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Tel est riche en biens-fonds, et n’a qu'un seul enfant : Pour un écu par mois, ou six piastres par an, Assez, pour son état, il peut le faire instruire ; | Mais son curé n’a pu, jusqu’à présent, l’induire, Ni par sages discours, ni par graves raisons, Ni par avis privés, ni par communs sermons, | À faire pour son sang ce léger sacrifice :
Dominé, maitrisé par sa rustre avarice, « On se passe,» dit-il, «de grec et de latin « Bien plus facilement que de viande et de pain : » Ces mots semblent jurer avec son ignorance ; (Où les a-t-il appris ?) « une telle dépense, « Un tel déboursement mettrait ma bourse à sec.» Insensé, s’agit-il de latin et de grec ?
N'est-ce pas le français que ton fils doit apprendre ? Réponds, et ne feins pas de ne me point entendre : : Si jusqu’à la science il ne peut pas monter, | Qu'il sache donc, au moins, lire, écrire et compter, \ Il rit du bout des dents, et garde le silence : L’avarice l'emporte, il n’est plus d'espérance.
Il neige, il grêle, il gèle à fendre un diamant ; On arrive en janvier: un avare manant, | Voyant qu’au temps qu’il fait le marché sera mince Prend un frêle canot, et se met à la pince. (h) De la Pointe-Lévy traverser à Québec, En ce temps, c’est passer la Mer Rouge à pied sec. Qu’arrive-t-il ? pour vendre une poularde, une oie, Au milieu des glaçons, il perd tout et se noie.
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(4) On se sert de ce terme, dans ce pays, pour désigner | prouc, ou le devant d’un canot, LES RE 4
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Combien de gens sont morts à l'age de trente ans, Pour n’avoir pas voulu débourser trente francs! L’avarice, souvent, ressemble à la folie ; De même elle extravague, et de même s’oublie, « Ami, comment vas-tu, comment vont tes parens ?» Dit Blaise à Nicholas, qu’il n’a vu de trois ans : « D'où te vient cet ulcère aussi noir que de l’encre ? —« Je ne sais—Tu ne sais! malheureux, c’est un chancre. —« Un chancre! non—C'est donc un uleère malin. —« Peut-être.—Eh! que n’as-tu recours au :1édecin, « Plutât qu'être rongé ?—Je le ferais sans doute ; « Mais, Blaise, tu le sais, la médecine coûte !» L'insensé voulut vivre en dévorant son mal, Pour s’en aller après mourir à l’hapital ; R Non, parce qu’il était réduit à la misère ; Mais de peur d’appauvrir son unique héritière. Là, le riche fermier laisse pourrir son grain ; Il se vend quinze francs, il en demande vingt ; La récolte venue, il n’en aura pas douze ; Car l’avare, souvent, et s’aveugle et se blouse. Ici, le tavernier, peu content de son gain, Au moyen de l’eau, double et soñ rhum et son vin. Ce fermier veut semer, et n’a point dé semence ; Il va chez son voisin, où règne Pabondance, Lui demande un minot ou de seigle ou de pois : « Oui,» dit l’autre, « pourvu que tu m’en rendes trois. « Que dis-je, trois! c’est peu; tu m’en remettras quatre. —-« Quatre pour un! bon dieu!—Je n’en puis rien rabattre; « Ilest, je crois, permis de gagner sur un prêt. -« Oui, mais quatre pour un, c’est un fort intérêt.»
20 | Qu: fera l’homme pauvre? il n’a pas une ohole : dis | Il prend le grain du riche, et lui rend sa parole. | En proie à la misère, à la perpléxité, Il sème, en maudissant l’avide dureté De l’homme qui lui tient le couteau sous la gorge, s M Pour un ou deux boisseaux de bled, de seigle ou d'orge. | Che Se laisser follement mourir contre son bien; La Manger le bien d'autrui, pour conserver le sien, | « L’ Sont deux cas différents: l’un n’est que ridicule, | «Q: Mais l’autre est criminel, et veut de la férule : e Q L'un fait tort à soi-même, et l’autre à son prochain | « C° On n’est point scélérat quand on n’est que vilain: | «Qt Il faut garder en tout une juste mesure, | « Pa Et surtout distinguer l’intérêt de l’usure. | « Qt Le vilain est un fou qui fait rire de soi ; «Q L'usurier,. un méchant qui viole la loi; | «— C’est donc sur ce dernier qu’il faut faire main-basse ; | € — Jamais cet homme-là ne mérita de grâce. — | L'’usurier des humains trouble l’ordre et la paix : L' l Par lui le pauvre est pauvre et doit l’être à jamais. Oh! : I] fut, à mon avis, ménagé par Mozixret ; (1) Nes Boileau n’en parle pas d’un ton assez sévère : : » Cell Est ce par des bons-mots qu’on corrige ces gens ? | Cha: Ï1 leur faut du bâton ou du fouet sur les flancs. Mais | Mais je vois, à son air, que ma muse se fâche; Li Je lui ferme la bouche, et je finis ma tâche. {5 (i) Le meilleur des poëtes comiques : il a surpassé les anciens, mu et n’a pas encore été égalé par les modernes. L'Avcre est une $ publi
N de 905 plus belles comédice,
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