‹ Épitre a Sa Majesté l'empereur de RussieChapitre 22 sur 46 · A VARSOVIE · texte numérisé non relu

A VARSOVIE

Au moment où nous terminons ce Prospectus , nous apprenons , par les voix publiques, que le but du Congrès de Varsovie est principalement Vexamen de l'état moral de l'Europe. — Il est de notre devoir de déclarer ici que ce but ne saurait être atteint; et par conséquent que les résolutions qui, en vue de ce but, seront prises par le Congrès, seront, non-seulement sans eflicacitc, mais do plus pleines de dangers.

En effet, l'état moral de l'Europe est précisément le grand problème actuel de l'humanité. Et certes, ce n'est pas l'autorité politique qui pourra le résoudre. La preuve de cette impossibilité est donnée immédiatement par l'impossibilité même où se trouvent tous les gouvernements des pays civilisés, d'établir, dans leurs Etats respectifs, un permanent onnnE moh.\l, fondé sur l'aveu des peuples cl indépendant du concours de la force armée. — C'est cette Impossibilité actuelle ,

constatée par l'incessant désordre révolutionnaire, qui est, en partie, l'objet principal de VEpUre secrète que nous adressons au prince Louis-Napoléon ^ en su qualité de Président de la République française. — Nous ne saurions reproduire ici la démonstration irréfragable de cette sinistre situation politique du monde civilisé. Mais, nous pouvons, ou plutôt nous devons, en nous fondant sur celte démonstration irrécusable , prévenir humblement les souverains réunis au Congrès de Varsovie, que leurs elIorls, pour rétablir l'ordre moral en Europe, seront tout à fait infructueux, et causeront même immanquablement, par l'actuelle ignorance universelle des conditions de l'humanité, des irritations profondes qui seront considérées comme des atteintes de lèse-humanité , et dont les terribles explosions pourront amener la ruine du monde civilisé. — Nous ne craignons pas de manquer aux convenances, ni surtout au respect que nous devons aux tètes couronnées auxquelles nous prenons la liberté de porter humblement ce grave avertissement, parce que la vérité que, dans cette occasion aussi critique que solennelle, le devoir nous oblige de déclarer ainsi , est maintenant consignée en caractères ineffaçables. En effet , cette grave et fatale vérité est maintenant établie , non-seulement par de simples déductions philosophiques, mais de plus par de rigoureuses formules mathématiques, fondées en outre sur des principes absolus et par conséquent infaillibles, dans l'ouvrage décisif que nous venons d'annoncer, dans l'Epitre secrète adressée au prince Louis-Napoléon, qu'avant même de pouvoir faire parvenir à sa haute destination, nous sommes prêts, vu l'urgence actuelle, à déposer au pied du trône des monarques à qui nous portons l'humble avertissement présent. — Puisse Dieu, pour l'actuel et prochain salut de l'humanité, inspirer à ces monarques l'auguste besoin de connaitre cette fatale vérité , avant de prononcer leurs terribles résolutions I

Il ne s'agit en effet, dans ce critique moment de l'émancipation de la raison humaine, de rien moins que de la ruine absolue du monde civilisé. Et par conséquent , c'est le fameux to bc or not to be que le Congrès de Varsovie aura à prononcer. — Heureusement, quelque fatale que puisse être cette sentence souveraine, l'humanité entière ne périra pas encore. La Providence a prévu cette catastrophe ou plutôt cette évolution progressive de l'humanité, en préparant, contre le monde qui périra, un monde nouveau qui, en lui succédant, continuera le développement ultérieur de l'humanité, auquel le vieux monde ne pourrait plus, par suite de son épuisement, fournir les forces nécessaires. Telle est en effet la destinée nouvelle de l'Orient qui, dans ce progressif développement de l'humanité , doit maintenant remplacer l'Occident , pour rapprocher l'homme de plus en plus de ses destinées finales sur la terre. Ce sont spécialement Its nombreuses nations slaves que la Providence a préparées ainsi pour remplir cette haute et peut-être finale mission divine, comme nous le découvrons dans le susdit Document secret que nous soumettons à l'empereur de Russie, en sa haute qualité, du moins virtuelle, de chef des nations slaves. Ce nouvel avenir moral de l'humanité, considéré sous tous les aspects, politique, religieux, et philosophique, surpassera toute l'attente que l'on pourrait s'en former aujourd'hui Malheureuse-

ment, car il faut tout acheter dans ce monde ^ cette brillante perspective est encore fort éloignée; et ce qui est pis, elle ne pourra être atteinte qu'après avoir versé des flots de sang et après avoir fait succomber ainsi entièrement l'ancien monde civilisé, pour établir, sur ses ruines, un nouveau monde éclairé, comme nous en dévoilons toutes les phases dans le Document secret que nous venons de rappeler. Il importe donc à l'actuel monde civilisé de se prémunir contre cet avenir aussi inévitable que sinistre; et pour cela, il suffirait que les lumières qui doivent alors éclairer l'Orient, fussent d'avance répandues dans l'Occident.

Nous ne saurions mieu.\, sur ces graves questions, porter la conviction aux souverains réunis au Congres de Varsovie, qu'en les suppliant humblement de remarquer que ce qui cause l'actuel désordre dans le monde, c'est l'absence universelle de la vérité; et par conséquent que l'unique moyen de faire cesser ce grave désordre, c'est la découverte de lx vérité sur l\ terre. Tant que cette découverte ne sera pas reconnue et proclamée, tous les ctl'orts des souverains, à côté de leur immense puissance physique, sont et demeureront infructueux. Telle est en effet l'unique solution possible du mystérieux problème qui, au degré actuel du développement de la raison de l'homme, est proposé ou plutôt imposé aux peuples et aux souverains qui les gouvernent.

Pour leur donner une preuve, s'il en est encore besoin, que tout, en politique et même en religion , dépend actuellement et uniquement de la découverte de la VÉRITÉ, nous prions les souverains, réunis au Congrès de Varsovie, de porter un instant leur auguste attention sur la fameuse question économique du soci.\lisme, sur cette question tant décriée qui néanmoins , sous mille formes différentes , tourmente aujourd'hui toutes les populations civilisées de l'Europe. — Eh bien , les gouvernements paraissent considérer cette question , et spécialement ses diverses théories, comme de folles utopies qui ne peuvent sérieusement provoquer que le rire, et qui ne méritent une véritable répression que dans leurs abus politiques.

— C'est une grave erreur. Et nous devons prévenir les souverains auxquels nous prenons la liberté de nous adresser ici, que, lorsque la vérité sera reconnue, on trouvera que le principe encore inconnu du socialisme, que les peuples pressentent déjà si vivement aujourd'hui, est, non -seulement un principe réel, mais surtout un principe fondamental de l'actuelle et imminente régénération sociale ; principe que, par conséquent, aucune force humaine ne pourra plus réprimer dans le monde.

— Pour mieux faire concevoir cette grave vérité , nous prions ceux qui pourraient s'y intéresser, d'approfondir ce que, dans notre Adresse aux Xa lions civilisées, après y avoir déterminé mathématiquoinent les lois de léconomie sociale, dans lesquelles pénètre à priori ce mystérieux principe du socialisme, nous y découvrons finalement sur la possibilité scientifique de faire cesser, sur la terre, la misère du peuple, c'est-à-dire, de la classe salariée, sans porter aucune atteinte aux autres classes de l'industrie sociale.

Nous terminerons cette Adresse aux souverains réunis au Congrès de Varsovie, et avec cette Adresse, nous terminerons ici le présent Prospectus général, par l'humble manifestation de la crainte que nous avons de ce que ces hautes vérités

nouvelles n'entrent peut-être pas encore dans l'horizon des idées de nos contemporains. Et dans ce cas^ nous renoncerions nécessairement à donner suite à la présente réalisation sur la terre de ces prématurées idées absolues.

Toutefois, ne pouvant alors offrir aucune utilité positive^ en indiquant la direction salutaire que, dans cette critique époque de l'humanité^ les souverains pourraient imprimer à leurs résolutions, nous devons essayer d'offrir au moins une utilité négative, en rappelant ici ce que, dans nos ouvrages messianiques, nous avons dévoilé sur les actuelles conditions de l'humanité, sur ces conditions morales qui, d'après ce que nous avons annoncé plus haut, concernant l'examen de l'état moral de l'Europe, paraissent être, à côté de la conciliation secondaire des intérêts politiques, l'objet principal du Congrès de Varsovie. Peut-être cet aperçu de la profonde et encore mystérieuse réforme morale de l'humanité, qui tourmente actuellement les peuples civilisés, pourra-t-elle, sinon provoquer une modération, du moins inspirer quelque réserve dans de trop décisives résolutions souveraines. Et cela serait déjà un grand avantage dans la présente lutte générale des idées, de laquelle, si elle n'est pas faussement comprimée, sortira nécessairement la vérité, car telle paraît être la direction providentielle de l'humanité; direction qu'il • ne faudrait pas, ce nous semble, trop contrarier.

Malheureusement, pour caractériser ainsi l'époque actuelle, nous ne pouvons retracer ici que ses progrès philosophiques, dont l'intelligence parfaite n'est pas généralement facile. Mais, parmi les souverains éclairés qui seront réunis au Congrès de Varsovie, et parmi les hommes illustres qui les y accompagneront, il y aura nécessairement des liommes d'une haute intelligence pour qui ces progrès philosophiques seront compréhensibles. D'ailleurs, nous abrégerons cette exposition m nous bornant à signaler ce qui, depuis la dernière réforme de la philosophie en Allemagne, a été découvert dans la présente doctrine du Messianisme. De plus, en ne nous arrêtant ici qu'au dernier terme auquel cette grande réforme philosophique est parvenue en Allemagne, c'est-à-dire, à l'idée auguste de I'identité PRIMITIVE nu s.ivoiu ET DE l'ètre DANS l'Absolu (*) , voyous simplement quelles doivent être maintenant les conséquences philosophiques de cette décisive conquête que, de nos jours, l'humanité vient ainsi de faire péremptoirement.

« Or, par celle positive détermination scientifique de l'idée de l'Absolu, la philosophie est enfin parvenue à fixer le caractère extérieur de ce principe ineondilionnel de toute réalité, et à poser formellement, dans ce caractère didactique, le problème de l'Absolu, de Dieu, si, d'après nos espérances religieuses, cet Être suprême existe ainsi réellemeut dans l'Absolu, dans celte source de toule réalité.— Et c'est là le bienfait que l'Allemagne apporte aujourd'hui à l'humanité, par sa reforme de la philosophie. Mais, c'est aussi là à quoi se borne la portée de cette grande réforme philosophique. »

« Il reste donc maintenant à l'humanilé, pour accomplir la création du vrai ABSOLU sur la terre, la tâche non moins difficile de donner la solutio.n définitive

• ) Par l'Absolu nous entendons ici VArrhi-Absulu.

et égaleuienl ilitlaclique de cet auguste problème de l'Absolu, c'est-à-dire, la tâche finale de découvrir rationnellement Tessence intime de l'Absolu, conforme à son caractère extérieur, fixé par la nouvelle philosophie germanique, et de déduire, de celte essence absolue, la création entière de l'univers, en suivant, dans cette création progressive, la marche génétique qu'elle a suivie elle-même en vertu de sa propre loi, c'est-à-dire, en vertu de la loi de création qui, comme la création elle-même, dérive immédiatement et simultanément de l'essence intime de l'Absolu. Et c'est là, dans ce qu'il reste actuellement à faire à l'humanité, la tâche immense du iMessiamsjie, déjà dans sa partie spéculative, constituant ainsi, et seulement à ces conditions finales et décisives , la vraie philosophie absolue. »

« II s'ensuit que, jusqu'à ce jour, la philosophie, et nommément la philosophie chrémalique, en se tenant dans le monde conditionnel des réalités créées, où toute CHOSE (zpÎK-' est donnée, n'a pu que suivre une marche râjresskc, en remontant successivement , de ces réalités , à leurs principes de plus en plus élevés, jusqu'à leur principe inconditionnel, c'est-à-dire, jusqu'à I'Absolu, à Dieu, auquel, comme nous venons de le voir, elle est parvenue effectivement dans sa dernière réforme en Germanie; tandis que, depuis ce moment, la philosophie, et nommément la philosophie achrématique, en découvrant l'essence de l'Absolu, et en se plaçant ainsi au delà des choses créées, dans le monde inconditionnel des PRINCIPES CRÉATEURS , suivi'a uuc marchc progressive, en descendant de ce principe absolu ou inconditionnel , à toutes les réalités créées, jusqu'à leur dernier terme, c'est-à-dire, jusqu'à I'ktre raisonnable, à l'Homme, qui couronne la création. »

« Mais, arrivée ainsi à la création de l'homme, la philosophie spéculative, formant notre philosophie absolue , se trouve arrêtée tout à coup , parce que , en outre des qualités physiques, comme créature appartenant au monde créé, l'homme, comme être raisonnable , possède des qualités hyperpliysiques , nommément , une spontanéité et même une virtualité créatrice, qui le détachent de ce monde créé et qui, à l'instar de l'Absolu ou du principe inconditionnel duquel sont ainsi dérivées toutes les réalités existantes, le placent au rang d'un nouveau cré.\teur, destiné à produire une création spéciale, indépendante de celle du monde créé, et par conséquent indépendante, du moins dans ses buis, de la loi de création, suivant laquelle, dans ce monde, se sont développées toutes les réalités existantes. — Or, c'est cette création spéciale, formant la fonction auguste de l'homme, et avant pour but l'accomplissement de la création divine du monde, qui devient alors l'objet de la philosophie pratique, constituant la partie essentielle du messianisme, en ce qu'elle requiert la connaissance des destinées finales des êtres raisonnables; destinées qui instituent la loi du progrès, d'après laquelle, et indépendamment de la loi de création, s'opère ainsi cette spéciiile et complémentaire création humaine. Seulement dans sa réalisation physique, sous les conditions du monde créé qu'elle doit accomplir, cette création humaine rentre nécessairement sous l'influence inévitable de la loi de création; comme on en voit un exemple dans notre philosophie de l'histoire, formant une partie de cette nouvelle philosophie pratique, ou les HUTs ABSOLUS du développement progressif de l'humanité, par lesquels l'être raison-

iiable parvient ainsi à créer lui-même sa propre immortalité, sont fixés par la loi DU PROGRÈS, mais où les moyens de réaliser ce développement dans le monde actuel ou créé, sont soumis nécessairement à la loi de création. »

« Il s'ensuit que la nouvelle philosophie pratique, telle qu'elle s'établit aujourd'hui dans la doctrine du Messianisme, embrasse deux objets essentiellement distincts, savoir, d'une part, les lois qui, par la création divine du monde, sont prescrites à l'action libre ou spontanée de l'homme, et qui constituent notoirement les LOIS MORALES, dcslinces à l'établissement d'un ordre libre et spontané parmi les hommes, en leur qualité de créatures, et de l'autre part, les lois qui, pour l'accompiissement humain de la création divine, sont fixées par l'homme lui-même, et qui constituent ainsi les lois messianiques, destinées à l'établissement et à l'obtention des buts absolus drs êtres raisonnables, de ces buts augustes que l'homme seul, en sa qualité de nouveau créateur, peut s'établir et doit atteindre pour la création du bien absolu sur la terre. — Ainsi , dans ce haut et final ordre de créalion qui concerne l'homme, et qui est à la fois divin et humain, il existe proprement, pour les èties raisonnables qui doivent réaliser cette fin auguste, deux conditions distinctes de leurs actions libres ou spontanées, savoir, la moralité, comme création divine, dépendant des lois morales qui régissent l'homme en sa qualité de créature, et la messianité , comme création humaine, dépendant des lois messianiques que l'homme se fixe lui-même en sa qualité de créateur de ses propres buts absolus. Et il est manifeste, par la rapide déduction que nous venons d'en donner, que la messianité forme le véritable but de la moralité, et qu'elle constitue ainsi, dans sa signification logique, le principe spéculatif par lequel la moralité recevra enfin sa fondation rationnelle. »

« C'est donc cette messianité créatrice, telle que nous la découvrons aujourd'hui, qui, comme base rationnelle de la moralité, et comme devoir suprême de l'homme, est cet idéal sublime vers lequel sont appelées actuellement, dans leurs vocations providentielles , les nations européennes , nommément , les nations romaines , spécialement les Français , dans leur mission politique , les nations germaniques , spécialement les Allemands , dans leur mission religieuse , et les nations slaves , spécialement les Russes et avec eux les Polonais , dans leur mission autonomique. En effet, c'est dans cet ordre messianique, c'est-à-dire, dans ce nouveau et supérieur ordre moral, où l'honmie, comme être raisonnable, doit luimême découvrir et fixer son propre but, que ces trois nations européennes, privilégiées ainsi par le destin , doivent trouver l'accomplissement de leurs missions respectives , savoir , les nations romaines doivent y trouver l'établissement d'un but nouveau et supérieur pour l'État, les nations germaniques doivent y trouver l'établissement d'un dogme nouveau et suprême pour l'Église, et les nations slaves doivent y trouver l'établissement d'un but final et suprême pour l'Humanité (*). »

« Mais revenons à la présente distinction des lois morales et des lois messia-

(■) C'est ce que l'auleur, comme apparlenant originaiicmetit aux naliuns slaves, viciil de faire dans la présente duclrine du Messianisine.

niques, à laquelle nous venons d'aboutir dans le présent aperçu iiislorique de la doctrine du Messianisme ^ en distinguant, d'une part, les lois qui, par la création divine du monde , sont prescrites à l'action libre ou spontanée de l'homme , considéré comme créature, et destiné ainsi à constituer et à subir un ordre libre avec ses semblables, et de l'autre part, les lois qui, pour l'accomplissement humain de la création divine, sont établies par l'homme lui-même, considéré comme nouveau créateur, et destiné à fixer lui-même ses buis absolus pour opérer la création du BIEN ABson sur la terre. — Malheureusement, l'espace et même l'objet spécial de ce Prospectus ne nous permettent pas d'entrer ici dans des développements ultérieurs sur ces deux conditions finales des êtres raisonnables, dont la première, la moralité, est la seule qui, jusqu'à ce jour, ait été reconnue par les hommes et déterminée, d'une manière didactique, par la philosophie et par la religion. Tout ce que nous devons ajouter ici pour la direction provisoire de l'Union -Absolue , surtout pour celle qui pourra déjà s'établir chez les nations slaves , c'est de prévenir que, par suite de la désunion entre Dieu et l'Homme, qui, depuis la création de l'idée absolue du mal par des êtres raisonnables, règne actuellement dans le monde, la religion peut seule guider Ihomme dans le développement de sa messianilé, pour le conduire à la création du bie.n absolu sur la terre. — Ainsi, dans cet avenir moral de l'humanité , le Clergé conservera ou plutôt augmentera son influence sacrée , en conservant toujours le dépôt de nos saints dogmes du christianisme , considérés dorénavant comme problèmes proposés par le Christ à la solution que l'homme, pour opérer son salut éternel, doit en donner lui-même, et en appliquant ensuite celte salutaire solution humaine, surtout celle du dogme du salut [ a Opporiet vos nasci denuo » ) au développement de la messianité dans l'homme, afin de le conduire à la création du bien absolu, c'est-à-dire, à sa cbé.\tion PUOPRE , opérant son immohtalité. Mais, pour que le Clergé puisse remplir cette haute fonction, la religion, nommément, r.\ncien et le Nouveau Testaments, doivent recevoir leurs parallèles accomplissements progressifs, en devenant, d'abord, christianisme ACCOMPLI, et enfin paraclétisme messianique; accomplissements qui, comme transition de la religion révélée à la religion absolue, formeront, dans la nouvelle philosophie pratique , la dernière partie ou la couronne du Messianisme. » « En ellet , c'est précisément de cette haute et encore inconnue messianité de l'homme, constituant le caractère distinctif de la virtualité créatrice dans l'être rai- .sonnable, et donnant par là même à riujinme une realité absolue et une dignité infinie, que dépend l'auguste fonction de sa création propre, qui constitue ainsi, par la production réelle et spontanée de son immortalité, le grand cl majestueux but final de la création de l'univers. El par conséquent , c'est de cette haute messianité, servant enfin de base ou de fondement rationnel à la moralité de l'homme, que dépend manifestement , dans notre ère critique , le progrès ultérieur et définitif (le l'humanité, tel que nous l'avons tracé dans le tableau de la philosophie de 1 histoire. C'est donc aussi de cette même messianité humaine que dépend aujourd'hui le prochain .wenir moral qui, d'après cette philosophie de l'histoire, formera la nouvelle cl nommcincnl la cinquième période de nos progrès, dans laquelle.

en suivant les susdites vocations providentielles des trois nations européennes, les peuples civilisés entrent aujourd'hui. »

« Et précisément parce qu'il n'existe pas encore ^ pour cette nouvelle marche de l'humanité, d'autres guides que ces simples vocations providentielles, dont les buts demeurent encore indéterminés et par conséquent inconnus, une nouvelle association humaine , une association messianique , doit se former actuellement , surtout parmi les nations slaves, sous le nom d'UNioN- Absolue, de Sainte-Alliance, ou de tout autre, et sous les auspices des vérités absolues que découvre le Messianisme en dévoilant ainsi, et pour la première fois, les véritables destinées finales de l'humanité. En effet, ni la science de la politique, ni celle de la théologie, ni même la philosophie, telles qu'elles existent aujourd'hui, en y comprenant la dernière réforme philosophique en Allemagne, n'ont encore aucune idée de ce prochain avenir messianique que le destin provoque chez les trois nations européennes, parce que toutes ces sciences existantes, même dans leurs plus hautes conceptions pratiques, ne sortent pas des régions de la moralité, de celte première des deux conditions finales dans la création des êtres raisonnables, et demeurent ainsi à une dislance infinie des régions absolues de la messianite, qui forment la seconde de ces conditions finales , hors laquelle celle auguste création des êtres raisonnables serait sans but et n'aurait conséquemment aucun sens raisonnable. Bien plus , ni les hommes d'État, ni les ministres de la religion, ni même les philosophes les plus profonds, ceux de l'Allemagne, n'ont encore aucun prcssenlimont formel de ce prochain avenir messianique de l'humanité, et ne peuvent ainsi, ni comprendre, ni même entrevoir le véritable sens des trois missions providentielles, des nations romaines, des nations germaniques, et des nations slaves, que le Messianisme dévoile aujourd'hui, et par lesquelles ces chefs du monde civilisé, les rois cl leurs ministres, les prêtres et les philosophes, sont encore eux-mêmes conduits en aveugles, et entraînés violemment. «

Oserions-nous supplier les souverains à qui nous nous adressons ici, de supposer, pour l'honneur de l'humanité, au moins la possibilité de cette infinie élévation et de celle créatrice puissance de la raison de l'homme? — Ils trouveraient alors, dans celle hypothèse, l'explication très-facile des deux extraordinaires phénomènes politiques, qui paralysent aujourd'hui toutes leurs nobles intentions, savoir: 1°. l'explicalion du fait singulier de ce que personne ne peut les éclairer sur la cause mystérieuse de l'actuel et incessant désordre révolutionnaire du monde; et 2". l'explication du fait non moins singulier de ce que, par aucune combinaison politique des moyens connus, c'est-à-dire, des moyens limités dans les régions de la seule moralité, les souverains ne peuvent ni ne pourront plus rétablir dans le monde un permanent (lidre moral.

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