Arch. nat., LL 415, foi
De toutes les épitaphes successivement autorisées dans les conditions qui viennent d’être exposées, deux seulement sont aujourd’hui conservées dans l’église : celle de Gabrielle-Victoire de Rochechouart de Mortemart (n° 2 164) et celle de Pierre Seguin (n° 2 242). Les épitaphiers manuscrits nous font connaître 188 autres textes (épitaphes, actes de fondation, etc.). C’est donc un total de 190 documents qu’on trouvera recueillis dans le présent fascicule.
Les manuscrits.
Les manuscrits ayant servi à établir le texte des épitaphes éditées dans les précédents volumes ont été étudiés avec beaucoup de soin par Emile Raunié dans l’introduction du tome premier 1 de Y Epitaphier. Les mêmes manuscrits — au nombre de huit, ici désignés par les sigles A, B, C, D, E, F, VP 2 et Institut — ont servi de base à la présente édition. Il suffira, touchant ceux-ci, de rappeler ici les observations d’Emile Raunié. Nous aurons en outre à étudier deux autres manuscrits, que cet auteur n’avait pas connus 2.
Le manuscrit A est formé de deux volumes du département des manuscrits de la Bibliothèque nationale : mss fr. 8216-8217, auxquels ont été affectés les sigles A1 et A2. C’est le manuscrit de base. A1 contient les épitaphes de Notre- Dame et, dans l’ordre alphabétique, de l’église Saint-André à l’hôpital de Sainte- Catherine; A2 celles du prieuré de Sainte-Catherine à l’église de Saint-Thomas, y compris donc celles de Saint-Germain l’Auxerrois. Ce recueil a été formé par Jean Le Laboureur entre 1679 et 1700 d’après les épitaphes relevées sur les monuments eux-mêmes. Les églises y sont classées dans l’ordre alphabétique et, à l’intérieur de chaque église, les épitaphes sont données dans l’ordre topographique. Les armoiries sont indiquées par des mentions abrégées à la suite de chaque épitaphe. Sur les 190 épitaphes connues et ici éditées pour l’église Saint-Germain l’Auxerrois, le manuscrit A2 en rapporte 133. La dernière en date est de 1645. De tous les manuscrits consultés c’est A2 qui donne, en général, les meilleures versions des épitaphes, bien que les formules les plus courantes y figurent le plus souvent en abrégé. On le suivra presque toujours.
Le manuscrit B se compose de quatre volumes du département des manuscrits de la Bibliothèque nationale : B1, ms. fr. 32944 (Cabinet des titres, 1110); B2, ms. fr. 32341 (Cabinet des titres, 515); B3, ms. fr. 32340 (Cabinet des titres, 514); B4, ms. fr. 32342 (Cabinet des titres, 516). Les transcriptions paraissent ici avoir été faites avec soin; la place des épitaphes est très exacte; cependant le
1. Émile Raunié, Épitaphier du] Vieux 2. VP1 (ci-dessous, p. XLVIII) et Tr. Paris..., t. I, 1890, p. xxxvii-lii. (p. XLVIII-XLIX).
ÉGLISE DE SAINT-GERMAIN L’AUXERROIS
texte est, en général, moins correct que celui du manuscrit A2. Les armoiries ne sont pas décrites mais indiquées par des croquis sommaires dans lesquels émaux et métaux sont désignés par des abréviations. Ce manuscrit peut être daté de la fin du xvne siècle. Les épitaphes de Saint-Germain l’Auxerrois se trouvent en B4 (ms. fr. 32 342, p. 329 à 428) : elles sont au nombre de 136; comme dans le manuscrit précédent, la dernière en date est ici de 1645.
Les manuscrits cotés C (Bibl. nat., mss fr. 8 220, 8 224 et 8 238) sont des fragments de valeur très inégale groupés par Clairambault. On n’avait à recourir ici qu’au seul C2 (fr. 8 224) ; il ne donne pas plus de deux épitaphes de Saint- Germain l’Auxerrois, mais il s’agit de textes qui ne se rencontrent dans aucun autre manuscrit.
Le manuscrit D (Bibl. nat., coll. Clairambault 945), composé de deux tomes en un volume, comprend 328 feuillets ou pièces. Il donne les épitaphes dans l’ordre alphabétique des édifices. Textes et monuments y sont reproduits avec beaucoup de soin. La date extrême est 1696. Pour Saint-Germain l’Auxerrois, ce manuscrit reproduit seulement quatre épitaphes.
Le manuscrit E est formé de trois volumes (Bibliothèque de l’Arsenal, mss 4 620, 4 621, 4 622). E1, ms. 4 620, contient les épitaphes du Petit Saint-Antoine à Saint-Sauveur; E2, ms. 4 621, de la Sainte-Chapelle aux Petits Pères; E3, ms. 4 622, de Saint-Germain l’Auxerrois à la Madeleine. Ces manuscrits datent de la première moitié du xvme siècle. Dans chaque édifice, les épitaphes y sont classées dans l’ordre alphabétique des noms de personnes. Elles sont relevées en partie d’après les monuments, en partie d’après les manuscrits de d’Hozier et de Clairambault. Les textes comportent beaucoup d’incorrections. Les armoiries sont dessinées à la plume avec indication des émaux et métaux. Un certain nombre de dessins à la plume tendent à donner une idée du monument, mais comportent eux aussi beaucoup d’incorrections dans la transcription des textes; c’est pourquoi on remarquera souvent des différences entre les textes ici publiés et ceux que donnent les représentations figurées reproduites vis-à-vis de ceux-ci. Pour l’édition du présent fascicule, le manuscrit E3 a donné 23 épitaphes, dont neuf ne sont rapportées par aucun autre. La dernière en date est de 1713.
Le manuscrit F comprend trois volumes de la Bibliothèque nationale : F1, ms. fr. 32 705 (Cabinet des titres, 879); F2, ms. fr. 32 706 (Cabinet des titres, 880); F3, ms. fr. 32 707 (Cabinet des titres, 881). Il s’agit d’un recueil formé de 1657 à 1671 par Jean Mégret. Il transcrit beaucoup d’épitaphes qui ne se trouvent pas dans les autres manuscrits. Jean Mégret a choisi une division méthodique par matières. Le classement est fait par date et non par église. Pour Saint-Germain l’Auxerrois, on a relevé sept épitaphes dans F1, de 1601 à 1657, deux dans F2, de 1594 à 1627, neuf dans F3, de 1599 à 1657. Deux épitaphes de ce recueil sont originales : le n° 2 173, épitaphe de Jacques Le Peultre et Marie Charron, de 1630, et le n° 2 179, épitaphe de Pomponne II de Bellièvre, de 1657, données à la fois par F1 et F3 ; le n° 2 179, en latin, est donné par ces deux manuscrits dans deux versions extrêmement différentes l’une de l’autre.
Deux des épitaphiers ici utilisés appartiennent à la Bibliothèque historique de la ville de Paris. Ils sont affectés du sigle VP. Le manuscrit VP1 (CP 5 489), inconnu de Raunié, a été acquis en 1949 de M. le chanoine Beaudry, de Clermonten-Beauvaisis. Il s’agit d’un manuscrit sur papier mesurant 330 mm sur 213, couvert en parchemin. Il ne comporte pas de page de titre. Au dos du volume figure le titre « Recueil d’épitaphes ». L’écriture paraît dater du milieu du xvne siècle. Le manuscrit est folioté de 1 à 249, mais compte aujourd’hui 190 feuillets seulement : 59, en effet (45 à 50, 100 à 123, 197 à 202 et 224 à 246) en ont été arrachés. Des 190 feuillets restants, 61 sont blancs, 17 ne comportent qu’un titre (à l’encre ou au crayon), 2 sont occupés par des dessins d’armoiries, au crayon. Dans son état actuel, le manuscrit n’intéresse que des églises situées sur la rive droite de la Seine, dans un ordre topographique approximatif. Comportent ici un nombre appréciable d’épitaphes : les Innocents (cimetière et église), Saint-Germain l’Auxerrois, Saint-Eustache, Saint-Merry, le Saint-Sépulcre, Saint- Paul et Saint-Gervais. Les épitaphes de Saint-Germain l’Auxerrois occupent les feuillets 38 à 43 v°; elles sont au nombre de 35. La plus récente est de 1651. Quatre textes sont originaux : les fondations faites par Guillaume Hector (n° 2 058), et par Simon Hennequin (n° 2 076), l’épitaphe de Marie de Bullion (n° 2 180) et celle de Pierre de Riedmatten (n° 2 238). Onze de ces trente-cinq épitaphes sont accompagnées d’armoiries, esquissées à la plume, avec indication abrégée des émaux et métaux. Ce manuscrit fait connaître certaines dates laissées en blanc par les autres recueils et donne, en général, une version correcte du texte; dans plus d’un cas, celle-ci nous a paru préférable même à celle du manuscrit A, qui, jusqu’à présent, paraissait le plus fidèle; en revanche, certaines épitaphes connues par d’autres manuscrits sont ici soit données en abrégé, soit amputées de deux ou trois lignes.
Le manuscrit VP2 (ancien ms. 11 479, aujourd’hui CP 5 484) est, au dire de Raunié, une copie intéressante de presque tous les épitaphiers importants. Il contient quelques épitaphes qui ne figurent pas ailleurs; la copie aurait pu en être faite sur des feuillets disparus du manuscrit E (Bibliothèque de l’Arsenal). Pour Saint-Germain l’Auxerrois, ce manuscrit donne 138 épitaphes, mais aucune de celles-ci n’est originale.
La Bibliothèque de l’Institut possède, sous la cote ms. 367, une copie tardive d’autres épitaphiers, peut-être des manuscrits B. Les lectures étant très incorrectes, nous ne pouvions l’utiliser pour l’établissement du texte. Les blasons y étant dessinés et coloriés, nous avons eu recours à ce manuscrit dans les cas où émaux et métaux des armoiries n’étaient pas donnés par les autres manuscrits, toutefois les indications ainsi recueillies sont certainement sujettes à caution.
Enfin, l’histoire de Saint-Germain l’Auxerrois composée au XIXe siècle, avant 1842, par Nicolas-Michel Troche et restée inédite (Bibl. hist. Ville de Paris, ms. 428), nous a été d’un grand secours, en dépit de sa date tardive, non seulement pour l’histoire de l’édifice, mais aussi pour l’établissement du texte des épitaphes. Cet auteur en a recueilli 137. La dernière en date est de 1765, alors que dans les
ÉGLISE DE SAINT-GERMAIN L’AUXERROIS
épitaphiers manuscrits du xvme siècle elles ne vont pas au-delà de 1708 (VP2) et 1713 (E3). Sept des épitaphes transcrites par Proche ne sont données par aucun autre manuscrit : le n° 2 119, première épitaphe de la famille Tronson, le n° 2 127, épitaphe de Séraphin Thielement, les nos 2 128, Anne Boursin, veuve de Séraphin Thielement, 2 129, François Thielement, 2 130, Marie Thielement, veuve de Louis Rousseau, 2 164, Gabrielle-Victoire de Rochechouart de Mortemart, et 2165, Jacques Le Coigneux.