HISTORIQUE
L'épithélioma de l’urèthre est une maladie assez rare, ce qui expli-
que facilement que les traités de chirurgie et les dictionnaires classiques ne font que mentionner très brièvement cette affection qui nous intéresse plus spécialement et dont nous avons pu réunir dans la bibliographie internationale un nombre assez considérable d'observations.
C'est surtout dans la littérature médicale allemande que nous trouvons une analyse plus détaillée de cette maladie, et cependant le premier cas connu fut une observation française relatée par Thiau-
dière, en 1834, dans le Bulletin général de thérapeutique.
Les communications dans la littérature française (OcURN notre sujet sont très laconiques.
Dans le Dictionnaire de médecine ou | répertoire général des sciences médicales en trente volumes (1846, deuxième édition), on peut lire que: « le cancer de l'urêthre chez la femme coïncide ordinairement avec le cancer du vagin, de l'utérus, de la vessie, et se
trouve incurable dans la plupart des cas. Nous n’aurions donc rien à
dire sur cette affection, si nous ne tenions à rappeler un fait intéres.
sant, dû à M. Riberi (de Turin) ». On donne ensuite le court résumé
du cas du chirurgien italien que nous publions dans les observations.
En 1852, M. Jarjavay écrit dans son Traité d'anatomie chirur-
gicale, vol. I, p. 345 : « Des tumeurs peuvent se former dans l'épais-
seur’de la paroi uréthrale de la femme ou à sa surface interne. Elles
L A sont rares les unes et les autres. Le cancer de la vulve s'étend quelquefois à l’urèthre. En 1846, j'ai observé un cancer borné à la partie
inférieure de ce canal chez une femme de la province, qui mourut
plus tard à la suite d’une affection cancéreuse générale. » : Dans le livre de J.-N. Demarquay sur les maladies chirurgie
cales du pénis, Paris, 1877, aucune mention n'est faite de FEbISe
lioma primitif de l’urêthre. 1
En parlant de l’état de l'urèthre dans le cancer du gland, l'auteur
dit : « Mais, chose remarquable, bien que le cancer ait envahi le
gland, qu'ilait même détruit en partie cet ja presque constam- |
ment l’'urèthre reste sain... »
M. Bouilly, dans le Me à de pathologie externe, vol. A p. 154, en parlant des tumeurs de l’urèthre, s'exprime ainsi.
ER À Mas
« Les tumeurs de l'urèthre appartiennent d'une manière presque exclusive au sexe féminin, »
Dans le Traité élémentaire de pathologie externe de MM. Follin et Duplay, 1888, vol. VIL,p. 128, on trouve le passage suivant : - « Le cancer primitif de l'urèthre (épithélioma) présente une rareté
extrême et presque toujours l'organe est envahi secondairement, »
Plus récemment nous rencontrons quelques thèses de Paris qui s'occupent de notre sujet ;
1°-Du cancer primitif du vestibule et de la couloes par M. Lahaye, 1888.
2° Du cancer primitif du méat urinaire chez la Frs par L. Soullier, 1889.
3° Des tumeurs péri-uréthrales chez la femme, par
E. Daumy, 1895.
& De l’épithélioma primitif de l’urèthre Hénembrenaux, par
$ P. Carcy, 1895.
C’est surtout ce dernier travail qui nous intéresse plus spécialement. À la suite d’un cas opéré l’année dernière par, M. Bazy, l’auteur a colligé dans la littérature tout les faits qu'il a pu trouver sur l’épithélioma primitif chez l'homme. Ilen a réuni 17 observations, et il y a
| ajouté encore trois communications sur le carcinome de la glande de
Cowper.
Bien que ce travail paraisse le plus complet que nous ayons trouvé dans la littérature française, nous sommes forcés de [mentionner que plusieurs cas avérés d’épithélioma primitif de l’urèthre ont échappé à
4 son auteur ; ce sont ceux de Thiaudière, de Grünfeld, de Beck,
de Buda y et de Fuller. D'autre part, nous montrerons plus loin que
plusieurs observations publiées par M. Carcyÿ ne sont pas du tout des cas typiques d'épithélioma primitif de l’urèthre.
* La littérature italienne nous donne 5 observations de cancer périuréthral chez la femme. Ce sont les cas de Riberi et de Melchiori. . En Angleterre et en Amérique, la néoplasie dont nous nous occu-
pons a été l'objet de plusieurs publications.
Les observations de Hutchinson, de Griffiths, de Beck, de.
Fuller; de Munn, de Thomas, etc., en donnent le témoignage.
Mais nous ne trouvons pas un travail d'ensemble anglais sur ce sujet. - Griffiths dit, au commencement de sa communication : « Il se pourrait que cette affection (épithélioma) de l’urèthre ne fût pas aussi