INTRODUCTION
Au dernier Congrès de chirurgie (Eyon 189%), M. le professeur
Albarrana fait une communication sur un cas d'épithélioma primitif
de l’urèthre qu'il a eu- l'occasion d’ opérer aù mois d'août 1894, et que nous avons eu nous-même l'avantage d'examiner microscopiquement au laboratoire de notre éminent maître, M. le professeur Guyon, àla
Clinique des voies urinaires, à l'hôpital Necker.
Depuis six ans que nous avons l'honneur de suivre ce service, c'était :
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la première fois que nous ayons observé un cas semblable, et pourtant ele nombre des RSS fui ont défilé annuellement sous nos au est légion. ‘ / : | x
[nous à semblé qu’en raison même de la rareté du cas, il pourrait
. être tétoSent de rechercher dans la littérature scientifique des cas - semblables, de les réunir et de chércher à tirer de leur groupement
une description asssi complète que possible de cette affection. Nos recherches n'ont pas tardé à nous montrer que cette affection
‘n’était pourtant pas aussi rare que pourrait le faire croire l'unique
exemple observé depuis fort longtemps dans le service de notre cher maître; nous avons pu nous convaincre également que cette affection n'était pas l'apanage exclusif de l'homme, qu'il existait au contraire un nombre supérieur d’ observations : ‘chez la femme, Nous avons essayé : de les réunir toutes, nous avons pour cela porté nos investi- gations dans tous les périodiques qui nous fussent abordables. Nous ne nous berçons pas de l'espoir de ne pas en avoir laissé échapper
quelques-unes. Le nombre de celles que nous avons pu colliger suffit néanmoins pour nous permettre d'espérer que la description que nous allons tracer de cette affection correspond à la réalité des faits.
Jusqu'à présent, les auteurs qui se sont occupés de notre it ont cru devoir établir une délimitation nette entré cette affection chez l'homme et chez la femme. Après mûre réflexion, nous nous sommes décidé à les rapprocher, au contraire, et notre travail justifiera, nous l'espérons, cette tentative; on verra, en effet, que les seules diftérences que nous avons à signaler sont des différences d'ordre anatomique, d’ailleurs tout à fait secondaires.
Les caractères essentiels de l’affection sont semblables dans les. deux sexes et justifient complètement leur rapprochement, On sera peut-être étonné de trouver également dans notre travail toutes les observations publiées de « cancer de la glande de Cowper ».
Mais cet organe présentant des connexions tellement étroites avec le canal de l’urèthre, dont il forme en quelque $sorte un simple appendice glandulaire, il était à prévoir, ce qui a été du reste confirmé par nos recherches, que l’analogie entre le cancer de cette glande et l'épithélioma primitif de l'urèthre, tant au point de vue anatomique que clinique, serait telle que nous aurions à envisager continuellement la possibilité de les confondre. Telles sont les raisons qui nous ont fait réunir dans une même description, l'épithélioma primitif de l'urêthre chez l'homme, celui de la femme et le cancer de la glande de Méry.
Mais avant d'entrer dans le fond de notre sujet, il nous est un agréable devoir de remercier ici tous ceux qui nous ont aceueilli avee une si grande bienveillance.
M. le professeur Guyon a été pour nous plus qu'un maître. Il nous a ouvert avec une bonté, que nous n'oublierons jamais, les'portes de son laboratoire. Depuis six ans que nous’avons l'honneur d'y travailler journellement, - il à bien voulu suivre, avec un intérêt presque paternel, les différentes recherches que nous y avons entreprises, bien plûs il nous a fait souvent l'honneur de les provoquer ‘en nous associant à celles qui avaient pour lui un intérêt particüliér. Qu'il veuille bien recevoir ici l'assurance de notre profonde et ‘éternelle reconnaissance et de notre entier dévouement.
NÉS Te PIE
Nos bons maîtres et âmis, Albarran et Hallé, n'ignorent pas les sentiments de grande affection que nous avons pour eux.
Il nous est agréable de les en assurer une fois de plus et de leur dire combien nous avons été touché de l'affectueuse amitié qu’ils nous . ont accordée et des aimables relations qu'un commerce journalier n'a fait que rendre plus cordiales.
Nos excellents amis Chabrié, Chevalier, Janet, Legueu, Noguës et Reblaub connaissent trop bien nos sentiments à leur égard pour que nous ayons besoin de les leur exprimer à nouveau ici.