‹ Épitre a Sa Majesté l'empereur de RussieChapitre 2 sur 46 · DE VOTRE MAJESTÉ IMPÉRIALE · texte numérisé non relu

DE VOTRE MAJESTÉ IMPÉRIALE

le très-humble seniteur et fidèle sujet Slave.

Signé: Hoené Wronski.

Metz, le 21 janvier 1851.

Post-scriptum. — Les trois écrits qui sont annoncés dans la présente Epître et qui sont destinés aux trois illustres Corps scientifiques de la Russie, nommément à son Artillerie, à sa Marine, et à ses Ponts et Chaussées, étaient prêts, comme manuscrits secrets , et devaient être joints à cette Epître également manuscrite; car, suivant la première résolution de son auteur, elle ne devait pas être publiée. Mais, vers le moment de son expédition , on fit savoir à l'auteur que cette Epître , surtout les trois écrits scientitiques qui, d'après ce qu'il en avait dit confidentiellement, y seraient joints, ne parviendraient pas à leur haute destination. — En se reportant à la cause des innombrables obstacles qui , sans cesse , ont été opposés à la production des travaux de l'auteur, on pourra deviner par quels hommes devait être exercée cette dernière et destructive influence, quelque diflicile qu'il soit de concevoir que leur puissance, occulte ou visible, puisse s'étendre jusqu'à l'autorité souveraine.— Il ne restait ainsi à l'auteur d'autre ressource que de publier la présente Epître, et d'attendre une occasion sûre pour faire parvenir, à leur destination , les trois écrits scientifiques dont il s'agit.

Nous nous bornerons à produire ici les Prospectus de la Réforme de la Locomotion, qui devaient être joints au manuscrit destiné au Corps des Ponts et Chaussées de Russie, et qui, ayant été publiés, n'ont plus besoin d'être conservés secrets, d'autant moins que les modes de la construction des nouvelles machines locomotives n'y sont pas révélés. — Pour ce qui concerne les dillérentes adresses qui y sont indiquées, elles n'existent plus. La nouvelle adresse générale de l'auteur est maintenant à la librairie de M. Alcan , à Metz, rue de la Cathédrale, n". I, département do la Moselle, en France.

Il est bien entendu que nous joindrons également, à la présente Epitre, les dou\ Programmes des Conférences, scientifiques et philosopliiques, qui, dan^ cette Epitre à l'Empereur de Russie , sont annoncées comme propres à signaler le haut caractère moral de la philosophie absolue qu'établit et constitue la nouvelle Doctrine du Messianisme. — On y joindra aussi le feuillet formant Une Page à ajouter aux Cent Pages, pour indiquer et expliquer les points principaux de ces Cent Pages, et de leur Supplémoit.

Peut-être aussi, pour légitimer, du moins en partie, ce que, dans la présente Epitre à l'Empereur de Russie, nous mentionnons concernant l'expérience qui définitivement a fait reconnaître à l'auteur l'inutilité de ses ultérieures productions politiques, en lui prouvant qu'il est réellement TROP TARD dans l'Occident, comme, par d'autres raisons, il est TROP TOT dans l'Orient, pour produire la Vérité absolue, peut-être, disons-nous, devrait-on joindre ici la lettre de l'auteur à un homme de ses anciennes connaissances, à celui avec lequel, comme il le dit aux pages 14 et 15 des Cent Pages, il devait faire le voyage à Londres pour prévenir la funeste expédition de Boulogne du prince Louis Napoléon. En effet, dans cette lettre, assez singulière, qu'il faudra bien produire un jour au public, l'auteur propose à cet ancien ami , qui est un allié et un ami intime du prince , de faire parvenir à ce prince illustre, à Louis-Napoléon, VEpitre secrète qui lui était adressée, nommément, cette Epitre qui , comme étant décisive pour la cause napoléonienne , fut annoncée alors. Eh bien, cette lettre resta sans réponse; et cependant, celui qui, à notre connaissance, l'a reçue réellement, devait savoir que, dans Y Epitre secrète dont il s'agissait, les futures destinées n.\poléomen.nes étaient fixées infailliblement. — Rien qu'une vaine présomption de n'avoir pas besoin d'être éclairé, parce qu'on est convaincu d'avoir déjà la vérité, rien autre, disons-nous, qu'une si aveugle présomption ne pouvait être la cause d'un si périlleux silence. — Pour faire cesser cette dangereuse présomption, si toutefois cela est possible, nous prions cet ancien ami de l'auteur de scruter, avec la profondeur que nous lui connaissons, les conditions de LA VÉRITÉ, telles qu'il les trouvera fixées ci-après, à la fin du Programme des Conférences philosophiques ; et nous sommes convaincus que, s'il parvient à comprendre ces hautes et indispensables conditions , il sera frappé de terreur à la \ ue de la légèreté avec laquelle on croit tout savoir, lorsqu'il s'agit d'intérêts si graves, de l'intérêt suprême de I'.wemr napoléonien et du salut de la France.

A cette occasion, nous devons adresser à beaucoup d'autres personnes , plus ou moins éminentes, le critérium de la vérité que nous venons d'adresser à l'ancien ami de l'auteur, en priant toutes ces personnes de vouloir bien , avant de se prononcer définitivement sur leurs prétendues vérités respectives , scruter également les conditions absolues de la vérité que nous venons de lui indiquer à la fin du Programme présent des Conférences philosophiques, et que nous indiquons ici généralement à tout homme qui dorénavant voudra faire prévaloir ses opinions. On comprendra au moins que nous-mêmes nous ne saurions désormais donner une attention sérieuse à tout ce qui nous serait adressé sans tenir compte exactement de ces indispensables conditions absolues de la vérité.

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