‹ Épitaphier du vieux ParisChapitre 26 sur 323 · Troche, manuscrit cité, fol. 225 v · texte numérisé non relu

Troche, manuscrit cité, fol. 225 v

ÉGLISE DE SAINT-GERMAIN L’AUXERROIS

Au xviiie siècle, on exposait aux grandes fêtes, selon Germain Brice 4, des tapisseries faites sous le règne de Charles VI représentant la vie de saint Germain. S’agissait-il de celles que le chapitre avait décidé de refaire en 1414 1 2 ? Aucun document ne permet de l’affirmer. En revanche, pour les xvie et xvne siècles, quelques mentions des registres capitulaires nous renseignent à plusieurs reprises sur les acquisitions de tapisseries faites par l’église. En 1545, Symon du Ru, maître tapissier, reçoit 18 livres tournois pour avoir fourni la tapisserie à tendre en l’église aux fêtes de Pâques et autres fêtes; l’année suivante, il touche 60 sous tournois pour avoir allongé le ciel de la même tapisserie et en avoir fourni une autre à mettre sur la herse 3. Dans les années suivantes, on peut suivre — de 1549 à 1556 — le détail des longues tractations nécessaires pour l’exécution et l’acquisition des tapisseries. Le 3 septembre 1549, les chanoines cherchent un peintre pour faire le patron d’une tapisserie; trois jours plus tard, le procureur du chapitre se fait payer 37 aunes de toile achetées pour le peintre chargé de ce travail; au début de décembre suivant, un chanoine est chargé d’étudier le projet avec le peintre; quelques jours plus tard, l’affaire conclue, on verse 8 sous tournois au procureur du chapitre pour payer les notaires qui ont rédigé le contrat; le 24 janvier 1550, on alloue 12 écus d’or aux peintres (le travail a donc été réparti entre plusieurs artistes) qui font le patron de la tapisserie du chœur. Le 19 septembre de la même année, deux chanoines sont priés de chercher un peintre qui veuille bien faire le patron des tapisseries des sièges, cette fois; quelques jours plus tard, le 10 octobre, le chapitre décide de confier ce travail à un certain Louis (dont le nom est resté en blanc), peintre, demeurant à Paris et gendre d’un autre peintre nommé Cousin, au prix convenu avec Cousin 4; c’est seulement près de deux ans plus tard que le chapitre prescrit le paiement de 4 écus d’or au soleil au peintre qui fait le modèle de cette tapisserie des sièges du chœur. Le 14 octobre de la même année, c’est un peintre du nom de Bonaventure Navart qui reçoit 2 écus d’or pour ses travaux de tapisserie du chœur. En 1555 enfin, on paie 7 livres tournois à Louis Revillon et Claude Pelletier, maîtres tapissiers de Paris, sans doute pour l’exécution de la tapisserie des sièges; ceux-ci étaient certainement terminés le 1er septembre 1556, date à laquelle le chapitre autorise l’inhumation gratis dans l’église de Claude de Moussy, marchand bourgeois de Paris, en raison de ses bienfaits, plus précisément du don des tapisseries de la vie de saint Germain, patron de l’église, destinées à recouvrir les sièges du chœur; quelques semaines plus tard, le 22 décembre 1556, le chapitre accepte cette donation 5. Au siècle suivant, le 11 janvier 1630, il est question d’une tapisserie donnée au chapitre par la reine mère, Marie de Médicis 6. Peu après, on voit le chapitre vendre à un chanoine de l’église, pour le prix de 1 500 livres tournois, une tapisserie du chœur 1 .

Les sujets des tapisseries n’étaient pas toujours exclusivement religieux. Ernest Coyecque a trouvé mention dans les archives notariales de deux tapisse-

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