‹ Épitaphier du vieux ParisChapitre 288 sur 323 · COMTE DE CAYLUS · texte numérisé non relu

COMTE DE CAYLUS

Tombeau dans la chapelle, derrière 1’ « Oeuvre » 2. Sur un haut soubassement, quatre griffons cornus supportent un sarcophage de porphyre antique rapporté de Rome par le comte de Caylus 3 et surmonté d’une lampe antique. Par derrière, une table de marbre noir sur laquelle se détache, entre deux branches de cyprès renversées, le médaillon de bronze du défunt, de profil à droite4; sous le médaillon, cette épitaphe :

1. Anne-Claude-Philippe de Thubières, chevaber, comte de Caylus, marquis d’Esternay, conseiller né d’honneur au Parlement de Toulouse, membre des Académies royales de peinture et sculpture (1731) et des Inscriptions et Belles-Lettres (1742). « Antiquaire, littérateur et graveur, le comte de Caylus se livra à des fouilles archéologiques en Grèce et à des recherches scientifiques sur la composition et l’emploi des peintures; il fut aussi l’auteur de nombreuses et importantes publications sur l’art et l’archéologie » (E. et J. de Goncourt, Portraits intimes du XVIIIe siècle..., Paris, 1892, in-12, p. 149-174; Samuel Rocheblave, Essai sur le comte de Caylus, Paris, 1889, in-8°). Il mourut dans l’appartement qu’il occupait au palais des Tuileries, cour de l’Orangerie; les scellés y furent apposés le jour même de son décès par Béasse de la Brosse, Lieutenant général de la prévôté de l’Hôtel (J. Guiffrey, Scellés et inventaires d’artistes, dans Nouvelles archives de V Art français, t. XI, 1884, p. 368-373).

2. Cet emplacement est indiqué par Dezallier d’Argenville, qui décrit le monument ( Voyage pittoresque de Paris..., 5e éd., 1770, p. 41, 6e éd., 1778, p. 41).

3. Le comte de Caylus avait rapporté de Rome ce sarcophage antique (Louis Clément de Ris, Les amateurs d’autrefois, Paris, 1877, in-4°, p. 253-255). D’après les Goncourt, qui ont eu entre les mains le testament de Caylus, il aurait demandé formellement à y être enseveli; mais Charles Nisard ( Correspondance inédite du comte de Caylus avec le P. Paciaudi..., Paris, in-8°, t. I, 1877, p. 349, n. 3-350) fait justement observer que les dimensions de ce monument rendaient la chose impossible. La prétendue exigence de Caylus est sans doute à l’origine de l’épitaphe composée par Diderot et reproduite par S. Rocheblave, op. cit., p. 70, n. 1 :

« Ci-gît un antiquaire acariâtre et brusque.

« Ah ! qu’il est bien logé dans cette cruche étrusque ! »

L’objet se trouvait dans le jardin de Caylus lors de son décès. Il est ainsi décrit dans l’inventaire du mobilier du défunt : « un mausolée de porphire avec son piédestal en bois, ledit mausolée soutenu par deux lions » (Jules- Joseph Guiffrey, Scellés et inventaires..., op. cit., p. 371). A l’époque révolutionnaire, il fut porté au musée des Monuments français, où il reçut les cendres de Descartes (Louis Courajod, Fragments des mausolées du comte de Caylus et du marquis du Terrail conservés au musée du Louvre, dans Y Art, t. XV, 4e année, 1878, p. 314-318). Il fut enfin transféré, le 12 prairial an V (31 mai 1797), au Musée du Louvre (Louis Courajod, Alexandre Lenoir, son journal..., t. I, p. 118-119; F. de Clabac, Musée de sculpture..., t. II, 2e partie, 1841, p. 990, n° 623, et Atlas, pl. CCLX, n° 80). Il a été plusieurs fois gravé, notamment par Caylus lui-même, Recueil d’ Antiquités..., et par Seroux d’Agincourt, Recueil de fragmens de sculpture antique en terre cuite, Paris, 1814, in-4°, pl. XXXVII.

4. Le médaillon, œuvre de Louis-Alexandre Vassé, a été exposé au Salon de 1767 comme propriété de l’Académie royale des Inscriptions et Belles-Lettres ( Collection des livrets des anciennes expositions..., Exposition de 1767 [réimpression de Jules-Joseph Guiffrey], Paris 1870, in-12, p. 35, n° 192). Vingt ans plus tard, il était encore en place dans la salle de cette académie (Thiéry, Guide des amateurs et des étrangers voyageurs à Paris..., t. I, 1787, p. 347). Il en sortit en l’an III pour passer au musée des Monuments français (Courajod, Alexandre Lenoir..., t. III, 1887, p. 39; Id., Fragments des mausolées..., art. cité). Il est actuellement conservé à l’École des Beaux-Arts. Il a été gravé par Pierre Chenu (Bibl. nat., Estampes, Va 223a et Portraits, n° 8803, N2). Vassé avait, en outre, sculpté une figure de la Douleur, œuvre « extrêmement typique, dans son classicisme élégant, du style cherché et voulu qu’il pratiquait » (Paul Vitry, dans Y Histoire de l’Art d’André Michel,

22. — Dessin du sarcophage antique destiné au tombeau du comte de Caylus h

2 225. — Hic jacet //A. Cl. Ph. de Thubières, comes de Caylus, // utriusque et litte- RARUM ET ARTIUM AcADEMIAE SOCIUS. // ObIIT DIE VI a SEPTEMBRIS M.DCCLXV b 2, // AETATIS SUAE LXXIII 3.

t. VII, p. 565); très vraisemblablement, ce haut relief faisait partie d’un premier projet de monument funéraire, qui ne plut pas à Caylus (Ingersoll-Smouse, La sculpture funéraire en France au XVIIIe siècle, p. 190). Il n’est sans doute jamais sorti du Louvre, où il est conservé sous le n° 1533 (Paul Vitry et Marcel Aubert, Musée national du Louvre, Catalogue des sculptures, éd. de 1922, 2e partie, p. 82, n° 1533).

1. Bibl. nat., Estampes, Topographie de la France, Va 223a, fol. 35, aquarelle. Sous le dessin est écrit : « Tombeau de porphyre antique donné à l’église Saint-Germain par le comte de Caylus. Ce tombeau est censé être celui dans lequel reposent ses cendres. (Dessiné et donné à Mr Joly par Douailly.) » — Cliché Studio Josse Lalance.

2. Dans le dossier « Thubières » du Cabinet des titres (Bibl. nat.. Pièces orig., vol. 2 839, doss. 63 018) sont conservées deux invitations imprimées : l’une émanant des curé et marguilliers de Saint-Germain l’Auxerrois pour un service qu’ils feront célébrer le 23 novembre 1767 pour le repos de l’âme du comte de Caylus; l’autre émanant du président de l’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres pour un service et des messes qui seront célébrées à la même intention dans l’église des Pères de l’Oratoire, rue Saint-Honoré.

3. Dans son testament, Caylus avait demandé que fût inscrite sur sa tombe l’épitaphe suivante :

Hic jacet Caylus, litterarum et artium amicus et socius.

(E. et J. de Goncourt, op. cit., p. 173, n. 1).

ÉGLISE DE SAINT-GERMAIN L’AUXERROIS

Armes. D'or au lion de gueules et une orbe de seize étoiles du même.

Mss Troche, fol. 135; — Bibl. nat., Estampes, Topographie de la France, Va 223 a; Portraits, n° 8 803, N2, a) IV, Tr.; — b) MDCLXXV, Tr.

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