‹ Epitres, satires, chansons, épigrames, et autres pièces de vers [microforme]Chapitre 4 sur 52 · REP RENE · texte numérisé non relu

REP RENE

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Îls lui rirent au nez, comme on se l’imagine.

Il fallait voir Orgon, marchant dans sa cuisine, Regardant, maniant jusqu'aux moindres débris. Orgoni, aimant le vin jusqu’à se mettre gris,

Pour le boire, attendait que la liqueur fût sûre ; Jamais il n’eut l’esprit de la savourer pure :

On l’a vu gourmander les gens de sa maison,

Pour avoir, selon lui, mangé hors de saison :

« Il est,» leur disait-il, « juste qu’un homme dine ;

« Mais, manger le matin, qest mauvaise routine :

« On doit, pour être bien, ne faire qu’un repas;

« Et manger plusieurs fois, c’est œuvre de goujats.»

Au visage enfantin, à la voix féminine,

Vous connaissez Ormont, qui si souvent chemine :

Ormont est gentil homme, et mêrne un peu savant ;

Mais il est dominé par l’amour de l'argent : |

Du matin jusqu’au soir, cet amour-là le ronge ;

Î1 pense à l'or, le jour, et, la nuit, il y songe :

Dans ses rêves, souvent, il croit voir des monts d’or,

Et, d’aise tressaillant, ramasser un trésor. |

S’il lit, par passe-temps, son Boileau, son Horace,

Il est, chez ces auteurs, deux chapitres qu’il passe. Parlant d’un ton dévot, riant d’un air benin,

À le voir, vous diriez qu’.Ælidor est un saint :

Cet homme prête au mois, et même à la journée,

Et retire, à coup sûr, cent pour cent par année :

del oi dont il s’agit ici, étant étranger aux usages du Ca. nada, pouvait fort bien croire qu’on en usait dans ce pays comme dans celui de sa naissance,

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Vous croyez qu’Alidor prête pour s'enrichir ? Vous êtes dans l'erreur ; c’est pour faire plaisir : Non, ce n’est pas la soif de l’or qui le tourmente ; Mais il est d’une humeur tout-à-fait obligeante.

Un bâton à la main et le corps en avant, Richegris semble fuir ou voler en marchant :

Quoiqu'il ait cinquante ans, s’il n’en a pas soixante, Et qu’il possède au moins vingt mille écus de rente, Il n’est ni vieux ni riche assez pour épouser ; I! veut encor vieillir, encor thésauriser :

La toilette cst couteuse ei 1a ve est fort chère ; Si Richegris épouse, il mourra de misère.

« Eh!» va dire un plaisant, feignant d’être surpris, « Apprenez à connaître un peu mieux Richeoris ; « Peignez-le sous un jour un peu plus favorable ; « N’allez pas dire, au moins, qu’il n’est point charitable ; « Sachez qu’il a..— Quoi donc ? vêtu..—Non, mais nourri..— « Ah! vraiment, j'oubliais ..—Quoi ?..—Le poisson pourri.s Une année, en avril, sur la fin du carême, Parmi les indigens la misère est extrême ; Plein de compassion, Richegris fait prôner, Qu’abondammrent il a de l’anguiile à donner : Il en donne, en effet ; mais une marmelade, Où surnagent les vers, rend le mangeur malade, Qui, pour remerciment, s’adressant au donneur, Lui prodigue, indigné, le nom d’empoisonneur : Et non sañs quelque droit. Sidepuis lors il donne, C’est si secrètement, qv’il n’est vu de personne. Eh! qui pourrait blâmer Richegris d’avoir soin Que de ses charités nul ne soit le témoin ?

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Goural à ses voisins. veut démontrer que riche Peut, parfois, s’accorder et rimer avec chiche. De peur qu’on ne le puisse aisément réfuter, Lui-même, m’a-t-on dit, se plaît à raconter À quel nombre de tours, de ruses, de finesses,

1! sait avoir recours, pour croître ses richesses.

Jliboron ne voit, ue connaît que l'argent De bon, de précieux, d’estimable, de grand:

Les lettres, les beaux arts, les talens, le génie, Ne sont rien, à ses yeux, que fadaise et folie,

Tel, avec de grands biens, ne sait trouver comment Lire, se promener, s’égayer un moment.

De madame Drabeau racontons l'infortune :

Trente mille louis composant sa fortune,

A balayer, frotter, trotter en.sa maison, |

Elle passe son temps. Si la peur du démon Lui fait donner, parfois, quelque chose à l’église, Elle refuse tout pour la noble entreprise De son compatriote industrieux, savant,

Ce n’est pas, à l’ouir, qu’elle tienne à l’argents Mais, du matin au soir, attachée à Fouvrage, À peine de dormir a-t-elle le courage.

Malheureuse, inquiète, on conçoit l'embarras Où la mettent des biens dont elle n’use pas.

Si vous en avez trop, qu’une noble dépense Vous délivre à pronos de votre dépendance.

Je pourrais rapporter vingt exemples frappants” D'avares citadins ; mais parcourons les champs : Ce vice, dès longtems, peu satisfait des villes, Kat allé dans les champs chercher d’autres asiles,

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