‹ Épithélioma primitif du vaginChapitre 7 sur 37 · SANTE · texte numérisé non relu

SANTE

Presque toujours, les observations sont muettes à cet égard. Küstner la signale une fois sur 22 cas. Des antécédents héréditaires sont signalés chez une malade de M. Pozzi (Observation 1). Dans 67 autres cas, que j'ai recueillis dans divers mémoires, 57 fois, les renseignements manquent, 9 fois, la prédisposition héréditaire, recherchée, n'existait pas ; dans un seul cas elle était signalée. L’hérédité ne semble donc prédisposer en rien à l’épithélioma du vagin, etil en est ici comme dans le cancer utérin, où Guüsserow ne l’a trouvée que 34 fois sur 326 cas.

Grossesses. — Pour les auteurs allemands, Küstner, Brückner, G. Schiwarz, les grossesses répétées et les accouchements multiples ne joueraient aucun rôle. Sur 13 cas de Küstner, 6 se rapportaient à des nullipares ; une de ses malades avait eu une fausse couche ; celles qui étaient accouchées avaient ensemble 20 enfants, (2, 8 par femme). Il n’en serait pas de même du cancer de l'utérus, puisque d’après Güsserow, sur 432 femmes, 362 avaient eu des enfants et 70 (5) étaient restées stériles. Du reste, une des raisons qui ont servi à expliquer la rareté du cancer du vagin pourrait trouver ici son application ; en effet, pendant la grossesse et l’accouchement, le vagin est soumis à des causes d’irritation moins vives et moins nombreuses que l'utérus.

Cependant West est d'un autre avis.

« Comme pour le cancer de la matrice, dit-il, le mariage et la grossesse favorisent la production du cancer du vagin; car une seule de mes malades n'était pas mariée ; les autres avaient eu 95 grossesses et donné.

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naissance à 86 enfants ; en d’autres termes, il y avait 5,3 grossesses et 4,7 accouchements à terme pour chaque malade. »

J'ai pu réunir 40 cas d’épithélioma du vagin, autres que ceux de Küstner et de West, et dans lesquels ces antécédents étaient signalés. Sur ces 40 cas, 30, les 3/4, appartiennent à des femmes ayant eu des enfants, 10 à des nullipares. Sur ces 30 femmes, 22 étaient multipares, 8 bipares. A elles 30, elles réunissent 134 grossesses et 122 accouchements, ce qui fait une moyenne de 4,4 grossesses et À acconchements. L'opinion de West est donc parfaitement justiciable, et l’on peut admettre l'influence prédisposante des grossesses répétées.

Comme nous le verrons plus loin, il existe plusieurs observations, dans lesquelles la tumeur s’est révélée au cours d’une grossesse, et dans plusieurs cas, il a été impossible de savoir si elle était antérieure à la fécondation, ou si elle s'était développée depuis. Quoiqu'il en soit, la grossesse paraît avoir une influence fâcheuse sur le développement du néoplasme, et étant donnés les accidents que l’on peut observer au moment de l’accouchement, elle assombrit encore le pronostic.

Quant aux fausses couches, et aux interventions obstétricales, forceps, version, il ne semble pas qu'il y ait lieu d’en tenir compte dans l’étiologie. Généralement, il n’y avait pas de troubles de la menstruation ; la santé habituelle des malades était bonne.

Causes occasionnelles. — L'on ne peut incriminer les excès de coït, la masturbation, la présence de tumeurs

bénignes concomitantes, la masturbation. Ces causes, signalées par quelques auteurs, n’ont aucune influence sur la production du cancer. Notons seulement que, dans quelques cas, les malades avaient été opérées, avant l'apparition de l’épithélioma, de polypes du col.

Certaines causes d'irritation directe paraissent avoir plus d'importance. C’est ainsi que la pression d’un pessaire peut provoquer l'apparition d’un épithélioma.

Klob cite un cas de Morgagni, dans lequel l’application d'un anneau de bois avait produit des lésions qui paraissaient de mauvaise nature.

Le cas de Hegar est connu depuis longtemps. « Hegar fit chez une femme de 56 ans l’extirpation de deux noyaux de cancroide en partie ulcérés. Le néoplasme s'était développé au niveau des points soumis à la compression d’un pessaire de Hodge, ce qui pourrait justifier l'opinion de ceux qui admettent l’origine irritative de ces tumeurs. » (Hegar et Kaltenbach).

Winckel croit aussi avoir vu un cancer du vagin se développer chez une vieille femme qui portait un pessaire de Zwancke. Signalons aussi les trois cas plus récents de Schmidt, A. Meyer et G. Schwarz. A. Meyer compare ces cancroïdes aux chancres des fumeurs produits sur les lèvres par l'usage du brûle-gueule.

Ces faits cependant ne sont pas communs. Küstner, qui ne connaissait, au moment où parut son mémoire, que le cas de Hegar, s'étonne de leur rareté.

« Si l'on songe, dit-il, à la quantité de femmes qui portent un pessaire dans le vagin, pendant des dix ans, sans nettoyer ni pessaire ni vagin, si l'on songe que

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l’on retrouve souvent ces instruments rongés par des sécrétions acides, recouverts de sels calcaires, puis enfin littéralement encastrés dans la paroi vaginale, on est étonné de ne trouver, sur 24 cas, qu’un seul cas dû à cette cause. »

De même les prolapsus utérins qui exposent les parois vaginales à tant de traumatismes et à tant d'irritations ne sont que très-rarement la cause d’'épithélioma.

Küstner rapporte que Chiari aurait observé deux fois le cancer du vagin chez des prolabées, mais lui-même n’a pu en trouver une seule observation dans la littérature médicale, Depuis, Zizold, en 1889, et Pchelin, en 1890, ont publié des cas de ce genre — (V. oBs. xxvuuI et XxIX): |

Leucoplasie vaginale. — Jouin en 1882, Reclus et Bex en 1887, ont attiré l’attention sur des productions analogues à celles que l’on observe sur la muqueuse buccale et linguale, et que Debove a bien décrites. Elles

peuvent survenir sur toutes les autres muqueuses, et en particulier sur la muqueuse vulvo-vaginale. Ce sont d’abord des taches opalines d’aspect nacré, puis plus tard des plaques épaisses, crémeuses, fissurées. La leucoplasie constituerait une sorte d'épine permanente dans l'épaisseur des muqueuses, et cette irritation prolongée pourrait donner naissance à un épithélioma. Cette dernière complication a été surtout signalée à la vulve. Mais comme les plaques leucoplasiques envahissent la muqueuse vaginale, il ne serait pas impossible que certains épithéliomas du vagin fussent dûüs à cette cause. Toutefois il n’y en a pas beaucoup d'exemples ;

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