LE TEMPS
S’iz est un être irrésistible,
Dans ce qu’il fait, indépendant,
Impartial, indifférent,
À la prière innaccessible,
Contempteur d’un flatteur encens,
Sourd aux accens les plus touchans,
À tout, en un mot, insensible,
Cet être, certes, c’est le Temps.
Le Temps flétrit la fleur brillante,
Fane l’herbe au milieu du champ,
Gâte le fruit appétissant,
Sèche la plante nourrissante,
Pourrit l’arbre, ronge le fer,
Use l'argent, brise la pierre,
Fait d’une ville un cimetière,
Une solitude, un désert ;
Change le printems en automne,
En vieillards les vermeils enfants.
Non, le Temps n’épargne personne,
Ne respecte petits ni grands, Moissonne les lâches, les braves :
Ne ménage pas plus les rois - Que les derniers de leurs esclaves.
Rien ne peut soustraire à ses lois :
Il ne sait point, par complaisance,
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Our-par respect pous-la grandeur,
La beauté, l'esprit, la naissance,
Agir avec moins de rigueur ;.
Le teint frais, la taille élégante
Ne peuvent jamais, par malheur,
Ralentir sa: marche constante.
Alors qu’on fait réflexion
Qu'il n’est point de distinetion,
Point d’acception de personne,
Le roi'fait pitié sur son trône,
Le grand sous ses riches lambris ;-
La belle paraît moins aimable,
(C’est'a regret que je l’écris,)
La laide, moins désagréable,
Le vieillard, moins caduc ou gris ;
Le pauvre semble moins à plaindre,
Par cela qu’il a moins à craindre,
. Et moins à perdre au changement,
Et même. au dépérissement ; Le iche, moins digne d’envie.
L’unjique espoir est l’autre vie, Où, dans un éternel printemps,
Le corps tout brillänt de jeunesse, Et l’âme pleine d’allégresse, R Ne rodouteronit plus le Temps.
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