INTRODUCTION GENERALE
Il existe notoirement^ pour les vérités absolues, deux sources distinctes, la révélation divine et la raison humaine. De la première découlent les vérités religieuses , et de la seconde les vérités philosophiques. Vu leurs respectives origines distinctes , les vérités religieuses sont considérées comme sacrées , et les vérités philosophiques comme profanes.
D'après ces dénominations distinctes, on croirait que ce sont là des vérités différentes. Cependant, d'après l'idéal que nous en avons, la vérité doit être une et la même, quelle que soit la source de laquelle elle provient. 11 s'est donc présenté finalement le problème de faire cesser cette apparente différence entre les vérités religieuses cl les vérités philosophiques. Et c'est la doctrine du Messianisme qui a résolu ce difficile et jusqu'à ce jour insoluble problème, en opérant une union finale entre la religion et la philosophie, et en réalisant ainsi, tout à la fois, la religion absolue et la philosophie absolue.
Ce n'est pas ici le lieu, dans cette Introduction, de faire savoir comment cette union finale et tant désirée a pu être opérée. C'est là proprement l'objet de toute la doctrine du Messianisme. Tout ce que nous pouvons faire pour laisser entrevoir ce nouvel ordre de vérités, c'est de signaler au moins leurs respectifs principes et leurs respectifs résultats. — Or, pour ce qui concerne d'abord leurs principes, nous découvrons que les vérités religieuses, données par la révélation divine , ne sont que des problèmes des vérités absolues , et que les vérités
(*) Ce Prospectus se trouve au dijpôt général des ouvrages messianique!!, à McU . à la librairie de M. Alcan , rue de la Cathédrale, no. 1 (Juin 1850).
philosophiques correspondantes, obtenue, n.. . •
^«•-^s de ces problèn^es proposés à H n ' '"''" ^"'"''"^^ ^''^^^^ offrir les Pons>nes, forn^ent provisoirelnt es J "I ' ''^ "^ P''°'''^-'^« qui nie
-cerne ensuite les résultats, nous dtuC^^^^ reHgion. Et poV ' TTu
a la d couverte et à la réalisation du bien ''"'^' ''•''*§'^»«^« conduisent
au rétablissement de Vétre absolu dans l'hl "" '"'' '' ''"''' '' P^^ conséoun -^-ent. à leur tour, à la découverte ^l ' 1^' ^T ''' ^'"''^ Pl^ilosop que ^« erre, et par conséquent au développlen du T '" ^"^' — -
Jl conviendrait ainsi, avant d'aborder a . . r*' ''^'°^'' '^^"^ '''^««^'«e
origines respedives elte ' '™''' fi'^'Phiques , elle/ LT 'h T"*'
:v:"-"^- -NOUS :.,or:;;::2f ,«-''-»> ^-^ '«"-:;„!:„■
«e genèse ,héoIogi,„, „„i,„eij;, "|J«7'.'--"' «»=■, en J«„i : '"' «"' elle-même esl donnée nar ..^ . """"'-So'nte par la |„i jj . .
»J»e„,es de phi,„«p„ie, ég.lememp "le /'""""'"" ""S'^'™ * '«-Tes ""' f"" ' '- *'iui,«„, de même e " . '*'°° '"''"■' '""■ ««"mplisse
Seneliques. „„„» ,e„,ro,s dljà dans e "i "°" "*''"'" "' «« l'"- l^bleau,
'™ l^« smiral de „„ire Prolclu7 PU ^ ' '°"™= ""'"i l'a.ons dit
"«■■■, ponr objet principal ""'f"'""' ' *<="' périodique dont il sa.Kl
'especti,emenl les deu. Il "'" ''=" ^""'^ seerels nue se „
- 'ableaux, eelu, d " v^ï S """" '"' "™^ »""- P' *'« L'I I «o«mml »e« .„, . ,, ." «''«'rnscs , se trouve comme « ,•
«cl.l.e. la lu.;!;™;';, -"i^/ S. M. Pempe::" 'de Tutr" af
^™ *^^^^^^^ " - iinn;: '"nf ' rau':"""d '°" -p-en. de\ «Se f i ^4::: t'Tr'- - ''"^ -t
P«'e. qu. est annexé à ÏÉpUre secrète
adressée à S. E. le prince Louis-Napoléon, président de la République française, afin d'éclairer l'Occident ou l'Ancien monde civilisé sur son imminente ruine morale, résultant de l'inextricable confusion générale de toutes ses idées, politiques, religieuses, industrielles et philosophiques, en un mot, résultant de sa présomptueuse et slupide incapacité actuelle de concevoir que la vérité peut exister dans le monde.
Mais, pour l'intelligence des deux tableaux que nous allons produire, et dont la forme n'est pas encore connue généralement du public , nous devons dire ici quelques mots concernant la méthode nouvelle et absolue que suit notre doctrine du Messianisme , et de laquelle précisément résulte cette forme encore inconnue de nos tableaux génétiques. — Or, pour pouvoir signaler ici la méthode infaillible que suit la doctrine absolue du Messianisme, nous devons faire savoir que la raison de l'homme, qui est l'accomplissement de l'infinie liberté créatrice de Dieu, se manifeste progressivement dans trois degrés de plus en plus épurés e( élevés les uns au-dessus des autres. — Dans le premier degré de sa manifestation , la Raison apparaît d'abord dans le Sentiment de l'homme , où elle constitue la Foi (*). Et dans cette première manifestation, où elle se trouve en quelque sorte incorporée dans notre Sentiment, elle suit ses replis profonds et se livre ainsi au Mysticisme, lorsqu'elle s'écarte de notre sainte révélation proférée. C'est là le caractère distinctif du Catholicisme, du moins dans les limites étroites où il a voulu et veut encore se renfermer jusqu'à ce jour. — Dans le second degré de sa manifestation, la Raison apparaît clairement dans la Cognilion de l'homme, où elle constitue alors la Raiso.n' temporelle. Et dans cette deuxième manifestation, où elle se trouve incorporée dans notre Intellect, elle suit les lois logiques de cet Intellect, ou plutôt elle y établit ces lois de notre logisme , c'est-à-dire , l'existence et la connexion des principes et des conséquences. C'est là, à son tour, le caractère distinctif du Protestantisme, surtout lorsque , en s'écartant à son tour de notre sainte révélation proférée , il s'attache trop exclusivement à ce temporel ou terrestre logisme de l'homme, comme il le fait dans ses écarts extrêmes, par exemple, dans celui du Socinianisme. Enfin, dans le troisième degré de sa manifestation , la Raison apparaît dans toute sa pureté , c'est-à-dire , entièrement dégagée des entraves physiques de l'organisation actuelle ou terrestre de notre intelligence ou de notre esprit , pureté ou elle constitue définitivement la Raison absolue , ce véritable accomplissement de l'infinie liberté créatrice de Dieu. Et dans celte dernière manifestation, ou elle est libérée des entraves temporelles ou terrestres du Sentiment et de la Cogni-
( * ) Il faut admirer l'ignorance psychologique de quelques ecclésiastiques qui. pour se débarrasser des prétentions de la Raison , disent que la Foi est une Taculté supérieure à la Raison ; tandis que, comme on vient de le voir, la Foi n'est que la plus faible manircstation do la Raison. Bien plus , ces ecclésiastiques perdent de vue qu'en voulaut placer la Foi au-dessus de la Raistin . ils la déclarent ôlrc une Déraison ; car , tout ce qui e^t hors de la Raison , n'importe où , à côté , au-dessous , et même au-dessus , n'est plus la Raison et ne saurait conséquemmeut être rien autre que la Déraison.
tion, et par conséquent de leurs respectives lois inertes, du mysticisme et du Jogisrae, la Raison ne suit plus que la loi de création, cette loi primordiale que Dieu a imposée à sa propre et infinie liberté créatrice, afin d'en régler l'action en la dirigeant vers le but final de la création, vers ce but suprême qu'il a conçu par son infinie sagesse. C'est donc là également, dans cette application exclusive de la toute puissante loi de création, que se trouve le caractère dislinctif de la présente doctrine du Messianisme. Et c'est évidemment cette direction infaillible, celle que la loi de création donne à la Raison absolue de l'homme,, qui constitue la voie principale de la méthode génétique, de cette méthode conséquemment infaillible que suit la doctrine du Messianisme , et qui est ainsi la méthode distinctive de cette doctrine absolue.
Nous disons que l'application de la loi de création est la voie principale de la méthode génétique, parce que cette méthode suprême implique en outre une voie accessoire qui lui est indiquée par la loi du progrès , cette deuxième loi primordiale de Dieu. — En effet , autant qu'il a fallu régler , par la loi de création, l'infinie liberté créatrice, ce premier élément universel de Dieu, pour la diriger vers le but suprême de la création, autant il a fallu régler, par une deuxième loi primordiale , l'infinie nécessité d'évolution inerte , ce deuxième élément universel de Dieu , pour la diriger également vers ce but suprême de la création. Et c'est ce que Dieu a pu faire en donnant à cette nécessité infinie son accomplissement dans le Destin, comme il a donné à sa liberté infinie un accomplissement dans la Raison, et en limitant ainsi l'extension infinie de ces deux éléments universels de sa divinité, par deux lois primordiales et correspondantes à ces deux éléments divins , afin de diriger leurs actions respectives vers le but suprême que Dieu, par sa sagesse infinie, a conçu pour la création. Or, nous avons déjà vu plus haut que , pour limiter ainsi , dans la Raison , son infinie liberté créatrice , il a assigné à la Raison , nommément à la Raison absolue, la loi de création, formant ainsi la première loi primordiale de Dieu. Et pour limiter également, dans le Destin, son infinie nécessité d'évolution inerte , il lui a donné une prédestination , en impliquant , dans cette évolution inerte de la nécessité, une direction également inerte vers la production constante du vrai et du bien dans le monde. Et c'est cette direction aveugle du Destin qui constitue la loi du progrès, formant ainsi la seconde loi primordiale de Dieu.
On conçoit par là que la vraie et complète méthode génétique, celle que suit noire doctrine absolue du Messianisme, implique nécessairement, d'abord, comme voie principale, la loi de création, et de plus, comme voie accessoire, la loi du progrès, telle que nous venons de la déterminer. El l'on conçoit de plus qu'aussitôt que la Raison absolue est développée dans l'homme, elle ne suit ni ne peut suivre d'autres guides que les directions que lui indiquent respectivement ces deux lois primordiales de Dieu, la loi de création et la loi du progrès, au point que la vérité qui est imposée à la Raison absolue par ces deux lois directrices, confère à cette Raison suprême de l'homme la faculté d'une véritable intuition créatrice. — Toutefois, et on le conçoit également, cette haute intuition ne peut
-sise manifester à l'homme que lorsqu'il a réellement développé en lui sa Raison absolue , et par conséquent qu'elle ne peut se manifester que dans un degré correspondant à celui de ce développement spontané de sa Raison. Ainsi, lorsque ce développement ne porte encore que sur la loi du progrès j en tant que, par ce premier degré du développement de sa Raison absolue, l'homme peut, dans la progression des événements moraux du monde, pressentir le Vrai et le Bien, son intuition créatrice n'est encore qu'une simple intuition intellectuelle. — C'est celle que Schelling , et avec lui plusieurs des derniers grands philosophes allemands , paraissent avoir éprouvée assez clairement , par suite de leur développement de ce premier degré de la Raison absolue j dans leur haute philosophie transcendante. — Et lorsque le développement de la Raison absolue porte de plus sur la loi de création, en tant que, par ce deuxième et dernier degré du développement spontané de la Raison, l'homme peut, pour la découverte des vérités religieuses et philosophiques, spécialement des vérités scientifiques, discerner leur génération progressive, son intuition créatrice devient alors une véritable i.NTUiTio.N GÉNÉTIQUE. — C'cst ccllc qui a présidé à la production de la doctrine du Messianisme, nommément, à sa Réforme du Savoir humain, dans toutes ses branches, scientifiques, philosophiques et religieuses.
Quant à la découverte de la loi de création et de la loi du progrès , elles ont été obtenues immédiatement à priori , par le développement génétique de l'essence intime de l'Archi-Absolu dans la création propre de Dieu , comme on le voit dans le premier ordre de notre Prototype de la Création de l'Univers, qui est donné dans notre réforme de la philosophie, formant le tome II de la Réforme du Savoir humain. Et quant à la construction spéciale de chacune de de ces deux lois primordiales de Dieu, elle résulte de même, immédiatement à priori , de la genèse spéciale que suit notre Prototype de la Création de l'Univers; nommément, la première de ces deux lois divines, la loi de création, résulte immédiatement de la genèse spéciale du premier ordre de ce Prototype de la Création, c'csl-à-dire, de la loi même que suit la Création propre de Dieu, et la seconde de ces deux lois divines, la loi du progrès, résulte, à son tour, et toujours immédiatement, de la genèse spéciale que suit le septième ou dernier ordre de ce même Prototype de la Création, c'est-à-dire, de la loi que suit le Développement progressif de l'Humanité.
Mais, pour l'intelligence des deux tableaux génétiques que nous allons produire ici, afin d'offrir préalablement un résumé scientifique des vérités religieuses et des vérités philosophiques, telles qu'elles doivent s'accomplir actuellement, dans les prochaines destinées de l' humanité, on n'aura d'abord besoin de connaître que la première de ces deux lois primordiales de Dieu, nommément, la loi de création. — Or, pour faire connaître cette première loi, indépendamment de sa susdite manifestation immédiate dans la détermination que suit la genèse spéciale du premier ordre de notre Prototype de la Création, nous l'avons établie provisoirement par deux procédés purement logiques de notre raison temporelle, nommément, par son induction de réalités créées, et par sa déduction de principes créés; procédés qui,
comme purement logiques ^ sont sans doute insuffisants pour atteindre les régions f/énctiques où s'établit la loi de création, mais qui suffisaient provisoirement pour indiquer au moins la conlexture de la construction absolue de celte loi suprême. C'est ainsi en effet que^ d'abord dans les Prolégomènes du Messianisme, nous avons fait connaître la loi de création, en la tirant j par induction, des principales réalités intellectuelles j morales et physiques, qui sont créées, nommément, d'une part, des réalités morales qui forment l'objet de la Politique, et de l'autre part, des réalités physiques qui font l'objet des Mathématiques, spécialement, de l'Algorithmie et de la Géométrie (*). Nous y avons de plus signalé immédiatement les trois lois fondamentales qui président à la création de tout système spécial de réalités , et qui , sous les noms de loi suprême , de principe téléologique ou de finalité, et de problème universel, constituent la trinomie génétique d'un tel système de réalités. Et c'est encore ainsi qu'ensuite, dans le tome I de la Réforme du Savoir humain, en y abordant la réforme des mathématiques, comme prototype de la réforme générale des sciences , nous avons préalablement fait connaître la loi de création, en la tirant, par déduction, de principes philosophiques connus, c'està-dire, de réalités créées qui forment ces principes. Nous y avons également signalé la décisive trinomie génétique que nous venons de nommer et qui préside à la création de tout système de réalités, constituant une partie intégrante de l'Univers.
C'est donc à ces ouvrages que nous devons renvoyer le lecteur afin de lui faire acquérir, de la loi de création , une connaissance suffisante pour l'intelligence des deux tableaux génétiques que nous allons produire et qui sont construits d'après cette loi primordiale de Dieu. — Tout ce que nous pouvons faire ici, pour les personnes qui n'auraient pas sous les yeux les ouvrages que nous venons de citer, ou qui n'auraient pas immédiatement le temps de les approfondir, c'est de produire ici un grossier aperçu de la loi de création , formant en quelque sorte sa construction architectonique , sa bâtisse génétique, dont les parties constituantes n'y sont expliquées que par les noms signiticalifs qui leur sont attribués; noms dont les abréviations, par lesquelles nous les désignons dans nos tableaux génétiques, y sont également indiqués. Nous pensons qu'en approfondissant cette simple construction de la loi en question, par les noms qui sont attribués à ses parties constituantes, et qui dérivent des deux réalités élémentaires du monde, du savoir fdas WissenJ et de I'ètre (das Seyn), le lecteur pourra déjà saisir ou du moins entrevoir l'esprit génétique de la loi de création. — Voici donc cette construction architectonique de la loi primordiale dont il s'agit.
(*) Déjà en 1810, lorsque nous fitnes connaître à l'Institut de France la loi suprême des Mathématiques, nous avons présenté ces deux tableaux génétiques de l'Algorithmie et de la Géométrie, tels qu'ils ont été reproduits en 1811 dans notre Philosophie des Mathématiques. Mais, ce corps savant, qui fut frappé de surprise à l'apparition de la loi suprême des Mathématiques, ne comprit rien à la loi de création qui était produite dans les deux tableaux annexés à cette loi suprême.