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faisceaux primitifs, il y à de nombreuses celluies rondes, des corps fibro-plastiques et de petites cellules épithélioides.
En résumé, ce qui domine dans cette deuxième série de préparations, c’est l'existence d'un processus irritatif atteignant le tissu conjonctif, le tissu musculaire, lés vaisseaux et les nerfs et semblant indiquer la zone d’envahissement du néoplasme. :
Les détails de cet examen démontrentelairement qu'il s’agit d’un épithélioma pavimenteux lobulé à tendances envahissantes. Son développement n’a pu se faire qu'aux dépens de la peau ou d’une muqueuse dermo-papillaire.
Ce diagnostic histologique causa une assez vive surprise, car il semblait alors en complète opposition avec le diagnostié clinique. Néanmoins, M. le professeur Guyon, qui avait déjà observé un cas de fistules périnéales transformées en épithélioma, ne se refusa point à admettre la réalité-d'une dégé- nérescence cancéreuse. Et, en effet, la marche clinique de l'affection devait bientôt revêtir des caractères significatifs et lever tous les doutes.
Les suites de l'opération furent d’abord assez simples. L'urine passait en grande partie par la plaie qui suppurait abondamment, mais n’offrait pourtant pas un mauvais aspect. Quant à l'état général, ilne présentait rien d'inquiétant, bien que le malade accusàt des douleurs très vives dans le canal et dans le périnée. La température ne s'élevait pas au-dessus de 38°.
Pendant une quinzaine de jours, l'aspect de la plaie continua d’être fort satisfaisant : des bourgeons charnus de bonne nature rent leur apparition.
Cependant, le 13 novembre, une sonde en gomme n° 22 ayant pénétré sans aucune difficulté, fut laissée à demeure et provoqua une nouvelle poussée inflammafoire péri-uréthrale accompagnée de douleurs d’une intensité exceptionnelle. Aussi, dès le lendemain, une autre sonde à demeure moins volumineuse fut
substituée à la première. Cependant un abcès ne tardait pas à se former à la racine de la verge et, le 18 novembre, on dut l'ouvrir au bistouri. A partir de cette époque, l’engorgement inflammatoire développé autour de cet abcès, au Feu de diminuer et de disparaître, a laissé des tissus. indurés dont la consistance est allée sans cesse en augmentant et qui ont envahi peu à - peu toutes les parties voisines. Des nodosités ligneuses se sont avancées insen-
siblement sousle fourreau dela verge et, se dirigeant vers le gland, n’ont pas tardé à entourer toute la circonférence de la racine du pénis. En même temps, la plaie périnéale subissait des modifications correspondantes, de telle sorte que bientôt le périnée, le scrotum et la racine de la verge en vinrent à ne plus former qu'une vaste plaque indurée sur laquelle se détachaient plus ou moins nettement de nombreuses nodosités de petit volume. Deson côté, le petit bouton du gland s'était ulcéré et présentait une surface sanieuse et grisàtre. Il avait * acquis d’ailleurs une étendue beaucoup plus considérable. Les bords de lulcération étaient très saillants et assez régulièrement arrondis, le centre déprimé ; le tout offrait une consistance des plus dures.
Une traînée de lymphite vers laine gauche a donné lieu également à un épaississement de mème nature siégeant dans un ganglion et envahissant
RS toute l'épaisseur de la peau correspondante. I existe une autre plaque semblable au niveau de Fun des ganglions inguinaux internes.
Toute la région envahie par le néoplasme est le siège d’une douleur continue des plus vives avec irradiations vers les cuisses. Le malade accuse surtout dans le périiée une sensation dé cuisson, de feu que rien ne peut calmer,
Les garde-robes deviennent difficiles. Cependant le toucher rectal ne révèle qu'une augmentation de volume de la prostate avec induration ct consistance Egnéuse du lobe gauche, mais sans rétrécissément du rectum.
Bientôt l'appétit diminue, l'amaigrissement fait des progrès rapides, une diarrhée abondante se déclare et le malade finit par succomber dans un-état cacheetique très accusé le 6 février 1883:
Autopsie (pratiquée par M. Malécot, trente-quatre heures après la mort). — Périnée et organes génito-urinaires. == A la partie inférieure du pénis existent plusieurs ulcérations à bords déchiquetés, à fond senieux et par lesquelles Purine s'écoulail pendant la vie. Dans l'épaisseur du corps caverneux on trouve plusieurs noyaux earcinomateux non ulcérés indépendants de la peau de la verge et du canal de l’urèthre
Le gland présente à. son extrémité une ulcération de la largeur d'une pièce de un franc recouverte d'une croûte sèche et brunâtre.
Au niveau du périnée, à 3 centim. em avant de l'anus, existe une grande anfractuosité remplie de matière sanieuse et communiquant avec l'urèthre. La peau des parties voisines est saine, mais les tissus profonds ainsi que les deux branches ischio-pubiennes ont été envahis par le néoplasme. Il en est de même des ganglions inguinaux ; plusieurs sont volumineux, de coloration blanchâtre, de consistance lardacée; d’autres sont déjà ramollis et donnent issue par la press'on à une matière analogue à celle que contenaient les fistules périnéales. À l'incision de l'urèthre, on s'aperçoit que la partie postérieure de la région spongieuse, toute la portion membraneuse et la portion prostatique jusqu’au verumontanum sont complètement détruites ; il n'y a plus qu'une grande cavité irrégulière communiquant inférieurement avec les fistules périnéales déjà décrites et formée aux dépens des tissus du périnée et des corps caverneux profondément altérés. £
La vessie est petite et contient une urine purulente très alcaline : on y trouve en outre uu-très grand nombre de dépôts phosphatiques, les uns libres, la plupart très adhérents à la muqueuse.
Les wretères et les reins ne présentent pas d'altération notable.
Il y à un envahissement manifeste des vésicules séminales par le tissu cancéreux, mais le rectum est resté sain.
Foie : I est un peu volumineux ; ne présente non plus aueun noyau cancéreux. ;
Plèvre et poumons : En revanche les plèvres et les poumons sont manifestement envahis. La plèvre pariétale est tapissée, surtout à gauche, de noyaux durs du volume d'un pois, plus nombreux au niveau de la portion diaphragmatique et du cul-de-sac inférieur ; dans ce dernier point la plèvre atteint près
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d'un centimètre d'épaisseur. Les poumons, fixés par de solides adhérences, présentent à leur surface des noyaux du volume d'une grosse noisette, plus nombreux aux sommets et aux bases. Le tissu pulmonaire est le siège d'une congestion intense. Quelques ganglions péribronchiques sont également cancé- T'EUX.
Cœur : Le cœur est petit, graisscux. the valvules sont saines.
La crosse de Faorte est de siège d’une dégénérescence ath éremateuse très prononcée.
. OBSERVATION XII (de M. TRzëBIGKI).
- A. G..…., 68 ans, né à à Koloméa, en Gralicie,-n’a jamais été malade, pas de blennorrhagie. IL tomba à califourchon sur une échelle d'une hauteur assez
considérable, ik y a dix ans, et s’est fortement contusionné le périnée. Depuis cet
accident le malade a éprouvé une certaine difficulté pour uriner, mas il ne s'en
est pas beaucoup préoccupé jusqu'en été 1883 où tous les symptômes d'un
rétrécissement se sont développés. En juillet 1883 il se forma au périnte el - sur le scrotum un grand phlegmon accompagné d° une forte fièvre et aboutissant à une fistule sur la face antérieure du serotum, par laquelle l'urine se vidait à chaque miction. Dès lors tous les quinze jours il se formait une nouvelle infil-
- tration phlegmoneuse sur le périnée, accompagnée de frissons, qui disparais-
sait chaque fois après une courte durée. Il n’y a jamais eu d'uréthrorrhagie, excepté l’hémorrhagie provoquée par la contusion sus-mentionnée.
. En juillet 1883, le médecin éssaya en vain de pénétrer par l’urèthre dans la vessie, mais il à réussi à faire passer une sonde par la fistule.
Le 16 novembre 1883. Le malade entra dans la clinique privée de M. le Dr Gwiazdomorski, à Cracovie.
État uctuel. — Patient bien constitué. Organes internes normaux. Pénis fortement enflé, œædématié : la peau d’une couleur bleu foncé est tendue, bril- Jante. A la limite du pénis et du scrotum il y a une fistule de la grosseur d’une pièce d’un eentime, dont les bords retroussés sont couverts de granulations rougeâtres légèrement saignantes. Par cette fistule on arrive dans une cavité
- placée immédiatement en arrière, mais on ne peut pourtant par ce chemin intro- Es
duire une sonde dans la vessie. Les parties molles du périnée sont normales, le serotum enflé surtout à sa base. A côté de la fistule principale se trouvent - plusieurs autres petits orifices conduisant dans la même cavité. Les deux testicules sont normaux, non douloureux à la pression. La sonde métallique intro- ‘duite par l uréthre heurte environ au tiers inférieur de la portion caverneuse sur un obstacle empêchant d'aller plus loin. Par la fistule et par lorifice externe de
J’urèthre sortune urine faiblement acide, contenant des traces d’albumine et de
mucus, et des cellules épithéliales pavimenteuses assez nombreuses. Les ganglions ne sont pas augmentés.
M. le professeur Mikulicz posa le diagnostic de rétrécissement cicatriciel de on avec formation de fistules urinaires et fit l’uréthrotomie, externe le
TS er :
19 novembre 1883. Après une désinfection soignée de tout le champ opératoire, on pratiqua l'élargissement de l'ouverture moyenne de la fistule sur environ 2 centimètres et demi. On trouva alors une cavité ayant-presque la grosseur d'un œuf de poule, dont les bords étaient couverts d'un tissu granuleux, mou. La paroi supérieure de la cavité était formée par le corps spongieux de l'urèthre. Celui-ci était en ce point fortement épaissi, de consistance cartilagineuse, à surface déchiquetée. M. le professeur Mikulicz crut d’abord avoir affaire à un urèthre induré par suite de fréquentes inflammations. Pourtant, après avoir gratté à la curette tranchante les granulations de touté la cavité, on vit que la masse dure représentant l’urèthre cédait également à la eurette, et on vit apparaitre un tissu blanchâtre, rappelant tout à fait la coupe d’un carcinome de la lèvre. En examinant soigneusement, on put trouver dans cette masse, à la limite de la portion membrancuse et de la portion bulbeuse, une ouverture à bords inégaux, durs, conduisant dans l’urèthre. ;
Il était clair qu'on avait affaire à un néoplasme du corps spongieux de Purèthre, et M. le professeur Mikuliez, après avoir obtenu le consentement des. parents, se décida à l’extirpation totale du membre.
Pour découvrir la portion saine de l'urèthre, on fit une incision qui, commençant au milieu de la symphyse ct prolongée en bas, contournait tout le scrotum de façon à circonscrire toutes les fistules. On disséqua ensuite les corps caverneux et spongieux des parties voisines, et on sectionna avec le thermocautère au commencement de la portion membraneuse. Les corps caverneux furent enlevés de la même façon près de leurs racines. La cavité située au-dessous de l'urèthre, qui n'était remplie que par des masses de tissu de granulation, fut soigneusement graftée avec la curette tranchante. Après avoir réuni la partie supérieure de la plaie par quelques points de suture, on introduisit une sonde molle dans l’urèthre et on tamponna toute la cavité avec de la gaze iodoformée.
Le morceau extirpé était long de 13 centim. Il comprenait toute la portion pénienne et Île commencement de la portion membraneuse de l'urèthre. Fa «muqueuse de l’urèthre était bleuâtre dans toute son étendue. A 10 centim. du méat urinaire se trouvait sur la paroi inférieure de l'urèthre, une perte de Subse “tance de 12 à 15 millim. de long en forme d’entonnoir, par laquelle l'urèthre communiquait avec la cavité dans le serotum. Le bord antérieur de cette excavation fortement épaissi, s'avançait dans la lumière de l'urèthre qu il remplissait presque complétement. |
La muqueuse uréthrale dans le voisinage de ce rebord, était intimement adhérente aux parties sous-jacentes et non mobile. En arrière et sur les côtés, la perte de substance était entourée par du tissu normal. Les corps caverneux du pénis étaient tout à fait normaux ; le corps spongieux de l’urèthre cependant était fortement épaissi et formait en avant de la fistule, c’est-à-dire au commencement de la portion pénienne et au bulbe, un noyau dur, convexe en bas, à surface assez inégale, grand comme une noix. Ce nodule se prolongeait sans limites bien nettes, dans la partie saine du corps spongieux-de l'urèthre, et présentait sur la coupe une masse médullaire uniformément jaunâtre.
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Examen microscopique. — Les préparations histologiques furent faites dans des fragments provenant du bord antérieur de la perte de substance, et du noyau du corps spongieux de l’urèthre.
On voit des boyaux colorés en rouge foncé formés par de grandes cellules légèrement juxtaposées les unes aux autres, au milieu d'un tissu conjonctif fibrillaire, compatt, coloré en rose päle par le picro-carmin, qui contientçà et là
des cellules fusiformes, des fibres élastiques, des fibres musculaires lisses, cou-
__ pées transversalement et des vaisseaux. Ces grandes cellules étaient dans la . majorité des cas rondes, quelquefois seulement polygonales, chacune contenait un noyau bien distinct. Pas de trace d’une substance intercellulaire. Chacun de ces boyaux, qu'on pouvait poursuivre jusque dans la muqueuse uréthrale, était complètement entouré par du tissu conjonctif, de sorte que sur des coupes transversales, on avait l'illusion que des amas dé cellules épithéliales étaient posés dans les interstices libres du réticulum coñjonctif.
En somme, il s'agissait d’un cas typique de carcinome, ayant son point de départ dans la muqueuse uréthrale.
Quant aux suites de l'opération, il faut mentionner que l’état général du malade.était très satisfaisant pendant les premiers quinze jours: Il n'avait pas dé fièvre. La plaie était aseptique ; elle était couverte de bons bourgeonnements
après dix jours. Le 3 décembre, le malade commença subitement à avoir de la fièvre, la température monta à 39. Il souffrit en même temps de somnolence et d'anorexie. La cause de cet accident fut trouvée dans une épididymite du côté * gauche (probablement à la suite d’une inflammation de la portion prostatique de l’urêthre, provoquée par une sonde à demeure. La plaie elle-même ne présen- ® tait aucune réaction inflammatoire). Après avoir enlevé la sonde, la température revenait à la normale pendant plusieurs jours, pour remonter de nouveau quelques jours plus tard. .
La fièvre disparut seulement après l’incision d'un abcès dans la moitié gauche du serotum. La guérison de cet abcès, tout en demandant un temps assez con-
sidérable, n'influençait cependant pas défavorablement le processus de guérison de la plaie opératoire principale. Après six semaines, elle était complètement cicatrisée. Après avoir enlevé la sonde à demeure, le malade a uriné spontanément pendant plusieurs semaines. À la fin de décembre, il a commencé à se sonder lui-même deux fois par jour.
Le malade a quitté la clinique à la fin de janvier 1884, avec une très petite
plaie bourgeonnante siégeant à J'incision uréthrale.
D'après des nouvelles reçues à la fin de février, le malade se portait assez bien, sauf qu'il souffrait d’une envie fréquente d'uriner.
” P. 8. — Au mois d'avril, c'est-à-dire quatre mois après l'opération, il s'est formé une récidive régionale dans les ganglions inguinaux.
OBSERVATION XIII (de M. GRIFFITHS).
G. S..., entre le 31 mars 1887 dans le service de M. le professeur Humphry, W. 10
à l'hôpital Addenbrooke, à Cambridge. Le malade avait le teint très jaune, il
était Lrès émacié et se plaignait de nombreux abcès du périnée en même temps
que d’une tumeur charnue dure dans l’excavation ischio-rectale.
Le patient n’a jamais eu de blennorrhagies ni de syphilis, pas de traumatismes du périnée. Il n’a jamais remarqué la moindre affection uréthrale jusqu’à huit à neuf semaines avant son admission à la clinique. Dès lors il a souffert de
douleurs pendant la miction et a éprouvé de la difficulté à uriner, difficulté qui
allait en augmentant. Pas d’uréthrorrhagie, pas d’hématurie ni au début ni à la fin de la miction. ;
L'urine ne s’écoulait jamais par ces abcès périnéaux. Les urines oRÉeNaGRt une petite quantité d’albumine, mais pas de pus, pas de glucose, pas de sang.
Bientôt après son admission on découvrit une tuméfaction très dure, assez douloureuse, à bords mal circonscrits, qui occupait la région bulbaire et le corps spongieux de l’urèthre sur une courte distance le long du pénis. Les corps caverneux du pénis étaient englobés sur une distance égale dans une tumeur pareille. On introduisit une sonde avec quelque difficulté, surtout dans la région bulbaire. Le cathétérisme n'était pas AQUOUeUr AA fut suivi d’une petite uréthrorrhagie. £ =
Cette luméfaction dure augmentait graduellement de volume en même temps . que la difficulté d’uriner s’accentuait. On remarquait à ce moment que l'urine
s'écoulait par quelques-uns des abcès du périnée. / Le 10 mai 1887, on trouva sur la ligne médiane une autre tumeur dure, siégeant symétriquement au point de réunion du scrotum et du périnée. Cette ‘tumeur avait la grosseur d'une petite chàâtaigne espagnole, mais n’avait pas le même degré de dureté que celle qui occupait le pénis. La tuméfaction périnéale augmentait de volume et la peau qui la recouvrait devenait rouge. Le 20, on fit la taille périnéale pour combattre les troubles urinaires après avoir introduit le doigt dans le rectum pour s’y guider.
Le malade, qui continuait à perdre du poids, fut atteint le 3 juin d'une attaque d'hémiplégie et mourut trois jours après. |
A l’Autopsie, on trouvait partout les caractères du mal de Bright, c’est-à-dire des reins granuleux, un cœur hyperlrophié et.du ramollissement cérébral. Le pénis, ie périnée, la vessie et la symphyse furent enlevés en une seule pièce et durcis. L'examen de ces organes a donné les résultats suivants : :
Sur une coupe longitudinale médiane faite. à travers la véssie, le rectum et le pénis, on voit que les deux tiers postérieurs du corps spongieux et la moitié postérieure des corps caverneux, tout en conservant parfaitement leurs contours, sont complètement remplacés par un néoplasme dur, dense, blanchâtre.
Le corps spongieux de l’urèthre atteint dans la région bulbaire mesure
1 centimètre et demi d'épaisseur. Au delà du pénis, la quantité de tissu trans-
formé s'en va en diminuant pour disparaître complètement à 2 centim. en arrière du sillon du gland.
Le canal de l’urèthre est transformé en une fente étroite, régulière. qui traverse le corps spongieux épaissi et altéré. En avant et au-dessous de la
moitié postérieure du pénis, la peau et les tissus sous-cutanés sont très épaissis et indurés, à la suite de la formation de vieux tissus fibreux. I1 n’y a cependant
aucune preuve pour affirmer que le néoplasme ait débuté à cet endroit pour
attaquer secondairement les régions péniennes. Les corps caverneux, dans.
leur moitié postérieure, sont complètement remplacés par le néoplasme et Si observateur est frappé par cé fait que l'extrémité antérieure de la néoformation est limitée par une ligne nette, bien définie. Pour soulager le malade, on avait rétabli le canal uréthral à partir du périnée jusque dans la vessie. Un processus inflammatoire s'étant établi le long de ce canal dans le tissu lâche prévésical, une grande collection de pus s'y est formée et elle a été la cause directe de la mort. La prostate était normale, la vessie était très rétractée, hypertrophiée, atteinte d’une cystite chronique. Il n’y avait ni métastases ds le Corps, ni de ganglions tuméfés. ; L'examen microscopique démontra qu'il s 'agissail d'un épithélioma pavimenteux ordinaire. ê février 1889).
OBSERVATION XIV (de MM. CZERNY et WITZENHAUSEN).
Deuxième cas. — J. À. de J.., écuyer, propriétaire de cirque, entre le 25 janvier 1889 à la clinique. Il est âgé de 55 ans. Il souffre depuis sa première jeunesse de troubles de la miction, qui se seraient déclarés à la suite d’ un écoulement purulent douloureux. Blennorrhagie il y a dix ans, à la suite de laquelle
“les difficultés s faecrurent el l'écoulement uréthral ne s'arrêta jamais “complète=
ment; pourtant l'émission de lurine ne fut pas tellement entravée que le malade fût obligé d’avoir recours aux soins d'un médecin.
Il y a quatre ans, hernie inguinale droite au voisinage de laquelle il se fit un abcès:; il fut incisé à l'hôpital et retint le malade deux mois au lit.
Il y a un an, à la suite des mêmes troubles urinaires persistant avec une intensité variable, le malade eut une rétention, Si bien que pendant six mois l'urine ne fut émise qu'à l’aide d'une sonde étroite. Au bout de ce temps le malade put uriner de lui-même en jet mince tout en exerçant une forte pression. Depuis ce temps il y eut aussi de fortes douleurs au moment du coït et obstacle
à l’éjaculation. £ \ Ilya trois à quatre mois, époque jusqu'à laquelle le malade put vaquer à ses pénibles occupations, apparurent de violentes douleurs chaque fois qu'il voulait . monter à cheval; en même temps formation d'une grosse tumeur allant du scrotum à l'anus. Elle se rompit bientôt pour donner lieu à des fistules sur le périnée et le serotum d’où sortaient du pus et pendant la miction de l'urine, en jet mince, tandis que par le méat "externe l'émission de l'urine était impossible. Pendant ce temps le malade, qui avait été autrefois un athlète, maigrissait et ‘fut atteint de toux avec expectoration muqueuse peu avant son entrée à la
clinique.
Etat actuel. — Homme de taille moyenne, bien ne à muscles forte-
np
ment développés, assez gras. La peau et les muqueuses sont ‘pâles. La région
périnéale, le scrotum et les aines sont fortement tuméfiés, la peau est tendue,
dure aü toucher et douloureuse. et d’une coloration rouge brun sur le scrotum.
et les deux aines, sans présenter cependant des proéminences. Dans les aines
de même qu'au-dessous de la racine du pénis, entre celui-ci et le scrotum, et sur le périnée se trouvent des fistules où l'on peut faire pénétrer la sonde de quelques centimètres. Il en sort un liquide sanieux, putride et de urine pendant la miction. Points fluctuants rouges, douloureux dans les aines. Le scrotum n’est pas mobile, le pénis est tuméfié, son orifice externe est douloureux
et ne laisse pas passer la sonde. Prostate à peine de paie War le toucher
rectal rien de particulier. &
Diagnostic. — Rétrécissement uréthral avec fistules multiples, eu comme opéra: ration possible on décida de créer une boutonnière.
:Chloroformisation du malade le 30 janvier 1889. — Dans la: position de Ja
taille, les fistules furent sondées et l’on vit que toutes se dirigeaient du côté de
la portion bulbaire. En élargisssant l'orifice externe de l'urèthre on put introduire dans l’urèthre une bougie épaisse qui pourtant vint ressortir par la fistule pénienne. Après avoir fendu l’abcès périnéal, on fit une longue incision
comprenant les fistules, commençant à la racine du pénis et menée à travers la
peau œdématiée du scrotum et du périnée. Le bistouri pénètre dans la profon-
deur dans un tissu dur, ferme, paraissant déjà microscopiquement comme carci-
nomateux. L'examen microscopique immédiat confirmie le diagnostic de cancroïde. Après avoir enlevé le tout en partie avec le bistouri, en partie avec le
couteau, une sonde élastique fut introduite par l’orifice externe et comme, elle F . ressortait encore à la racine du pénis, elle fut facilement introduite dans la
vessie par le bout central de l'urèthre. Elle se trouvait ainsi à découvert depuis
la portion pénienne jusque dans la portion pate dans une cavité anfrac-
tueuse remplie de masses carcinomateuses. On s’en tint là et après avoir lavé la plaie au sublimé on la tamponna. %
Les suites de l’opération furent bonnes. Les j jours suivants, après avoir retiré
les tampons, la vessie fut chaque jour lavée par la plaie à l'aide d’une solution d'acide borique, la plaie elle-même fut nettoyée antiseptiquement à fond et l’on fit prendre chaque jour au malade un bain de siège. Une forte douleur de la moitié droite du scrotum et une rougeur de la peau en ce point. nécessitèrent l'incision el l'on enleva en même temps le testicule, d’ailleurs intact. Deux
abcès au-dessus de la symphyse et de la région des adducteurs furent également incisés et il en sortit un pus fétide.
Le processus local évolua avec la même intensité pendant les mois suivants. “%
Chaque jour se détachaient des masses gangreneuses. La destruction du périnée
et de la région génitale était complète. Le ‘pénis était dans sa plus grande -
partie atteint par l'ulcération, réduit, à sa racine, à l'épaisseur du petit doigt, couvert partout dun pus sanieux. La moitié droite du scrotum manquait complètement ; la moitié gauche était transformée avec ce qui restait du pénis. en une masse ÉANÉRPRCRÈE Le pus qui s’écoulait surtout abondamment des
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Pots
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fistules inguinales contenait au microscope des éléments épithéliaux. L’urine
s'écoulait Spontanément et pouvait être retenue à peu près deux heures.
. La faiblesse du malade allait croissant ; il avait un aspeéet absolument cachec-
D » tique, avec une toux fatigante ; une diarrhée abondante survint et le 8 juin il BE mourait. 3
: Autopsie. — La peau du bas-ventre des ainés, les organes génitaux externes
aussi bien que le siège sont transformés en-une masse ulcérée dont les bords et
= Ja base sont couverts d’un tissu déchiqueté, verdâtre. Le scrotum et le pénis
2 manquent complètement. Les corps caverneux et spongieux de l'urèthre manquent;
par contre, on voit en haut, fixé par un petit lambeau cutané, une masse de
‘tissus dans laquelle on retrouve le testicule gauche atrophié avec son canal
déférent.
j: Æ La vessie contient une urine trouble; sa muqueuse est rouge, épaissie ; la
musculature fortement hypertrophiée. Le passage de la vessie à la portion
prostatique est un peu rétréci et les portions prostatique et membraneuse ne
- sont conservées et reconnaissables que jusqu’à 2 centim. au-dessus du verumon-
A tanum. Sur le reste de son parcours, l’urèthre est transformé en une cavité ulcé-
- reuse de la grosseur d’un œuf de poule, à parois déchiquetées, recouvertes
; = d’excroissances faciles à détacher et de mauvaise apparence. Le tissu cellulaire
entre la vessie et le rectum à une consistance calleuse ; il est miné de cavités
ulcérées surtout du côté gauche. Prostate à peine augmentée, normale à la
coupe, vésicules séminales normales. :
Les veines du petit bassin du côté gauche sont remplies par d'anciennes
thromboses jusqu'à l'embouchure de la veine hypogastrique dans l'iliaque qui est elle-même libre. On trouve, au contraire, des caillots dans la saphène et dans la crurale. Les veines du côté droit sont libres. Fort œdème des membres inférieurs. Myocarde mou, friable. Endocarde terne.
Dans les poumons, foyers lobulaires, et à droite récente De leatun grise. < - La rate n’est pas grosse et ne présente pas de dégénérescence amyloïde. Par PSS TES tte contre, la substance corticale et médullaire des reins, de même que l'intestin en sont nettement atteints.
Diagnostic anatomique. — Épithélioma des organes génitaux. Destruction du - gland et des portions caverneuse et spongieuse de l’urèthre. Pelvi-péritonite { AR chronique. Abcès multiples. Thrombose des veines du bassin et des membres inférieurs. Dégénérescence amyloïde du foie, du rein et de l'intestin. Pneunomie lobaire et lobulaire catarrhale.
Les parties retirées par l'opération des parois de la cavité ulcérée, durcies . à l'alcool et colorées au carmin aluné, donnèrent, à l'examen microscopique, Rs l'aspect suivant :
RTE RSS APTE Dans un stroma moyennement développé formé de cellules fusiformes et + embryonnaires, on trouve de nombreuses infiltrations de grandes cellules de EYE forme variable, tantôt rondes, tantôt cubiques, à noyau vésiculeux bien coloré. ; = La disposition des cellules est très diverse : tantôt elles sont rangées sous Da forme de massues plus ou moins ramifiées, tantôt sous forme de boules sphé-