‹ Épitaphier du vieux ParisChapitre 30 sur 323 · Gallia christiana, t. VII, col. 54 et · texte numérisé non relu

Gallia christiana, t. VII, col. 54 et

organisé au cours du XIIe ou du xme siècle. Il était composé de dix chanoines prébendés, un doyen et un chantre 1. Elu par les chanoines, le doyen tenait la première place au chapitre et à l’église; au chœur, la première stalle de droite lui était réservée; il était chargé du service paroissial aux quatre grandes fêtes de l’année et le jour de saint Germain; il jouissait d’une double prébende. Le chantre était, comme le doyen, élu par le chapitre; il occupait au chœur la première stalle de gauche; il exerçait un droit de correction sur les vicaires et les chapelains. Chaque chanoine choisissait et présentait au chapitre un vicaire; en outre, l’abbaye de Saint-Victor et le chapitre de Saint-Merry nommaient l’une et l’autre un vicaire. Le service des chapelles était confié à quatorze chapelains, qui jouissaient des revenus attachés à la desserte de leurs chapellenies. Chanoines, doyen et chantre formaient le chapitre; avec les vicaires et les chapelains ils constituaient la « communauté ». Un maître de chapelle dirigeait les chants. Il y avait aussi une maîtrise d’enfants élevés dans les bâtiments de la collégiale. Enfin six bedeaux remplissaient les bas offices et trois laïcs étaient adjoints à la communauté pour l’administration temporelle 2.

Depuis le xme siècle, des statuts réglementaient la vie des chanoines. Ils avaient été promulgués par Régnault, évêque de Paris, en février 1251. Ils furent homologués par Etienne Poncher, puis par François Poncher, en 1506 et 1519. En 1571, on décida le maintien de ces anciens statuts, non sans les avoir discutés article par article et après examen de nouveaux projets de statuts présentés par les chanoines Perthuis et Camay 3. Ces statuts fixaient les règles concernant la tenue des chanoines pendant l’office : pas de conversations, de signes, de murmures; assiduité au chœur, défense de sortir pendant l’office. Le même texte prescrivait la tenue d’un « matrologe » indiquant les fêtes, les anniversaires, les obits. Il imposait que l’office fût célébré tel qu’il avait été fixé par le concile de Bâle (1436) et l’assemblée de Bourges (1438) et qu’il était observé dans toutes les églises, dépendant en partie de Saint-Germain l’Auxerrois. Suivaient des détails sur l’administration du temporel. De nouveaux statuts furent encore promulgués le 30 mars 1638 4 ; on y trouvait des articles relatifs à la tenue des chanoines, à la coupe de leur barbe et de leurs cheveux, à leur tonsure, et aussi aux archives du chapitre.

Le clergé de Saint-Germain l’Auxerrois avait occupé du temps de Charlemagne la première place après le clergé de Notre-Dame et celui de l’abbaye de Saint-Denis 5. Par la suite, le chapitre voulut toujours conserver à l’église son rang de « première fille » de la cathédrale. Cette prétention donna lieu à un sérieux incident lors de l’entrée de Louis XIV et Marie-Thérèse à Paris, le 26 août 1660 : toutes les paroisses de Paris ayant été convoquées, le 24 août, par mandement du cardinal de Retz, Saint-Germain l’Auxerrois fut appelé à

1. Sur le chapitre de Saint-Germain l’Auxerrois, voir une thèse de l’École des Chartes de 1905 publiée en 1965 : Ernest Delmas, Essai historique sur le chapitre de Saint-Germain V Auxerrois, VII’-XVIIP' siècle, multigraphié, 86 p. — Cf. Émilie Hardel, Saint-Germain l’ Auxerrois à Paris, essai historique, dans École nationale des Chartes, Positions des thèses... de 1935, p. 113-119.

2. Troche, Histoire... de l’église... de Saint- Germain l’ Auxerrois..., ms., fol. 35 v°.

3. Arch nat., LL 405, fol. 253-257 v° (10 octobre 1571); fol. 261 v°-268 (17 octobre 1571).

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