JEAN DE SAINT-GERMAIN + AGNÈS HERVIEU
Tombe de pierre sur laquelle sont gravées deux personnes, homme et femme, dans un habillement ancien, posée dans la chapelle paroissiale, contre la chapelle des Trépassés, au bas des marches de l’autel.
2 201. — Cy gissent a nobles personnes Jehan de Saint// Germain, bourgeois de Paris 2, qui, aagé de ... ans et b décéda le ... 16 .. et Agnès // Hervyeu 3, sa femme c.
1. Blanchard, Les Presidens au mortier..., Catalogue..., p. 118, donne : d'azur au chevron d’or surmonté d'un oiseau d’argent en chef et en pointe un arbre sur une montagne du même.
2. Jean de Saint-Germain se qualifie « vendeur de bestail au pied fourchu » dans des quittances
de rentes des 7 octobre 1546 et 15 avril 1562 et, dans une semblable quittance du 15 juillet 1580, « marchand de bétail et bourgeois de Paris » (Bibl. nat., Pièces orig., vol. 2 754, doss. 61 515, p. 4, 7 et 21); le 15 avril suivant, nous le voyons agir comme marguillier de l’œuvre et fabrique
de Saint-Germain l’Auxerrois ( ibid ., p. 23). En 1571, il a vendu au Roi, moyennant 650 1., une maison sise rue Fromental, « près et joignant la court de derrière du chasteau du Louvre » (Léon de Laborde, Les comptes des Bâtiments du Roi, t. II, p. 185). Nous ignorons s’il y habitait alors, mais nous savons, par une cons¬
titution de rente à son profit, que, le 28 janvier 1583, il habitait rue Saint-Thomas-du-Louvre (Bibl. nat., Pièces orig., doss. cité, p. 195). Nous le rencontrons pour la dernière fois le 3 août 1603, date à laquelle il intervient pour lui et pour sa défunte femme (ibid., p. 55). — La similitude des armes donne à penser qu’il appartenait à la même famille que le notaire et secrétaire du Roi Robert de Saint-Germain, mort en 1575 (ci-dessus, n° 2 152), dont le fils, Jean, fut maître des Comptes (Bibl. nat., Pièces orig., doss. cité, p. 27).
3. Agnès Hervieu, fille de Guillaume, avait épousé Jean de Saint-Germain avant le 15 janvier 1581 (ibid., p. 22). Elle serait décédée non le 7 avril, mais le 8 août, à 65 ans et demi (Bibl. nat., ms. fr. 32 444, fol. 554), ou plutôt à 66 ans et demi, comme l’indiquent les épitaphiers.
ÉGLISE DE SAINT-GERMAIN L’AUXERROIS
AAGÉE DE LXVI d ET // DEMY, DECEDA LE VIII AOUST e 1600, APRÈS AVOIR VESCU ENSEMBLEMENT L’ESPACE DE XLVIII ANS // ET DEMY. — ReQUIESCANT IN PACE f L
Mss E3, fol. 18 r° et v°; — VP1, fol. 43 v°.
a) gist, VP1; — b) aagé de... ans et om. VP1; — c) quy add. VP1; — d) ans add., VP1; — e) VII apvril, E3; — /) après avoir... pace om. VP1.
Près de la tombe précédente :
2 202. — Cy gist noble personne a Jehan de Sainct Germain, bourgeois de Paris, QUI DECEDA LE . 16 .. b.
Et Agnès Hervieu, sa femme, qui c, aagée de 66 ans et demi d, décéda e le 8 aoust 1600.
Mss A2, p. 389; — B4, p. 385; — VP1, fol. 43 v°; — VP2 p. 694; — Troche, fol. 271 v°. a ) homme, VP2; — b) add. Tr. ; — c) om. VP2; — d) et demi om. VP2; — é) qui décéda, B4, VP2.
2 203. — Agneti Herviae, conjugi pudicissimae a, POST decem anno b MINUS lustrorum
PER CASTISSIMUM c CONSORTIUM SUPERSTITEM d UNICA FILIA DEFUNCTAE e JOANNIS A SANCTO GeRMANO MERENTI MOERENS POSUIT SIBIQUE IPSI, NE DISJUNCTUS POST MORTEM LOCUS OSSA SEPARARET f ET QUORUM ANIMAS d IN VITA CONJUNXIT AMOR VIVENS, MORTUAE MORITURA h COMMUNE MONUMENTUM FIERI CURAVIT.
VlXIT ISTA * ANNOS LXVI, ... MENSES, ... DIE OBIIT ANNO JUBILAEI k, VIIA IDUS APRILIS l. VlXIT HIC ANNOS ... MENS ... DIES m ..., OBIIT ANNO MD n...
Armes. Saint-Germain : d'argent à la nuée d'azur chargée d'un cœur d'or en abîme, à la bordure engrellée de gueules.
Hervieu : d'azur à une croix alésée d'argent °, accompagnée de trois quintefeuilles d'or p.
1. On remarquera que ce texte et les premières lignes du suivant (n° 2 202) pourraient passer pour deux variantes de la même épitaphe. En fait, il semble possible d’admettre que les auteurs des épitaphiers ont vu deux inscriptions distinctes aux noms de M. et Mme de Saint- Germain, l’une sur la « tombe » et l’autre sur la « fosse ». Il est question, en effet, de ces deux inscriptions dans un marché, dont nous devons la connaissance à notre confrère, M. François Lesure, conservateur à la Bibliothèque nationale, passé le 27 mars 1610 entre Mathieu Jacquet, dit Grenoble, « sculpteur ordinaire du Roy et maître sculpteur à Paris, rue Saint-Martin, et Madame de Marillac » (voir ci-dessous 2204, n. 1), au nom de son époux, « conseiller du roy, maitre des Requestes ordinaires de son hostel » (Arch. nat., Min. centr., XXI, 75). Ce marché avait pour objet de « faire et poser en l’église de Sainct Germain de l’Auxerrois, contre l’un des pilliers de ladicte eglise, près la chapelle des Trespassez, à l’endroict qui luy sera monstré,
une pierre de marbre noir d’un pied et demy de large et deux piedz de long, enchâssez dans une pierre de liaiz » sur laquelle serait gravée une grande inscription concernant une fondation de messe (ci-dessous, n° 2 204). II contenait cette clause : « Plus promect ledict Grenoble graver tant sur la tombe que sur la fosse de deffuncts Mr et Madame de Sainct-Germain en ladicte eglise ce qui reste à graver de l’inscription estant sur icelle, suivant le mémoire qui luy en a aussy esté baillé ». Le marché s’élevait à la somme de 35 1. t. — Mathieu Jacquet est l’auteur des monuments funéraires de Pomponne de Bellièvre (ci-dessus, n° 2 175), de Marguerite de Mandelot aux Cordeliers de Pontoise (aujourd’hui au Musée de Laon) et de la famille de Villeroy à Magny-en-Vexin. Il est surtout connu par la cheminée monumentale de la grande salle du château de Fontainebleau (Édouard- Jacques Ciprut, Mathieu Jacquet, sculpteur d’Henri IV, Paris, 1967, in-8°).
Il A.
Mss A2, p. 389; — B4, p. 385; — VP2; p. 694; — Troche, foi. 271 v°.
a) pudicimae. B4; — b) annorum, VP2; — c) carissimum. A2; pecatissimum, B4; pacatissimum ; Tr.; — d) superstite, VP2, Tr.; — e) defuncti, Tr.; — /) speraret, VP2; separet. B4, Tr.; — g) animos, A2, B4, Tr.; animae, VP2; — h) tous les mss portent morituro; — i) ilia, VP2; — j) om. Tr.; — k) Jubae, Tr.; — /) VIII die Augusti, Tr.; — m) die, VP2; — n) M.D. om. VP2; CDIC, B4, Tr. ; — o) d’or, VP1; — p) d’argent, VP1.
Épitaphe de marbre de fondation scellée au premier pilier devant l’autel de la paroisse.
2 204. — Jehan de Saint Germain, bourgeois de Paris, a fondé à perpétuité en l’Eglise
DE CEANS UNE MESSE BASSE, LAQUELLE MESSE LES MARGUILLIERS DE CESTE EGLISE SONT TENUS FAIRE DIRE ET CELEBRER EN ICELLE PAR CHACUN JOUR DE L’AN EN LA CHAPELLE DES TREPASSEZ, ENVIRON LES SEPT HEURES DU MATIN, À L’INTENTION DUDIT DEFFUNCT ET DE DAME AGNÈS HeR- VIEU, SA FEMME, COMME IL EST PORTÉ PAR LE CONTRACT POUR CE FAICT ET PASSÉ ENTRE LESDITS SIEURS MARGUILLIERS ET DAME MARIE DE SAINT GERMAIN, FILLE DESDICTS DEFFUNCTS ET FEMME
de Maistre a Michel de Marillac, conseiller du Roy et maistre ordinaire des Reques-
TES b DE SON HOSTEL l, EN EXECUTION DE LA VOLONTÉ DUDIT DEFFUNCT SON PERE, LE 12e JOUR DE FEVRIER L’AN 1607 PAR DEVANT PlERRE DE MaNCHEVILLE c ET ANTOINE DE QUATREVAUX 2, NOTAIRES AU CHASTELET DE PARIS. — ReQUIESCANT IN PACE.
Mss A2, p. 388-389; — B4, p. 384; — VP2, p. 694; — Troche, fol. 154 v°-155.
a) Messire, B4, Tr.; Mre, VP2; — b) des Requestes om. A2, B4, Tr.; — c) Manchenelle, A2, B4; Mouchenelle, Tr.