TRADUIT LIBREMENT, OU IMITÉ DE L'’ANGLAIS
Quezs cris j'entends contre cette Union?
Quel bruit l’on fait pour une bagatelle ?
De Liberté c’est l’extrêème-onction:
N'est-il pas beau d’être délivré d’elle ?
Si nous étions dars la minorité, Ce ne serait, [car il ne faut pas feindre,] Que pour dix ans ; et la majorité N’aurait plus, lors, aucun droit de se plaindre.
Dans dix ans, donc; ou si vous disputez, Dans soixante ans, avec grande parade, Nous élirons soixante députés,
Et donnerons aux Français belle aubade.
Il leur convient, vraiment, de disputer, Race revèche, ignorante, imbécille, Sur là manière et le droit de voter.
Et le budget et la liste civile.
Lmsseaeeent
(*) Les lecteurs canadiens n’auront pas de peine à entendre le langage du prétendu unionaire du Haut-Canada, dans son vrai sens. Il faudrait peut-être un trop grand nombre de notes pour
le faire parfaitement comprendre à des lecteurs étrangers,
C’est curieux de les voir haranguer, T'ous les hivers, concernant les subsides :
Ïls sembleraient se plaire à nous narguer, Par leurs discours et leurs votes sordides.
Is ne voudraient donner que par lambeaux, Depuis quatre ans, comme font les abeilles : Pour leur montrer qu'ils ne sont que des sots, Nous secoûrons leur ruche à leurs oreilles.
S'ils chérissaient, comme ils disent, leur roi, Craindraient-ils tant de délier leur bour£t ; Et croiraient-ils l’état en désarroi, Si l'on puisait à pleins sceaux à la source ?
Jamais comme eux nous ne serons vilains :
Bien éloignés de marcher sur leur piste, A tout projet sous donneronc les mains, Et voterons permanemment la liste.
Dans le bassin nous jetterons un poids, Le poids pesant de l'aristocratie ; Et nous verrons éperdus et sans voix Ces grands fauteurs de la démocratie.
I] vaut bien mieux que nous tournions le rôt; Si peu nombreux, nous sommes gens d'élite :
Qui mieux que nous sait faire sonner haut Son dévoüment, et vanter son mérite ?
De leur guerrier, nommé Sarabtrnr, Ces Français font une grande parade ;
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Comme un Yankey, de son marin Pxrrr :
Des deux côtés, c’est pure gasconade.
Eh! qu’a donc fait, entre nous, ce &uerrier, Qu'on doive ainsi tant exalter sa gloire, Ceindre son front d’un immortel laurier, £4 :hamp d’honneur lui donner la victoire ?
« Quoi !» disent-ils, « près des quatre chemirs, « Avec trois cents Canadiens à sa suite, « Ï] combattit six mille Américains, « Les repoussa, leur fit prendre la fuite ;
« Sauva, par là, la province.» Vraiment, Pour en parler, voila bien grande chose!
L£onipas (a) en fit jadis autant,
Ou bien J’histoire est pour nous lettre-close.
Que leur sert-il de prôner leurs exploits ?
Nous possédons un plan tracé dans l’ombre, Pour les laisser moins puissants par les voix, En attendant qu'ils le soient par le nombre.
Nous avons fait ennemis des Français, Par une adroite et louable rubrique, | Et rendrons forts, dans le prochain congrès, Tous les Yankeys des bords de l'Amérique.
(a) Léonidas, roi de Sparte, ne repoussa pas l'ennemi, aux Thermopyles, “mme fit notre compatriote, à Chateauguay ; mais il défendit ce passage avec trois cents hommes, contre
| Varmée de XERxESs, et ne périt avec eux, qu'après avoir fait | mordre la poussière à plusieurs milliers de Porses,
Que si malgré notre précaution, Quelque Français veut faire une harangue, Faut qu’il renonce à sa préi:ntion ;
Nous leur otons l’usage de leur langue.
Enfin, nos plans sont si bien arrangés, Que nous ferons très-sûrement nos orges :
Si les Français s’en trouvent dérangés, Qu'ils aillent tous boire des eaux de Forges. (b}
(b) Bourg de Normandie, en France, célèbre par ses eaux minérales,
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