Ibid., LL 411, fol. 62 v
ÉGLISE DE SAINT-GERMAIN L’AUXERROIS
il sera question ci-après L Autour du chœur subsiste une très belle grille en fer forgé; elle fut exécutée, de 1762 à 1767, par Pierre Dumiez, serrurier des bâtiments du Roi et de la Ville 1 2; sur les portes de cette grille, les initiales SG et SV rappellent les deux patrons de la paroisse, saint Germain et saint Vincent.
La décoration des chapelles du pourtour du chœur était laissée à l’initiative des familles qui les possédaient; nous verrons, par exemple, comment Charles de Rostaing fit encadrer la chapelle de l’Annonciation de deux bas-reliefs représentant saint Charles Borromée, son patron, et sainte Anne, patronne de sa femme, Anne Hurault 3. La lecture des registres capitulaires permet de voir très souvent le chapitre autoriser certains paroissiens à installer des sièges dans ces chapelles : aussitôt achevées les nouvelles chapelles construites à la fin du xve siècle, au sud de la nef, c’est-à-dire dans « la paroisse », ciuelques personnes demandèrent l’autorisation d’y faire poser un siège : en 1489, la femme d’un soldat4; en 1491, Jacques Teste5. En 1526, Jean Harelle, marchand drapier, bourgeois de Paris, obtient pour lui et pour sa femme la permission de placer un siège de bois contre le premier pilier devant l’horloge au pourtour du chœur, du côté droit, à condition toutefois de n’apporter aucune gêne à l’église; sa femme donne, en remerciement pour l’autorisation accordée, six aulnes et douze amicts de lin 6.
On voit encore en place aujourd’hui le banc d’œuvre qui fut offert à l’église par le roi Louis XIV en 1684. « On n’y scauroit assez admirer, écrit Le Maire, la délicatesse des chiffres, des cizelures et des autres ornemens qui y sont : cet ouvrage est couvert d’un grand pavillon chargé de fleurs de lis » 7 . Dezallier d’Argenville 8 abonde dans le même sens, en décrivant ce pavillon comme grand « manteau royal... admiré de tous les gens de goût ». « C’est François Mercier, maistre menuisier qui l’a fait, précise Le Maire, sur les desseins de monsieur Le Brun ». Germain Brice confirme et complète cette information : Le Brun a bien donné le dessin de l’ouvrage, mais « sur celui que d’Orbay avait proposé, auquel il a cependant ajouté des choses qui ne servent pas à l’embellir » 9.