.
Au cours des journées d’émeutes des 14 et 15 février 1831, l’église de Saint- Germain l’Auxerrois fut saccagée de fond en comble. Le matin du 14, le service célébré à la mémoire du duc de Berry, assassiné à l’Opéra par Louvel, se déroula sans autre incident que le geste d’un élève de Saint-Cyr qui voulut accrocher au drap mortuaire une lithographie représentant le duc de Bordeaux; mais dans l’après-midi, une foule de manifestants vint abattre la croix ornée de fleurs de lis de la façade et briser les vitres, puis se mit en marche vers l’archevêché