LE VIN D’ESPAGNE
CHanson, sur l’air: L’amilié vive et pure.
Comme amans qui s'engagent Sous les drapeaux de Vénus,
De mème se partagent Les sectateurs de Bacchus :
Rhin, falerne ou malvoisie, Rouge ou blanc, doux ou fumeux,
Le nectar et l’ambroisie, C'est le vin qui plaît le mieux.
Avec le mot Espagne,
Lu Tout au moins sept ou huit fois,
Comment rimer en agne ?
Essayons-le, toutefois :
Que l’essai manque ou prospère, Mon plaisir sera complet, Pourvu qu’on me verse un verre, Au bout de chaque couplet.
Le tokai d'Allemagne (a) Est fait pour les demi-dieux;
Moi, c’est le vin d’Espagne Qui me rend vif et joyeux :
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(a) De Hongrie, royaume appartenant à l’empereur d'Autriche, ù gi-devant empereur d'Allemagne. |
Sur ce goût si quelqu'un glose, Jl ne m'en prend nul soucis, Et je ne dis autre chose, Sinon, « Je suis fait ainsi.»
Et bourgogne et champagne Pour moi sont vins trop couteux ; Je bois du vin d'Espagne, Et ma bourse en est bien mieux :
Pour un rien je me contente, Et, sans être moins joyeux, Toujours ma tête est exempte De vertiges vaporeux, | 4
Ami du vin d'Espagne, Je me trouve, quand j’en boi, En pays de cocagne ; Nul n’est plus gaillard que moi :
Et du port et du madère Je ne crains pas les travaux ; Ma tête en est plus légère ; Mon corps en est plus dispos.
En ville, à la campagne, Mon sort est toujours heureux ; Buvant du vin d'Espagne, J’en puis avoir quand je veux:
Tandis qu'un gourmet enrage, B'il n’a ses vins favoris,