‹ Épîtres, satires, chansons, epigrammes, et autres pièces de versChapitre 15 sur 40 · LE HEROS CANADIEN · texte numérisé non relu

LE HEROS CANADIEN

liA muse qui parfois m'inspire tJne épio^ramme, une chanson, D'Horace me prêtant la Ijrc, M'ordonne de hausser le ton, Pour chanter dignement la gloire Du héros qui, dans notre histoire.

S'est fuit un immortel renom.

Quel est ce guerrier magnanime Qu'on remarque entre six héros, (c) Que Pamour de la gloire anime, Et porte au2 cxpîoHs acs plus beaux ?

Ibïrville, nom que j'honore, Qui mérite de vivre encore, Inspire-moi des chants nouveaux.

Honneur de la chevalerie, Cherchant la gloire et le danger, 11 court partout où la patrie Succombe aux coups de l'étranger»

Les forêts, l'élément liquide, Le pôle, la zone torrîdé, Ne le sauraient décourasrer.

Du chevalier suivons les traces Dans les tristes climalâ du nord ;

{afLçB six autres fils de M. Lemeyne.

Région de Heige et de glaces^ Lu^bre image de la mort:

Tantôt œarinier intrépide, Tantôt fantassin homicidcj Tout succombe sous son effort

Souvent, dans son abord rapide.

Chez les ennemis de son roi,

Son nom,, comme celui d'ALCiDBi

Porte la ter^'eur et l'effroi :

Et dans leurs paniques alarmes,

Se troublant, jettant bas leurs armef,

ils se remettent sous sa lol^

Si l'ordre du roi ne l'appelle Dans les camps, parmi les soldftts,.

Soudain, entraîné par son zèle, Il vole au.milieU;des combats; Il entend alors la pairie, Qui d'une voix forte lui crie:- « Guerrier ne te repose pas*»-

Les guerriers n'ont plus rien à craindre, Quand Ibbrvillb est avec eux ; Ab ! que ses rivaux çont à plaindre, S'il est au milieu de ses preux l Deux fois aux rives acadiennes, ' Avec ^es bandes canadiennes, Il demeure victorieux.

lOD

Aatr« théâtre de f a gk>îr^ La grande Ile Anglaise (h) le T«ft Courir de victoire en vietoire»

Slntasser exploit sur exploit:.

A l'aspect seul de son épce, La Ville, (c) de terreur frappée»

Pu vainqueur reconnatt le droit.

La plage septentrionale

lie voit pour la -troisième fois ;

Mais, las! la tempête fatale

Le semble réduire aux abois :

Il n'a plus qu'un vaisseau sur quatre»

Et le sort Foblige à combattre

Ses ennemis, seul contre trois^^

Faut-il que le héros succombe»

Victime d'an malheureux sort?' Qu'il soit captif, ou que ht tombe Pour lui se trouve sur son bord?' Du combat quelle fut la suite?

L'un périt, l'autre pre^d la fcMtei, fit l'autre entre captif au port.

De spii rot le vœa ps^fîque L'éloignant du sein des combat^,^ pour le bien de la république»

(6) Llle de Terre-Neuve.

(e) St. Jean» capitale 4e k partie afiflaic» dé !1|e éa Ten^ Neavt.

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ir parait en d'autres climaîs i Se transportant de pingo en plage, Notre hi^ro» devient un sage, Et eaade de Douveaux états.

Ce grand Lomme comblé de gloirt Ibepvili-e, était Canadien ; Mais pour honorer sa mémoire, Son paya encor n'a fait rien i De ses bienfaits reconnaissante.

Ailleurs, (li) une ville naissante A pri^ non nom, et le retient.

(d) Otuu la Louiaiime.

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LES MŒURS ACADIENNi;S^

Flatok» dans «a Bép^tfîlQi^; Veut l'impofisibitité ; FtNÊLon, dans bi^ Bétiq!)«« Outre la^ réalité ; Ils peignent une chireèreA Un bonheur imaginaire, P'un faux éclat revêtus :

Restons, restons sur nos plages i Nous y trouvons de vraiiS sages»

Pe véritables vertus.

Quand» de l'heureuse Arcadi»

Çs offîrent la fiction^

Les Grecs, de notre Acadie

Nous font la description ;

Ici, les douces manières»

I^es vertus hospitalières^

Ont leur empire établi;

Ici, l'on revoit l'image

£t des mœurs du premier Âge„

£t d'un bonheur accompli.

Près de la rive fleurie D'un tranquille et clair ruisseau Serpentant dans la prairie, ^ Sur le penchant d'un coteau»

Dans le pM^tti^ de «Mta ft^^ Sarourant le frais ombi^e.

Libre dé aoins, de sonds-, Un homme à tête chenôe^ A contenanêe ingéntiej Tout près de* moi s*eit nJi^àiL

De Taccent de la tristesse.

Poussant un profond soupii^ Hélas !» dit-ily « la jeunesse Ne connsitt que le plaisir ; Mais, bientôt viennent les phktei, Les soins, lés soucis» les andntesi La triste séÛejdoa:

L'homme gtandit dans là jm»

Pour Tivre aux dMigrâi ^ V^^^ Mourir dans l'afflietiom

Veuillez,» lui dis-je, «mon père»»

Interrompant son prqpos.

De quelque terre étrangère Si TOUS avez fui les maux; Si ce n'est point tous distsaii»

D'un vojsg«. 94cessai^ei Me poAt^r par ^wA melhentb Par quel ûém de 9ati^ Quelle cru^ arveotus^ Vous s#Bnt0f Ift doulew.

• Je no, suis point en voyage,»

Dit le vieillard, aflligé.; Mais, quand j'étais, à ton âge, Mon enfant, j'ai voyagé ;.

J'ai fui ma douce patrie :

Loin de ma terre chérie,.

De mes frères, désolé, Dans le regret, Tamertume, Le noir chagrin qui cohsume.

Mes jours, depuis, ont coulé;

Ta veux connaître la caus** De mes maux,» ajouta-t-il; Ah ! trop complexe est la chose, Pour que j'en suive le ûl :

Maïs, si de nos jours prospères^ Si du bonheur de mes pères.

Le récit peut t'éjouir.

Je' vais t'en dire l'histoire ;- Écrite dans ma mémoire <i Je la tiens ; veuille Fouir..

Fécond en lacs, en rivières,- Partout baigné par la mer, Quoiqu'aux époques première*,.

Notre pays tût couvert De forôts immesurablesi Jamais d'hommes misérable*

n ne pat être appelé Le trkte oa pauvre habitacles Non plus qne le réceptacle Du criminel harcelé.

Amusement qui délasse, Ailleurs, de plus graves soint, Dans lea premiers temps, la chass* Pourvut aux premiers besoins, Nous fut de quelque ressource ; Mais bientôt d'une autre source»

Le bonheur nous fut acquis i .

Renonçant à l'aventiure.

Nous donnons à la culture Le sol par nos mains conquiaK

Bravant le froid, la bruine»

Et sans factices besoins.

Jamais de la médecine Nous n'invocâmes les soins* Chez nous, les cours de justice N'ont jamais puni le vice En crime dégénéré :

Point d'amoureuses intriguM \ Et des complots et des briguea Le nom même est ignoré.

Parmi nous, là politique Fut d'être franc et loyal ; D'abjurer toute répliqu»

Au commandement rojrail t

Chérissant, nos anciens Dfiattres, Pleins de respect pour nos prôlres, £t fermes dans notre foi ; Nul de nous ne fut rebelle ; Nul, brouillon; nul, infidèle :

Tout pour Dieu, tout pour le roi».

Le bonheur de notre vie Fut la médiocrité ; Nous la passions snns envie.

Dans notre humble honnêteté :

Par un travail ordinaire, Acquérant le nécessaire, Chez nous, l'on ne vit jamais Ni la hideuse indigence; Ni l'orguejjleuse opulence ; Ni cabanes» qI palais^

Parmi nous, l'argent fut rare ; L'or nous fut presque inconnu ; Mais,' à qui n'est point avare Faut-il un gros revenu ?

Avec le froment, l'aveine, Le lin,' le chanvre, la laine, Des ptauz, du sucre et du lait, £t tout ce qui s'en peut faire, Par industrie ordinaire, Qui n'eût été satisfait ?

Parfois, danâ mes rêveries, Reveuapt & mon printemps^

^ Je revois dans nos prairies.

Dans nos vergers, dans nos chaœpf^ Les gras troupeaux qui mugissent^ Les épis pleins qui jaunissent, Les fruits aux arbres pendant ; Et nos grepiers et nos granges, Des moissons et des vendanges, Ou pleins, ou se remplissant*

Oh I trop décevant mensonge t Très souvent, je crois revoir, De mon père, dans un songe, L'antique et simple manoir i De chaque meuble, à sa plaee, Ma mémoire me retrace Et la forme et la façon, Et son ordinaire usage 5 Me rappelle,^ enfin, l'image Et le train de la maison.

Mais, dans la maison voisine.

Faut-il que ce soit, hélas l En songe, que d'Angéline Je contemple les appas, Ses traits, sa taille div4ne f Que âa douceur enfantine Me rende aimant et joyeux t Ne ris pas de mon langage ; Car, mon enfant, à mon âge.

On ne peut être amoureux.

• Non, d'une smonreOM Mme « Je ne lem pins les erdenn,

• Et je treare, dins mon àtne,

■ Une «tttre toarce ft mes pUtuii t

■ Celle qui, par mariage,

■ Lorsque aérait venu l'agc, c Devait faite mon bonheur,

• Ne me laisse, avec sa taèitt < Traînée en terre étrangère)

• Qu'une aecab^nte douleur.

« Peut-étn, par la ten^éte. . . ..

« En mer je la tî» cingler >*

Id, le rleillard ('arrête ; Je vois ses larEoes couler ; Son cceur de chagrin te sem.

■ C'est bien,* Iti dis-je, ■ bob p^a )

• Tous avec assez conté i

« Par la douleur d'un c<ear taitdre,

■ Le plaisir de vous entendre

■ Serait trop cher acheté."

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