‹ Épitaphier du vieux ParisChapitre 9 sur 323 · Arch. nat., L 646, p · texte numérisé non relu

Arch. nat., L 646, p

Moisel, qui avait participé pour 6.000 francs à la dépense qu’avait entraînée la réfection du chœur 1 2. En 1639, le continuateur du Theatre des Antiquitez de Paris 2 fait mention de ces récents travaux :

[L’église, dit-il, a été] depuis quinze ou dix-huict ans grandement embellie, le chœur d’icelle est embelly d’un fort riche autel sur lequel est un très beau tabernacle; le pourpris enfermé de piliers de cuivre et de marbre et sur les quatre coins de cette fermeture quatre grands vases de porphire en forme de chandeliers; au-dessus est le chœur, fermé, embelly de deux rangs de belles chaires; toute la voûte de l’égbse, tant du chœur, de la nef que la croisée est azurée et diversifiée d’un grand nombre de fleurs de lys d’or.

Peut-être le « fort riche autel » dont parle cet auteur aurait-il été cet « hostel de la paroisse de Saint-Germain de l’Auxerrois par M. le Mercier et dessigné par le sieur Cottart » dont les collections du Musée national de Stockholm conservent le projet 3.

Parmi les travaux exécutés au xvne siècle, deux autres encore sont connus. En 1607, les chanoines cèdent aux marguilliers une place « faisant portion de leur cloistre, à prendre contre le gros mur neuf du revestiaire, se tournant en forme d’esquierre . . . , pour faire un bastiment en forme de gallerie, aux despens de la fabrique, pour recevoir les parroissiens à la saincte communion » 4. C’est là, dira plus tard l’auteur de Y Abrégé historique déjà cité, « où les paroissiens vont recevoir la communion dans la quinzaine de Pâques et les jours des fêtes principales de l’année » 5. Enfin, le 30 mars 1638, les marguilliers font l’acquisition d’une parcelle de terrain, à l’intérieur du cloître, de l’autre côté du grand porche jusqu’au pilier du coin de l’église, pour bâtir la chapelle des fonts baptismaux et placer à chacun des deux bouts deux confessionnaux 6.

Le xvme siècle fut une période désastreuse pour l’église Saint-Germain l’Auxerrois. En 1710, dans le dessein de laisser le passage libre au grand dais du Saint-Sacrement, on démolit le trumeau de la porte occidentale, contre lequel était adossée la grande statue de saint Germain du xme siècle 7, et le tympan représentant le Jugement dernier. En 1745, à peine le chapitre des chanoines de Saint-Germain avait-il été réuni à celui de Notre-Dame 8, le curé et les marguilliers de la paroisse décidèrent de moderniser le chœur et « de faire à leur église

1. Fragment d’un livre des messes fondées à Saint-Germain l’Auxerrois, n° 31 (collection de feu Adrien Blanchet).

2. Supplément des Antiquitez de Paris [de Jacques du Breul], par D.H.I. avec tout ce qui s'est fait et passé de plus remarquable depuis Vannée 1610, Paris, 1639, p. 57.

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