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de tissu épithélial. Dans le second, presque uniquement du Lissu épithélial, d'aspect encéphaloïde, avec de faibles cloisons grêles de séparation. »
OBSERVATION lil Epithélioma primitif du vagin. — Curage et cautérisation.
Me D. 67 ans. — Rien à signaler au point de vue des antécédents héréditaires ou collatéraux. La malade s’est toujours bien portée. Réglée à 12 ans. Règles régulières, assez abondantes, non douloureuses. Mariée à 19 ans; a eu trois enfants; acconchements normaux, à terme. Ménopause il y a 12 ans. |
Il y a deux ans, la malade a eu de légères pertes de sang de deux ou trois jnurs de durée, auxquelles a succédé un écoulement blanchâtre. Jamais de douleurs dans le bas-ventre ; pas de douleur en urinant, ni en allant à la selle. Il y a trois semaines, les hémorrhagies se sont reproduites, et n'ont pas disparu depuis. Entre à l'hôpital Pascal, dans le service de M. Pozzi, le 8 mai 1894.
Le toucher vaginal révèle l'existence d’une plaque végétante, saignante et de consistance assez ferme, occupant toute la paroi postérieure du vagin. Les limites en sont assez nettes. En bas, elle s’arrête à un centimètre et demi environ de l’orifice vulvaire ; sur les côtés, elle s'arrête au niveau des bords latéraux du vagin ; en haut, elle occupe tout le cul-de-sac postérieur et a déjà envahi la lèvre postérieure du col de l’utérus. La lèvre antérieure du col et la paroi antérieure du vagin sont complètement indemnes. Le toucher rectal permet de constater que la muqueuse intestinale est libre de toute adhérence, mais les plans profonds du rectum paraissent envahis par l’infiltration néoplastique, car ils ne sont pas mobiles. Dans les aines, quelques petits ganglions non caractérisliques.
Diagnostic : Epithélioma primitif du vagin ayant envahi secondairement le col. Vu l’âge de la malade et l'impossibilité de tout enlever," on s’en tient au traitement palliatif.
10 mai, — Anesthésie. Cureltage de toutes les fongosités avec
la large curette de Simon. Pour éviter la perforation du rectum, un doigt est introduit dans l'anus et permet de mieux diriger la curette. Toutes les végétations ont été enlevées, et il ne reste plus qu’une base indurée, sur laquelle est appliquée à plusieurs reprises le cautère actuel.L'hémorrhagie, d’abondance moyenne, due à l’ablation des fongosités, "est arrêtée par le fer rouge. Tamponnement à la gaze iodoformée. |
Suites très simples : Les pertes de sang disparaissent ; la malade a seulement quelques pertes d'un liquide roussâtre, trèspeu abondantes. Elle quitte l'hôpital le 19 mai.
L'intervention est suivie de trois mois de répit, pendant lesquels la malade vague à ses occupations, ne souffre pas et n’a plus de pertes de sang. A la fin du mois d’août, les hémorrhagies réapparaissent, mais moins abondantes. Comme elles persistent, la malade rentre de nouveau à l'hôpital le 15 janvier 1895. À l'examen, l’on constate que les lésions se sont étendues en avant : la lèvre antérieure du col et et le cul-de-sac vaginal antérieur sont envahis et détruits. Le col est entièrement détruit, et il serait impossible aujourd’hui de savoir par où a débuté le néoplasme. La paroi vaginale postérieure est épaissie, légèrement indurée, mais ne présente pas l’aspect végélant qu’elle avait lors de la première intervention.
Au toucher rectal, on constate encore l'intégrité de la muqueuse rectale; d’ailleurs la malade n'éprouve aucune douleur de ce côté. Les mictions sont plus fréquentes et un peu douloureuses depuis deux mois, ce qui explique l’envahissement du cul-de-sac vaginal antérieur.
La malade n’a d’ailleurs aucune douleur et son état général est bon. Depuis huit mois, elle n’a guère maigri. Elle va et - vient et ne se plaint que de ses pertes rouges continues, mais peu abondantes. Pas de pertes blanches.
20 janvier. Nouvelle opération. Ablation avec une large curette, de la plaque indurée de la paroi vaginale postérieure, et des quelques fongosités du col utérin. Hémorrhagie légère.
pires
Cautérisations au fer rouge (cautère actuel) de toute la surface néoplasique. Pansement iodoformé. :
Suites immédiates très simples. La malade ne perd plus de sang et quitte l'hôpital 8 jours après, très-salisfaite de cette nouvelle intervention.
Examen histologique par M. E. Coffin.
« Il est impossible de retrouver sur la coupe les éléments d’un tissu normal. Tout le champ de la préparation est occupé par des lobules de forme plus ou moins régulière et à peine séparés les uns des autres par de minces fibres de tissu conjonctif. Ces lobules sont cependant très distincts les uns des autres, et toutes les cellules qui les constituent sont orientées vers le centre du lobule. Elles sont cylindriques à la périphérie, puis dentelées et enfin aplaties. Le centre de ces lobules n’est pas occupé par des globes épidermiques ; sur de nombreux lobules, on trouve en ce point an vide dù à ce que les cellules qui le constituent ont été arrachées. Dans les lobules où elles ont subsisté, on remarque qu’elles ont un aspect vésiculeux et que l'on n’y retrouve plus ni noyau, ni nucléole. Elles ont subi la dégénérescence colloïde. Cette tumeur appartient donc à la classe des épithéliomes lobules à type colloïde. »
Cet examen a porté sur des fongosités enlevées par la curette, lors de la dernière intervention. à
OBSERVATION IV (1) Epithélioma du vagin.
Augustine C..., 72 ans, entrée en octobre 1888, salle Lisfranc, n° 2 (Hôtel-Dieu). Malade cachectisée, présentant un degré d'émaciation très prononcé. Dans les régions inguinales, on trouve des ganglions très-hypertrophiés, principalement à : gauche, où ils forment une grosse masse, paraissant pénétrer dans le bassin. Au point culminant, la peau, sur une surface de
(1) Due à l’obligeance de notre collègue et ami F. Jayle.
x De
8 centimètres sur 2, est violacée, amincie et perforée au centre : il en sort un liquide muco-purulent.
Le début remonte à deux ans. L'examen au spéculum montre l’existence sur la paroi vaginale droite d'une plaque indurée, saignant au moindre attouchement, de la largeur d’une pièce de deux francs, offrant tous les caractères d’une plaque cancéreuse. Rien ailleurs. Albumine dans les urines. La malade continue à se cachectiser et s'éteint lentement, le 41 novembre 1888.
42 Novembre. — Aulopsie. — Les.poumons, cœur, foie et rate ne présentent aucune lésion d'ordre aigu. Les reins sont atteints de néphrite interstitielle, ils sont petits, scléreux, rétractés, non kystiques ; la substance corticale est réduite à un ou deux millimètres. Les ganglions inguinaux de l’aine sont cancéreux des deux côtés ; à gauche, ils sont en outre suppurés. Utérus sain et atrophié. La plaque épithéliomateuse est restée parfaitement localisée.
OBSERVATION V (1) Epithélioma du vagin.
B... âgée de 45 ans, entrée le 10 mai 4890, à l'hôpital Lariboisière, salle £. Roy. Celte malade, de robuste constitution, vient à l'hôpital pour une tumeur d'aspect inflammatoire de la région de l’aine gauche, dont l'apparition remonte à quelques jours. Cette tumeur a débuté manifestement au niveau des ganglions inguinaux, et s’est peu à peu étendue à toute la région du pli de laine.
10 mai.— La peau est un peu rouge et æœdématiée, et il existe de l’empâtement profond. La palpation est douloureuse et permet de constater, au milieu de l’œdème du tissu cellulaire, une induration occupant le pli de l’aine et remontant dans la fosse iliaque. Les mouvements spontanés de la cuisse sont impossibles, mais on peut faire exécuter certains mouvements qui, bien
(1) Communiquée par F. Jayle.
que limités, permettent de démontrer que l'articulation coxofémorale est saine. Le membre inférieur gauche est légèrement œædématié. Pas de fièvre.
18 mai. L'empâtement inguinal a augmenté, et la peau est rouge et soulevée par une tumeur dure, non fluctuante, située au milieu du pli de l’aine et gagnant la fosse iliaque. Le membre inférieur est toujours œdématié. Le diagnostic reste toujours hésitant. Y a-t-il adéno-phlegmon de l’aine ? Est-on en présence d’une tumeur épiploïque, étranglée et sphacélée, bien qu’il n’y ait pas de signes d’étranglement ? Ce dernier diagnostic étant écarté par suite de l’absence de toute hernie crurale antérieure, on s'arrête à celui d’adénité inflammatoire. Mais l’origine n’en est pas apparente. On ne trouve en effet rien sur le membre inférieur, ni sur la fesse, ni à l’anus, ni sur la vulve. Avant de pratiquer le toucher vaginal, et malgré l'allure inflammatoire de l’adénité, on perse qu’il pourrait s’agir d'une adénité cancéreuse, consécutive à un épithélioma du vagin, analogue à celle observée autrefois sur une autre malade. (Voir observ. IV). Le toucher conforme l'hypothèse, et permet de sentir sur la paroi latérale gauche du vagin une plaque indurée, saillante, irrégulièrement arrondie, à surface anfractueuse, des dimensions d’une pièce de deux francs, et qui n’est autre qu’un épithélioma: Ce dernier était resté à l’état latent, n'avait déterminé aucune perte, et seule l’adénité inguinale avait attiré l’attention. La marche n’a pu être suivie, la malade ayant quitté l’hôpital quelques jours plus tard.