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miction (fausse incontinence d'urine) qui décidèrent la malade à entrer à hôpital.
État actuel. — L'état général de la malade ne présente rien de particulier.
Du côté des urines, les mictions sont très fréquentes ; la malade urine jusqu’à vingt et trente fois par jour en “éprouvant des sensations de brûlures. Ni sucre ni albumine dans les urines. Il n’y a jamais eu d'hématuries.
En examinant la malade, on constate une tuméfaction considérable formée par l'utérus en prolapsus. Le col utérin est situé au pôle antérieur de la tumeur, qont la surface est sillonnée de larges ulcérations transversales.
Entre les petites lèvres, à la partie supéro-antérieure on voit la tumeur du
+ ne d'une petite noix, d'aspect müriforme, noirâtre sur sa surface libre qui
est ulcérée et gangrenée. Cette tumeur est canaliculée; à son sommet s'ouvre le méat urinaire ; en arrière, la tumeur est rattachée au vestibule par une sorte de pédicule rouge ou peu induré.. LE
La tumeur en totalité présente une consistance dure. Cette consistance se retrouve aussi au niveau du pédicule rougeûtre, déjà signalé, mais disparaît sur
| + pourtour du vestibule où s'implante la tumeur. <
- Le cathétérisme de l’urèthre par le milieu de la surface Tibre de la tumeur est assez facile. <
Il n'existe pas d'engorgement ganglionnaire.
Je tiens à dire ici que la malade ne peut nous donner aucun renseignement sur l’âge probable de la tumeur. Ce que nous savons, c'est que les troubles de la miction sont de date récente.
Le 21 novembre, je pratique sous chloroforme, l'ablation de la tumeur au thermocautère, selon le procédé indiqué par M. Richet dans l'observation publiée par Lahaye, dans sa thèse.
Aucun incident opératoire ne doit être noté.
La malade, revue au bout de trois mois, présentait de l’incontinence d'urine,
Pas de trace de récidive.
OBSERVATION XXXIV (de M. Lwow).
- Le cancer primitif de la muqueuse de l'urèthre est très rare. N'ayant trouvé, dans la littérature dont je dispose, aucune communication qui concerne le
cancer primitif de la muqueuse uréthrale, je considère le cas observé par moi l'année dernière comme assez important et instructif pour justifier sa publication.
- Le 19 novembre 1888, entre dans notre service de gynécologie, Olympia SRE âgée de 46 ans, veuve, qui se plaint de fréquence, de difficulté et de douleurs de la miction. Elle ne présente ni antécédents héréditaires, ni personnels. ’
” Réglée à 14 ans; régulièrement, toutes les trois semaines, ses menstrues durent de trois à quatre jours et persistent encore maintenant. Mariée à
18 ans, elle a eu trois enfants. Les suites de couches ont été bonnes. Les
toute
premiers troubles ont apparu il y à dix ans. Elle souffrait de légères douleurs pendant la miction. Ce n’est que depuis deux ans que la miction est devenue douloureuse et difficile et que la malade a été obligée de se soigner. Les médecins ont diagnostiqué une tumeur bénigne du méat urinaire. Le traitement
interne n’a pas donné de bons résultats. On a enlevé les végétations, polypes,
qui ont reparu très vite. Au mois de mai 1888, la malade est venue me consulter. J'ai constaté de nombreuses végétations polypiformes au méat, qui
gênaient le cathétérisme. Je les ai enlevées, en partie par la ligature, en partie #
avec les ciseaux, et la malade nous à quittés guérie. L'amélioration ne persista
pas longtemps. Au mois de juillet, elle a recommencé à souffrir de son urèthre. Au mois d'août, elle a aperçu de nouvelles végétations au même endroit. Au mois
de septembre, elle est revenue à Kasan pour subir une opéré ation à cause de la miction excessivement Ann et fréquente.
État actuel. — S..., d'une taille élevée, de constitution moyenne, est très
maigre, sans {issu ee sous-cutané. Les muqueuses sont pâles. Poumons.
normaux. Abdomen convexe, non douloureux à la palpation. Du méat urinaire externe sort un paquet de végétations rosâtres, molles, de 1 centim. de longueur, dont quelques-unes saignent au moindre attouchement. En les examinant plus
attentivement, on voit que ces végétations prennent naissance dans la muqueuse
urèthrale et qu’elles obstruent complètement l’urèthre. Les bords du méat sont indurés, plus profondément les parois de l'urèthre sont normales et légèrement augmentées de volume. Le méat externe est dilaté en forme de cratère. En
introduisant une sonde, on constate que les végétations ne sont pas limitées au
méat, mais qu'elles occupent les deux tiers de l’urèthre ; on sent que fa sonde passe difficilement au commencement, qu’elle se perd dans les plis, de sorte qu'on est obligé d'aller lentement, attentivement, en faisant de petits mouvements ; arrivée près du col de la vessie, elle passe facilement. Le cathétérisme provoque de vives douleurs et une uréthrorrhagie assez abondante.
La vessie est normale. L'urine, au point de vue quantité et qualité, est normale. L’orifice du vagin n’est ni hyperhémié, ni douloureux. Pas de pertes blanches. Les organes génitaux sont normaux et sains. Pas de EOnoaques dans
l'écoulement vaginal ni dans l'urine. Voilà à peu près tout ce qu’on a trouvé
par l’examen et par l’interrogatoire de la malade. Il a fallu faire diagnostic
entre le condylome ou un néoplasme bénin ou malin.
En considérant l’histoire de la maladie, l'examen bactériologique (absence de gonocoques) et surtout le fait que les végétations ont reparu peu de temps après l’ablation et que l’état anatomique des parois uréthrales a subi un grand changement, on a posé le diagnostic de cancer. Mais pour le préciser, il a fallu faire l'examen microscopique, qu'on a confié à M. Petroff, prosecteur du laboratoire de pathologie de la Faculté de médecine. M. Petroff a trouvé un cancer à cellules épithéliales plates.
Opération, le 20 septembre 1888. — On a enlevé avec des ciseaux toutes les végélations, y compris la muqueuse ur éthrale, tout autour du méat, en attirant celle-ci avec des pinces. On s’est ainsi trouvé en face d'un canal qui a laissé
passer un doigt. due à cette largeur, on a pu continuer l'opération, en saisis- Sant la muqueuse uréthrale avec le néoplasme et l'excisant aux ciseaux. Peu à peu on est arrivé jusqu'au col de la vessie, où l'on a trouvé les parois normales. Après s'être assuré d’avoir bien enlevé le néoplasme avec toute son implantation, on à bien lavé le canal avec une solution (1/2000) de trichloriodure (?) et badigeonné le canal au chlorure de fer. Pansement à la gaze iodoformée. Les Suites de l'opération furent normales.
On a sondé la malade pendant quinze jours ; pendant les cinq premiers jours on faisait le pansement (le l'urèthre à la gaze iodoformée. La malade a pu uriner spontanément à partir du cinquième jour, mais la miction était très douloureuse. Ce n’est qu'à partir du 5 octobre que la miction est devenue complètement normale et facile. L'exploration a montré qu'il n'y avait pas de rétrécissement de l’urèthre. La sonde dont on s'est servi ordinairement entrait facilement dans la vessie. Le 5 octobre 1888, la malade a quitté Kasan guérie. Le 2 avril 1889, elle a été revue. Elle dit que depuis l'opération elle a toujours été bien portante, et que la miction a été facile. Le méat est complètement normal, seulement il paraît un peu moins large que d'habitude ; une sonde Nélaton n° 18 passe facilement dans la vessie, sans provoquer de douleurs. Au toucher vaginal, on ne constate rien d'anormal; les ganglions de l’aine ne sont pas tuméfiés. En somme, pas de récidive six mois après l'opération.
OBSERVATION XXXV (de MM. WINGKEL et FRANKENTHAL).
Il s’agit d’une femme, âgée de 43 ans.
Antécédents héréditaires. — Le père mourut à la suite d’une hernie étranglée. La mère est morte, il y a vingt et un ans, d'un cancer de l'utérus. Quatre de ses treize frères et sœurs vivent ét sont bien portants, les autres neuf sont morts ‘en bas âge. Elle même fut le second enfant.
Elle n’a jamais eu de maladies d'enfants. A l’âge de 17 ans, elle eut ses premières règles, qui, toujours très fortes, duraient huit jours et revenaient régulièrement après quatre semaines. Ménopause depuis quatre ans. Elle accoucha à 21 ans d’un enfant né à terme. L'accouchement fut facile et spontané. L’enfaut mourut immédiatement après la naissance.
À l’âge de 27 ans, première maladie. Elle souffrait, surtout pendant les repas, de violentes douleurs gastralgiques, accompagnées de vomissements quelquefois mélangés d’un peu de sang. Au bout de vingt-deux semaines, elle entra en guérison. Elle dit avoir perdu ses cheveux à la suite de cette maladie. .
Peu de temps après la cessation de ses règles, elle remarqua des troubles de la miction caractérisés par une intensité, une durée et une répétition variables. Pendant et depuis ce temps, elle souffrait de douleurs lancinantes qui irradiaient des organes génitaux externes dans les membres inférieurs et étaient d'une telle intensité qu’elles la réveillaient même du plus profond sommeil. Ces douleurs persistaient depuis un an, époque à laquelle on excisa dans la clinique un petit
= 19 PEAR ci
fragment du bord de la tumeur pour faire un examen microscopique. Depuis six ,
mois, elle a observé une ulcération à la vulve qui sécrétait un écoulement purulent de mauvaise odeur et qui saignait parfois. Elle faisait souvent des efforts inutiles pour uriner, efforts qui furent toujours très douloureux. -Depuis Six semaines, elle a remarqué une tumeur grosse comme un œuf 08 pigeon à la vulve. Jamais d'infection syphilitique. :
État actuel. — Femme brune, maigre ; sommeil et apétil bob. de
régulières, miction sans difficultés, mais accompagnée d'une cuisson. Poumons,
cœur et estomac normaux. Foie et rate un peu augmentés de volume. Paroi
abdominale d’une tension moyenne. L'S iliaque rempli de matières fécales. Les. ganglions inguinaux pas tuméfiés. L'urine normale. 6 Organes génitaux externes. — I] y à une cicatrice à la commissure RES
FIG.5.— D'après LESTER FRANKENTHAL. Ein FAN von primärem er Carcinom des Weibes. Münchener med. Wochenselrift 1889, n° 12, P- 191.
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qui correspond à une déchirure du périnée du deuxième degré: san le vestibule, on trouve une tuméur grande comme une noisette, dure, mobile, facile à circonscrire, ulcérée au milieu, qui siège autour et pour ainsi dire au-dessus du méat urinaire, car elle le couvre en partie, qui abaisse le cul-de-sac vaginal antérieur de 3 à 4 centim., et qui obstrue l'entrée du vagin.
La tumeur s'étend en tabs jusque tout près du bord supérieur de "A symphyse à droite jusqu’au périoste de la branche ascendante du pubis; à gauche, elle permet d'introduire le doigt entre elle et l'os pubis. L'orifice uréthral externe est entouré par une ulcération de forme triangulaire à bords longs de 1 centimètre et demi, à base large de 1 centim., dont le sommet est dirigé vers le