LUY
Armes. Marle : d'or à trois merlettes de sable posées 2 et 1.
Champanges : losange d'or et d'azur , au chevron de gueules chargé de cinq roses d'argent 2.
Mss A2, p. 396; — B4, p. 421; — VP2, p. 705; — Troche, fol. 248. a) sire, VP2; — b) des. A2, B4, Tr.
office qu’il résigna en faveur de Claude Montparlier, lequel en fut pourvu le 17 septembre 1529 ( Catal . des actes de François Ier, t. I, n° 3 481). Il avait été institué notaire et secrétaire du Roi à une date non précisée, entre le 6 mai 1515 et le 6 mai 1522, par résignation de Gilbert Bayard (Tessereau, op. cit., t. I, p. 80); de 1526 à 1528, il fut Prévôt des Marchands de Paris (Registres... du Bureau de la Ville, t. I et II, passim) ; en août 1537, le roi lui faisait rembourser un prêt de 562 1. 10 s. (Actes de François Ier, t. VIII, n° 30 466); en janvier 1539 (n. st.), il fut chargé, avec les maîtres des Monnaies Montparlier et Michel Guilhen, de Lyon, d’une mission à Cambrai pour y procéder, avec les délégués de l’Empereur, à la « réformation et au cours des monnaies » dans leurs états respectifs (ibid, t. VIII, n° 31 248). Marié à Marie de Champanges, fille de Clérembaud de Champanges, seigneur d’Attilly, notaire et secrétaire du Roi, il en eut, de 1508 à 1529, treize enfants, tous baptisés à Saint-Germain l’Auxerrois (Bibl. nat., ms. fr. 4 752, p. 207). Il habitait un hôtel près de la Croix-du-Trahoir (ibid.). Le 15 février 1510 (n. st.), le chapitre lui permettait de placer un siège de bois, pour son usage et celui de sa famille, devant la chapelle Sainte-Anne (Arch. nat., LL 400, fol. 106 v°); le 10 juillet 1517, il l’autorisait à construire une chapelle « in loco in quo est parva porta a latere sinistro chori », s’il arrivait que cette porte fût supprimée (ibid., id., fol. 216); une délibération capitulaire du 23 janvier 1523, n. st. (ibid., LL 401, fol. 5 v°) le cite comme marguillier de la paroisse; le 23 août 1527, on lui permettait de convertir de parisis en tournois les arrérages d’une rente par lui due au chapitre (ibid., id., fol. 104 v°); le 8 juin 1545, par faveur spéciale, la messe d’épousailles d’une de ses filles avait lieu au chœur (ibid., LL 402, fol. 53 v°). Ces faveurs étaient justifiées, nous disent à plusieurs reprises les chanoines, par les bons services rendus à sa paroisse par l’intéressé (« attentibus bonis et acceptabilibus serviciis per ipsum eidem
ecclesie hactenus factis et per ipsum adhuc sperant fieri...» ibid., LL 400, fol. 106 v°; LL 401, fol. 104 v°; LL 402, fol. 220); nous ne savons rien de précis sur la nature ni sur l’étendue de ces services. Germain de Marie fut enterré dans la même sépulture que son père, son frère et sa sœur (ibid., LL 400, fol. 91). Un mois après son décès, ses exécuteurs testamentaires obtinrent l’autorisation de faire célébrer au chœur un service pour le repos de son âme (ibid., LL 402, fol. 95); sa veuve Marie de Champanges et ses héritiers fondèrent, le 2 août 1547, une lampe dans l’église, moyennant un revenu annuel non rachetable de 10 1. t. (ibid., id., fol. 112). C’est sans doute cette lampe qui, peu de temps après, dut être remplacée par les soins de la même donatrice : en avril 1549, n. st., en effet (ibid., id., fol. 170 v°), Marie de Champanges faisait don d’une lampe d’argent destinée à remplacer celle qui, suspendue devant le grand autel du chœur, avait été volée. Marie de Champanges fut enterrée le 5 juin 1557 dans la même sépulture que son mari (ibid., LL 403, fol. 232 v°).
1. Le Thillay (Val-d’Oise, arr. de Montmorency, cant. de Gonesse) dont la famille de Marie possédait la seigneurie dans le dernier quart du xvie siècle (Léon Mirot, op. cit., n08 2 1 52 et 2 153). Germain de Marie possédait aussi le fief dit Richard du Bois à Louvres (mêmes départ, et arr., cant. de Luzarches) [ibid., n° 4 176]. En outre, il rendait, pour sa femme, hommage des château, maison forte, terre et justice d’Aubervilliers-le-Petit (Seine-et-Marne, arr. de Melun, cant. de Brie-Comte-Robert, comin. de Ferrolles- Attilly) [ibid., n° 109; Catalogue des actes de François Ier, t. V, n° 16 400].
2. Une pièce conservée à la Bibliothèque nationale (Pièces orig., vol. 662, doss. 15 473, p. 3) blasonne ainsi les Champanges : échiqueté d'or et d'azur au chevron d'or brochant sur le tout, chargé de cinq roses d’argent.
MADELEINE DE CREVECŒUR
Dans la chapelle de la Madeleine du côté des vitres, tombeau de marbre noir sur lequel est élevée une figure de femme à genoux, de marbre blanc, qui regarde dans un livre que tient un petit enfant, aussi de marbre blanc, avec deux écussons d’armoiries aux deux côtés 2.
2 170. — Cy gist dame Magdeleine de Crevecœur, vefve en premières nopces de Maistre Benoist Milon 3, conseiller du Roy en ses conseils et President en sa Chambre des Comptes, et en secondes nopces de Maistre a Nicolas Chevalier 4, conseiller de Sa Majesté en ses conseils, Premier President en sa Cour des Aydes, Chancelier de la Reine, qui décéda le 23e jour de décembre 1629. A la mémoire de laquelle Messire
1. D’après Troche, fol. 242 v°, cette sépulture aurait été placée dans la chapelle de la Trinité, au-dessous de la fenêtre. Nous croyons devoir nous en tenir aux données des épitaphiers manuscrits. Toutefois, nous allons le voir (ci-dessous, p. 128, n. 2), c’est dans la chapelle de la Trinité qu’avait été fondée une messe pour Madeleine de Crèvecœur.
2. La statue funéraire de Madeleine de Crèvecœur, haute de 1 m 35, se trouve maintenant au Musée du Louvre [P. Vitry et M. Aubert, Musée national du Louvre , Catalogue des sculptures..., éd. de 1922, 2e partie, t. II, p. 1, n° 859, où le personnage est appelé par erreur Marguerite; — Pierre Chaleix, Recherches sur la statue priante actuellement dénommée « Marguerite de Crèvecoeur », dans Bull, de la Soc. de l’Hist. de l’Art français, 1961 (1962), p. 29-37]. Avant d’y aboutir en juillet 1894, elle a subi plusieurs déplacements : en 1794, elle fut transportée de Saint-Germain l’Auxerrois au Musée des Monuments français (J. Guiffrey, Invent. gén. des richesses d’art de la France. Arch. du Musée des Monum. français, t. II, p. 196). Elle y reçut le n° 161, qu’elle portait encore dans un état des restitution aux églises (Guiffrey, op. cit., t. III, p. 264; L. Courajod, Alexandre Lenoir, son journal et le Musée des Monuments français, t. I, 1878, p. 194; Alexandre Lenoir, Musée royal des Monumens français..., p. 93). Le 18 mai 1834, elle a quitté les Petits Augustins pour entrer au palais de Versailles, d’où elle est sortie en juillet 1894 pour reprendre sa
place à Saint-Germain l’Auxerrois où elle ne parvint pas (communication de la Conservation du Musée de Versailles). Pierre Chaleix (op. cit., p. 30) mentionne que cette statue se trouve au Musée du Louvre dès 1897, mais on est incertain sur la date exacte de son entrée dans ce musée. Dans les ouvrages cités plus haut, le personnage est appelé « la femme Cœur » et l’œuvre attribuée au sculpteur Ph. de Buyster (v. 1598-1688), mais cette attribution est douteuse, M. de Longueil ayant fait travailler d’autres sculpteurs. En 1834, on la considérait comme représentant la femme de Jacques Cœur, mais à Versailles elle fut désignée comme étant la statue d’Isabelle Bureau, femme de Geoffroy Cœur, échanson de Louis XI; enfin, sur l’indication fournie par Guilhermy, tirée d’un de nos recueils d’épitaphes, elle fut restituée à son véritable personnage mais pourvue à tort par Soulié du prénom de Marguerite (Eudore Soulié, Notice du Musée impérial de Versailles, 1859, t. 1er, p. 80-81, n° 331). Nous devons ces renseignements à d’obligeantes communications de Mlle Marguerite Jallut, conservateur au Musée de Versailles et de MUe Marguerite Charageat.