‹ Épîtres, satires, chansons, epigrammes, et autres pièces de versChapitre 2 sur 40 · IMPRIMÉES PAR LUDGER DUVERNAY, A VIMPRIMERIE DE LA JÛIXERTE · texte numérisé non relu

IMPRIMÉES PAR LUDGER DUVERNAY, A VIMPRIMERIE DE LA JÛIXERTE

'l'V.^^PREFACE.

A^Jî voulant narguer La plume maligne Prête à me morguer ; Non plu9 que briguer La faveur indigne D'un assentateur ; Défiant auteur^ D'une main crainti'oet Je livre au lecteur A Mon œuvre ckétive^

i '^b Fruit d'un lourd cerveau^

\ QiCd coups de marteau

:^ Jl faut que f active.

Pourtant^ dans ce caSf {Et d'autre», sans doute,) C*e8t le premier pas Que plus on redoute .• Car, quand on est loin.

Sans peine ni soin.

On poursuit la route.

Incertain d^abord, JThésite d'écrire ; Mais, bientôt, plus fart, Plu9 hardi, j'aspire A me faire lire.

aS

Prenant mon essor^ Je dis : ** Ma besogne •* Etant à ce points •' Ce sellait vergogne ** Qu^on ne la vit point .- Car^ j)lat ou sublime^ Tout auteur qui rime Attend des lecteurSy Comme un pantomime Veut des spectateurs.

Si sans JeUj sans verve^, J*ai malgré Minerve Travaillé mes vers.

Des lecteurs divers xTimplore indulgence z Si la bienveillance^ Arrive au soutien^ tPai ma récompense ^ Mes esprits de rifn Qui puisse déplaire Ne sont plus troublés ; JTobtiens mon salaire, Mes voeux sont comblés^

[Xfj^gÏÏMOM^

EPZTRES, SATniES, &c,

EPITRE ENFAîrriXE, (a)

i Mb. h. H...T, SUR LA CHASSE.

Allow S ! tout est-O prêt, as-tu ce qu'il convient ? Je suis si bien muni qu'il ne me manque rien. C'est trop dire, pourtant, car ma vue est si courte. Qu'à peine de dix pas je puis voir une tourte, (h) Mais je sais à cela quel remède cipporter ; C'est une longue-vue ; et je vais l'acheter.

L'un sur l'autre, pour lors, n'ayant nul avantage» On verra qui des deux en fera davantage.

Le gibier dans nos bois commence à se montrer ; Vite, point de lenteur, il le faut rencontrer : La paresse jamais ne valut rien qui vaille.

Je me fais fort d'abattre et la grive et la caille. Tu peux prendre sur toi de tuer l'étoumeau :

Je t'abandonne encor le merle et le perdreau. Le milan, le Viautour, et tout oiseau vorace, K'ont garde d'espérer que nous leur fassions grâce :

(a) Cotte é pitre, d'un écolier à un autre écolier plus jeune que^ lui, mérite-t-elle d'être mise sous les yeux du public ? Ce n'est pas à moi qu'il appartient d'en décider ; mais ei j*y parle à un enfant comme on aoit lui parler, pour en être écouté et goûté, j'ai atteint le seul but que je m'étais proposé.

(b) Le Dictionnaire de l'Académie Française dit taurtre ; maife je trouve dans Ricbelkt, tcurtej oiseau, turtuTy rimant avec courte, écourte, tmirtt, pâtisserie, et cette autorité doit être 8u^<« tante pour un rimeur.

Ce font des maliaiteura, det ememi» cruels»

Des êtres abhorrés du reste de» tniurtels !

Le meurtre, le earnage £si leur plus grande joie ;

Tout être, s'il est faible, est sûr d'être leur proie,

D'en être dévoré. Le gentil écureuil,

Dans mon sac, en tombant, trouvera son cercueil.

Eh ! pourquoi ? dira-t-on ; il n'est point hommiçide,

Et vouloir le tuer, c^st être bien perfide.

Non, mais il est voleur, il viole les lois ;

Pour se remplir le ventre, il dérobe nos noix :

Comme tel, il mérite, à mon gré, la torture $

Nous le ferons passer par une mort moins dure :

Il aurait expiré sur un honteux gibet ;

Nous l'en délivrerons d'un seul coup de mousquet.

Il pourrait bien se faire, ô tendre bécassine,

Que malgré soi l'on vînt enrichir la cuisine.

Mais ce sera bien pis, dans la chaude saison, Quand nous verrons venir les tourtes à foison^ En tourbillons ép^is passer par la campagne, Et, lasses de voler, gagner notre montagne ; Dans les marais bourbeux de la Pointe à Ménard, Comme en un pays sûr séjourner le canard ; La bécasse roder autour de nos fontaines, Le lièvre aux pieds légers gambader dans nos pltlnM ; Les tioûdes perdrix errer sur nos coteaux, Les pluviers abonder auprès de nos ruisseaux ; li'allouette, en un mot, la sarcelle étrangère, * Kous attendre fr la file a« bord de la rivière.

Q«aiit aus peiiCf oiteaux, j'en fait hitn pe« de Mt ;^ Les tu«r sûXkS raison, la chose De va pas :

Ayant, de tous côtés» des ennemis h craindre, Déjà, par leur faiblesse, ils sont assez ft plaindre : Ja les trouve d'ailleurs et gentils et mignons ; Pour tout dire, en un mot, nous les épargnerons. Mais si la grue ft tort voulait entrer en guerre, Son cou long de deux pieds ne lui servirait guère : Ses ailes, son grand bec ne la sauveraient pas ; Un seul coup suffirait pour la jetter à bas ; EUle verrait alors qu'elle était mal armée ; Qu'il ne s'agissait pas de combattre un pigmée. . De même le hibou, pour sa grande laideur, Et parce qu'il n'est bon qu'à donner de la peur. Recevrait, à coup sûr, au milieu de sa fale, Ou bien sur Sa caboche, une funeste balle :

Le butor, pour soa cri propre à nous effrajer, De la belle façon sa verrait foudroyer :

La triste poule-d'éau, qui prédit à la terre L'orage, écraserait sous un coup de tonnerre ; Et ce lugubre oiseau, qu'on n'entend que de nuit, Si je l'appercevais, serait bientôt détruit. ~ Kn£n, tout oiseau sale et de mauvais augure Se verrait, sur-le-champ, déchirer la figure.

En voilà bien assez, il est temps de finir ; Ce discours, à la fin, pourrait bien t'endermir. J'oubliais cependant un être détestable, Qu'arec granda raisoa To» n»mme enfant du diable ;

Ah t si ton mauVais sort, malheureux anim»!.

Te mettait devant mpi, que tu finirais mal î Oui, je te le proteste, une halle sifflante Te percerait le front, bête sale et puante.

Tu n'auras pas de peine à te rendre, je croi ; Tu chéris pour le moins la chasse autant que moi. Et d'en être privé ce te serait supplice.

Il n'est point, en effet, de plus noble exercice : Les plus fameux guerriers, en temps d'inaction. En firent presque tous leur occupation :

Cette occupation est partout rencontrée; Et, sans chercher, courir de contrée en contrée, Ismaêl et Nemrod, ces anciens conquérans, Furent de grands chasseurs dès leurs très jeunes ans. Les pajens ont jugé que la chasse était telle, Qu'il n'était pour un dieu de passion plus belle : Diane, dans les bois, courait après les cerfs ; (e) Apollon poursuivait les oiseaux dans les airs.

(c) On prononce comme s^il y avait cer9.

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