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ÉGLISE DE SAINT-GERMAIN L’AUXERROIS

On a longtemps considéré le XVIIe siècle comme une période de peu d’importance pour l’histoire architecturale de Saint-Germain l’Auxerrois. Mais la publication, en 1965, par Edouard-Jacques Ciprut 1 d’un certain nombre de devis et marchés, tirés du Minutier central des notaires de Paris, aux Archives nationales, a fait connaître un ensemble assez considérable de travaux menés à bien entre 1612 et 1619 pour embellir l’église, alors paroisse royale. Plusieurs morceaux d’architecture qu’on faisait remonter jusqu’à présent au début du xvie siècle, voire à la fin du xve, ne datent que de cette époque. A cette campagne de construction appartiennent les adjonctions faites au vieux porche gothique par Marin de la Vallée entre 1612 et 1618, les roses des deux extrémités de la croisée du transept, œuvres du même architecte, et la restauration du chœur. Huit des treize documents publiés par Edouard-Jacques Ciprut se rapportent aux travaux à exécuter dans le chœur : décoration de la voûte et du maître-autel. Divers « ouvrages » d’architecture et de marbre intéressèrent le pourtour du maître-autel. Quant à l’autel lui-même, il se vit orner de deux statues en pierre de Tonnerre commandées au sculpteur Thomas Boudin, représentant saint Germain et saint Vincent. La statue de saint Germain est sans doute perdue; du moins ne s’agit-il pas de la grande statue retrouvée en 1950 dans le sous-sol de l’église 2, qui doit être attribuée au xme siècle. On peut voir à l’entrée du chœur une statue de saint Vincent; de récents auteurs l’ont datée, à juste titre semble-t-il, de la « seconde moitié » 3 ou de la « fin » du xve siècle 4; elle ne mesure pas plus d’1,33 mètre, alors que le devis concernant le saint Vincent de Thomas Boudin prescrivait : « la figure de sainct Vincent aura cinq piedz et demy [1,78 m] aussy depuis le piédestal jusques au dessus de la chevelure... »; les deux figures devaient être « proportionnées comme il est convenable et enrichies de moullures autour de leurs vestemens et aultres lieux où il est convenable... » 5; pour toutes ces raisons il ne peut s’agir ici de l’œuvre de Thomas Boudin. Le maître menuisier Simon Hardouin était chargé de placer dans le chœur une « traverse » de bois destinée à supporter six statues. C’est encore Thomas Boudin qui devait procurer ces statues, ainsi que sept autres statues de bois. Qu’était cette traverse? Où se situait-elle par rapport au jubé? On ne le sait au juste.

En 1613-1614, la voûte du chœur fut ornée de fleurs de lys d’or et d’azur; le devis publié par Ciprut porte : « ...et au lieu du soleil qui a esté faict au dessus du maistre autel dudit chœur lesdits ouvriers mectront les armes de France ». On a vu 6 qu’au XVIIIe siècle l’auteur anonyme d’un Abrégé historique sur l’église avait rendu compte de l’exécution de ce travail, qui aurait été réalisé sur l’initiative de Marie de Médicis 7. Le 11 septembre 1636, le chapitre décidait de faire dire tous les ans une messe pour le repos de l’âme d’un paroissien nommé

1. Édouard- Jacques Ciprut, Une campagne de travaux à Saint-Germain V Auxerrois au début du XVIIe siècle, dans Documents inédits... XVIe-XVIIIe siècles, n° 3, avril-mai 1965, p. 7-24.

2. Les grands créateurs de Paris et leurs œuvres, Paris, 1951, n° 34.

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