‹ Épithélioma primitif de l'urèthreChapitre 30 sur 41 · RAM · texte numérisé non relu

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L'urèthre est couvert dans toute sa longueur d” excroissances ÉGUARrEMENT villeuses ; sa paroi est fortement infiltrée et cette infiltration s ’étend jusqu’à la

muqueuse vaginale. A la place du méat urinaire, se trouve une tumeur excavée en forme de cratère et entourée par des bords infiltrés de dépôts cancéreux,; l'excavation de la tumeur atteint une pièce de deux francs.

L'utérus est de grandeur moyenne, un peu repoussé en arrière. Les ovaires sont petits. Sur la capsule de l'ovaire gauche, on trouve un follicule pédiculé en état de dégénérescence fibreuse. Les trompes sont de largeur moyenne, congestionnées du côté des franges. Le vagin est large, flasque. é

A la nymphe droite se trouve un lipome pédiculé.

L'épaisseur de l'urèthre est de 1 centim. à la paroi supérieure et de centim. à la paroi inférieure. QUE

OBSERVATION XXXI (de M. PÉAN).

Mae L. P..., 54 ans, couturière, entre le 26 octobre 1880, salle Sainte-Marthe. Pas d’ hérédité. Pas d’antécédents diabétiques. Variole à deux reprises différentes, dans l'enfance et à 16 ans. Menstruation régulière de 16 à 48 ans. Nullipare. En avril 1880, elle commença à éprouver du ténesme vésical. Miction fré-

quente. Brûlure de l’urèthre au passage de l'urine. Elle constata en même temps la présence d'une tumeur à l'entrée du méat urinaire ; cette tumeur acquit bientôt le volume du pouce, elle était indolente à la pression. Le 20 mai, ablation de cette tumeur à la maison Dubois. La plaie chirurgicale ne s’est jamais complètement cicatrisée. Récidive sur place qui l'amène à l’hôpital.

État actuel. — Le méat urinaire et l'espace compris entre cet orifice et le vagin sont le siège d’une tumeur ulcérée, végétante, à surface rouge, saignante, baignée de pus, d’ichor et de débris épithéliaux. En pratiquant le toucher vaginal, pendant qu'un cathéter est introduit dans l’urèthre, on sent que la cloison uréthro-

vaginale est indurée, hypertrophiée, envahie par le tissu morbide dans la moitié

de sa hauteur. Le mal ne s'étend pas jusqu'à la vessie. Dysurie depuis deux mois, la malade est obligée de se sonder. On trouve dans l’aine gauche un ganglion du volume d’une noix, présentant les caractères de l'inflammation aiguë simple; œædème, congestion des téguments. Élévation de la température locale. Diagnostic : Épithélioma.

Opération, 30 octobre 1880. — Chloroforme. La malade étant couchée sur le lit d'opération, dans le décubitus dorsal, le bassin soulevé, les jambes fléchies sur les cuisses, les cuisses écartées et fléchies sur le bassin, nous appliquons contre la eloison recto-vaginale une valve de Sims, et sur les parois latérales du vagin, des valves de Récamier. Un cathéter étant maintenu dans l'urèthre pour

nous servir de guide, nous faisons, avec le thermocautère, sur la cloison

uréthro-vaginale une incision médiane dépassant en haut les limites du mal, remontant, par conséquent, au delà de la moitié de la profondeur du vagin. Le plancher de l'urèthre étant ainsi ouvert, nous enlevons le tissu morbide, à droite

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et à gauche de notre incision. Nous sommes ainsi obligé d’empiéter sur les parois latérales du vagin. Tous les tissus que nous traversons sont extrêmement durs et notablement hypertrohiés. La paroi supérieure de l’urèthre, refoulée contre le pubis, est aussi malade. Nous la détruisons complètement. L'opération faite, aussi largement que possible, nous plaçons une sonde à demeure dans la vessie. Pansement à plat avec des compresses de tarlatane imbibées d'eau légèrement phéniquée. Glace en permanence sur le ventre. Cataplasme sur le ganglion inguinal enflammé T. $. 37°; P. 80.

Le 31 octobre. T. M. 37°; T. S. 38°; P, 92, Inappétence. État local satisfaisant. Pas de douleurs abdominales. Lavages avec l’eau alcoolisée phéniquée.

Le 1e' novembre. T. M. 370,8; T.S. 380,4; P. 94. Sueurs abondantes la

nuit dernière. Sommeil court et agité. Pas d'appétit. Rien d'anormal du côté

de l'abdomen. ,

Le 2. T. M. 37,2; T. S. 370,8; P. 78. La nuit a été meilleure. La malade a mangé bouillon, potage, œufs. État local et général satisfaisant. À partir de ce moment, la suppuration s'établit, la température reste normale. On laisse la glace sur le ventre jusqu'au huitième jour. Sous l’action des cataplasmes l'adénite inguinale à disparu. La cicatrisation marche lentement et régulièrement. Elle

est assez avancée le 16 décembre pour que la malade puisse se soigner chez elle.

La guérison est assurée. |

OBSERVATION XXXII (de M. RICHET).

FES: . . . a Le . 4 Mme X..., âgée de 64 ans, a toujours joui d’une bonne santé générale ; il y a vingt-quatre ans, elle a présenté un fibrome utérin qui s’est éliminé spontané-

ment sous l'influence de l’ergot de seigle. Depuis dix-huit ans, elle a constaté J'existence d’une leucorrhée peu abondante.

La ménopause est venue vers l’âge de 50 ans. Il y a cinq ans environ, la malade éprouva des démangeaisons à la vulve et des douleurs à la miction. Depuis six mois, ces symptômes se sont notablement aggravés; pour la première fois, il survint une perte abondante qui prit, il y a deux mois environ, les

caractères d’une véritable hémorrhagie ; la malade consulia, à diverses reprises,

son médecin, qui se borna à quelques injections banales.

Lorsqu'elle se présenta la première fois à M. Richet, il fut facile de constater un notable rétrécissement de la vulve, dû à une dureté siégeant au niveau du vestibule. Par l'examen direct, M. Richet constata tout autour de l’urèthre, mais surtout à gauche et en haut, une ulcération à bords indurés, saignant au

- moindre contact et à la surface de laquelle existaient une série de granulations

semblant se prolonger sur la muqueuse uréthrale. La palpation de la face inférieure du canal, faite sur une sonde, permit de reconnaitre que l’induration ne dépassait pas sur cette face une étendue de 1 centimètre et demi au pourtour du méat urinaire. Pas de rétention d'urine.

En présence de ces signes, qui permettaient d'affirmer la nature maligne de

mois

l'affection, M. le professeur Richet proposa FR qui fut acceptée par la malade. ; | de

Le manuel opératoire fut simple.

Une sonde métallique fut introduite dans l’urèthre et la ‘partie tuto fixée à cette sonde à l’aide d’une pince à griffes. L’extirpation au bistouri fut des plus simples et consisia dans l’excision circulaire de toute la partie antérieure du canal ainsi fixé sur la sonde.

Il n'y eut aucun trouble consécutif, la plaie se cicatrisa pre M. le professeur Richet a revu récemment la malade, cinq mois après l'opération. Le

jet d'urine est légèrement dévié en arrière, mais il n'existe es de ste |

sement.

L'examen microscopique a été fait par M. le Dr Sade

La tumeur a été trouvée formée uniquement de boyaux tapissés d'é épithélium

cylindrique sur plusieurs couches.

Quand où considère une cavité isolément, on voit que l épithélium est supporté par des végétations papillaires très irrégulières de forme, et de dimensions très différentes. Letissu conjonctif de ces papilles est presque exclusivement embryonnaire. Tout autour des boyaux épithéliaux, il existe des vaisseaux capillaires extrêmement dilatés, et même, dans la partie profonde de la tumeur, de véritables hémorrhagies interstitielles. Eee

Sur la face libre, la tumeur est exulcérée, et quelques cavités viennent s'ouvrir à la surface.

La tumeur est encore d’un trop petit ne pour pouvoir affir mér qu’ on me en présence d'un épithélioma au début. Cependant l'abondance du tissu conjonctif jeune, la présence d’hémorrhagies interstitielles et l’irrégularité du revêtement épithélial dans les cavités les pis grandes, sont bien plus en rapport

avec l’hypothèse d'un épithélioma qu en faveur d’une production glandulaire simple. NAS

OBSERVATION XXXIII (de M. PICQUÉ).

Me Joséphine L.., 60 ans, marchande des quatre saisons, entre Je 16 novembre 1887 dans mon service, à l'hôpital Laënneec, salle Chassaignac.

Cette malade, mariée à l’âge de 18 ans, a eu deux grossesses sans incident. Pas de troubles de la menstruatisn. Il y a trois ans, elle fut atteinte de prolapsus utérin et porta, depuis lors, une ceinture hypogastrique. Je tiens à faire

remarquer, qu'au dire de la malade, ce prolapsus serait survenu progressivement <

et. sans effet préalable.

Il y a dix-huit mois, elle a eu des coliques hépatiques et de l'ictère.

Dans ces derniers temps, le prolapsus augmenta davantage ; ; néanmoins, elle put continuer son métier,

Ce n’est que dans ces dernières semaines que les douleurs ont augmenté,

en même temps qu'apparaissaient, pour la DITES fois, des troubles de la

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