‹ Épîtres, satires, chansons, epigrammes, et autres pièces de versChapitre 7 sur 40 · CONTRE L'IGNORANCE · texte numérisé non relu

CONTRE L'IGNORANCE

Mon étoile, en naissant, ne m'a point fait^poête ; Et je erains que du ciel Vinftuenee Secrète (a) Ne Tienne point exprès d'un beau feu m'animer : Mais comment résister à l'amour de rimer, Quand cet amour provient d'une honorable cause, Quand rimer et guérir sont une même chose ?

L'autre jour, arrivant au troisième feuillet Contre VAmbUion^ je reçois ce billet :

« Croyez-moi, cher ami, laissez-là la satire ; « Renoncez pour toujours au métier de médire :

< Ainsi que vous, je vois des torts et des travers ; « Mais jamais je n'en fis le sujet de mes vers,

c Et jamais je n'aurai cet étrange caprice.

« Je conviens qu'il est beau de combattre le vice ;

c Moi-même, je tiendrais la lutte à grand honneur,

< Si j'osais espérer de m'en tirer vainqueur.

< Mais, peut-on l'espérer ? Dans le siècle où nous sommes, « Est-ce bien par des vers qu'on corrige les hommes !

< Non, se l'imaginer serait un grand travers ;

c L'homme méchant se rit de la prose et des vers :

{a) Hémistiche de Boileau. .

* Sojcz bien coDraincu. qu'il e«t incorrigible» f Et o'a^ez pas le tort de tenter l'impossible.

♦ Cfoye«^rou8 que P t deiieime moias pcrycrs,

• Moins fourbe, moins menteur, pour avoir lu vos vers.^ f Bans devenir meilleur^ il en a bien lu d'autzes ;

f Quel efiet pourrait donc avoir sur lui les vôtres? « Tenez, ami, tenez votre esprit en repo«.»

Un autre me tencoi^tre, et me tient ce propos : « Chacun vous dit l'auteur des essais satiriques, « Que naguère on a his dans les feuilles publiques : « Tous vos amis pour vous en seraient bien fâchés, « Croiraient, par-là, vous voir expier vos péchés. « Que si votre destin à rimer vous oblige, «c Chosissez des sujets où rien ne nous afflige : « Des bords du Saguenay peignez-nous la hauteur, « Et de son large lit l'énorme profondeur ; « Ou du Montmorency l'admirable cascade, « Ou du Cap-Diamant l'étonnante esplanade.

« Le sol du Canada, sa végétation, « Présentent un champ vaste à la description ; « Tout s'y prête à ia rime, au moral, -au physique, « La culture des champs, les camps, la politique, « Dites-nous, pour chanter sur un ton favori, « Les exploits d'isERviLLii ou de Salabbrrt:

« Tous deux dans les combats se sont couverts de gloire ; « Ils méritent, tous deux, de vivre en la mémoire « Des vaillants Canadiens. Mais, aux travaux de Mars • Si de l'heureuse paix vous préférez les arts.

«.^Prenez ua autre ton; dites, dans l'Assemblée,

c Qui no«s conviendrait mieux» de Nxilsojst ou de Lte ; (hy

« £n quoi, de ce pays la constitution

« Est diverse, ou semblable à celle d'Albion ;

« Qui nous procurerait le plus grand avantage,

« De la tenure antique, ou du^ commun soccage.

« Si de ces grands objets vous craignez d'approcher,.

« Libre à vous de choisir, libre à vous de chercher

« Des sujets plus légers, des scènes plus riantes :

« Décrivez et les jeux, et les fêtes bruyantes ;

« Peignez les traits de Laure, ou ceux û'dmaryllit;

« Dites par quel moyen sont les champs embellis, '

• Les troupeaux engraissés ; comment se fait le sucre ;

c Qui, du chanvre ou du bled, produit le plus grand lucre ; .

c Par. quel art méconnu nos toiles blanchiraient ;

a Par quel procédé neuf nos draps s'affineraient.

« Enfin, le champ est vaste et la carrière immense.»

Qu'on veuille ouir (c) ma réponse, ou plutôt ma défense : Le sentier qu'on m'indique est déjà parcouru ; Et, l'Autre sdir, Phébus m'est en songe apparu, M'a tiré par l'oreille, et d'un moqueur sourire, « Crois-tu qu^punément l'on s« permet de rire,» M'a-t41 dit, « des neuf Soeurs, de IVlinerve et de mai ? « Elles ont eu, pourtant, quelque pitié de toi,

Jb) Ce vers indique Pépoque de la compoittioû de cette pièce ; e de l'élection contestée entre Mr. Neilaon et Mr. Lee, pour le Comté de C^ébec.

(c) Je crois qu'il en est d'ouir comme d'hier, et qu'on peut fairt ce mot d'une ou de deux ayUabes, suivant le besoin.

t Ont cru qu'il convenait d'entendre raillerie,

« Et n'ont, dans tes propos, ru qu'une étourderic î

« Minerve t'a laissé quelques grains de raison ;

« Les Muses, souriant comme à leur nourrisson,

« T'ont laissé parcourir les rives du Permesse,

« Et combattre âSseZ'iJîen V Envie et la Paresse.

« Moi-même, j'ai prescrit, me montrant indulgent,

« A ton grave délit ce léger châtimest î

« Tu n'iras point porter, sans mon feu, saùs ma graèe,

« Tes téméraires pas au sommet du Parnasse ;

« Tu resteras au bas : ainsi je l'ai voulu,

« Ainsi Ta décrété m($n pouvoir absolu :

« Tu seras, en un mot, plus rîmeùr que poète •

« Différent de celui que ton pays regrette,

« Qui, fort du beau génie et cle l'heureux talent

« Que des mains de Nature il reçut, en naissant,

« Et que je réchauffai de ma divine flammé,

« Brilla dans la chanson, l'épître et l'épigrammé,

u T montra de l'esprit les grâces et le sel :

« N'espère point, enfin, d'être un autre Quesnel : (d)

{d) Il n'est aucun Canadien tant soit peu instruit, qui n^ait lu au moins quelques unes des productions de feu Mr. Joseph Quesnel, et tiui n'y ait remarqué un vrai génie poëtique. Malgré quelques négligences, quelques fautes même de versification, et peut-être à cause de ces négligences mêmes, c'est bien de cet aimable et spirituel rimeur, qu'on peut dire qu'il était né poète. Il serait bien à désirer, selon moi, que ses ouvrages, du mmns tfes Œuvres choisiesj fussent enfin données au public, après lea corrections permises à un éditeur. On y trouverait, je n'en doute point, ce qui fait le plus grand mérite d'un livre, l'utile et j'-agréa* Sie, allant de compagnie, et se prêtant la main.

« Avant de rifn produire, il faudra que tu JottgUs, (e) « Et te grattes la tète, et te rognes les ongles ; « Et ta verve, asservie à mon divin pouvoir, « Ne s'exercera point au gré de ton vouloir.»

Apollon parlait mieux, mais je ne saurais rendre Le langage divin que je crus lors entendre. Ce dieu, pour me punir d'un coupable discours, Me défend de chanter les combats, les amours« Ne pourrait-on pas même appeller téméraires Mes efforts pour traiter des choses plus vulgaires, Si des esprits plus forts, des rimeurs plus experts. En ont fait) avant moi, le sujet de leurs vers ? Qui dirait le berger, l'abeille, après Virgile ? (/) Qui dirait les jardins, les champs, après Delille ? (g) Et} quand on l'oserait, y gagnerait-on bien, Serait-on bien compris, au pays canadien, Où les arts, le savoir, sont encor dans l'enfance ; Où règne, en souveraine, une crasse ignorance ? Peut-on y dire, en vers, rien de beau, rien de grand ? Non, l'ignorance oppose un obstacle puissant. Insurmontable même au succès de la lyre Qui s'élève au-dessus du ton commun de dire .

(e) JmgUri penser d'une manière vague et incongrue ; et populairement, dans ce pays, être absorbé dans ses pensées, ou rêver, non pas en dormant, mais en commençant à s'endormir^

(/) Immortel auteur des Bucdiques, des Géorgiquès et de VÈnHde.

{g) Auteur du poème des Jardins^ de celui de VHomme des ChampSf et de plusieurs autres ouvrages bien connus des amateurs de la belle et bonne poésie.

Commo on dit en famille, en cooTersation, Prodigue du tour neuf et de l'inYersion, L'un et l'autre proschts par la rustre ignorance. Par elle regardés comme une extravagance.

Oui, l'ignorance, ici, doit restrdndre un rimeor. Ou, s'il est obstiné, doit lui porter malheur : Pour l'ignorant lecteur, obscur, impénétrable. Il est qualifié d'insensé, d'exécrable ; On vous l'envoie au diable, à la maison des fbus. Particularisons : oO trouver, parmi nous, Qui ne confonde point le granit et le marbre ; Qui sache distinguer, sur la plante, ou sur l'arbre.

Style, pétaU, anthère, étamine, pistil; Qui du même oeil ne voie émeraude et béryl ; Qui de l'ordre toscan distingue l'ionique, Le convexe du plan, le carré du cubique ; Qui ne confonde point la bise et le zéphir»

'Le p6le et Péquateur, la z6ne et le nadir ; Qui n'ignore comment se soutient notre terre ; Pour qui le moindre effet ne soit un grand mystère, (k)

Pourtant, je ne veux point, d'un style exagéré]^ Dire, avec un auteur, que tout est empiré ; Que les premiers colons, nos ancêtres, nos pères» Furent, bien plus que nous, entourrés de lumières ;

(h) Ces exagérations ne sont que ponr faire entendre cernibien il y en a peu parmi nout qui aient du ^oût pourl^étudede PHiatoire natarelle, de la Géographie, de l'Architecture, de hi Géométrie, die la Physique, "de l'Astronomie, &c»

Qu'ils apprenaient Mên mîeitz le latin et k grec ; Que les arts âorisiaieat beaucoup plus dans Québec, Suivant moi, ce langage est loin d'être orthodoxe ; £t, pour mettre à néant ce hardi paradoxe»

Il n'est aucun besoin d'un long raisonnement; Un regard en arrière, un coup^d'œil le dément. Il suffît de savoir que, sous nofa*e ancien maître, Louis, nul imprimeur ici n'oK^ pWaltre ; Qu'on n'y faisait, Tendait ni.£rvè, ni journal : Voyez, à ce sujet, qùelqu^mots de Ratical ; (») L'exagération à part, on l'en peut croire.

Avant lui, Charlxvoix (j) oflGre, dans son histoire. D'une ignorance étrange un ezBi^^le frap^nt:

Un mal épidémique, inconnu, se répand, Met aux derniers abois ^ns les colons qu'il frappe : Ainsi qu'en pareils caSi^ux enfans d'Esc^LAPE {k} On recourt ; mais voyant tous leurs soins superflus. Us déclarent, tout net, qu'ils ne soigneront plus ; Proclament que le mal provient de maléfice ; Accusent des sorciers l'envie et la malice, fit, sans les secourir, laissent mourir les gens. Vit-on des médeciqs, ailleurs, plus ignorans ?

Non, certes t mais, sans faire aucun pas rétrograde,. Quelque part, (l) on a vu maint ignorant malade, '

(i) Auteur de VHistoire Philosophique et PdUique du Commerce et du ÊUablûsem^ns des Bttropéens dom Ui dtua: Indes,

(j) Auteur de VHistoire générale da la XœmUe France, et de plusieurs autres ouvrages.

{k) Fils d'Appolon, et die« de la médecine, suivant la mytho* logie.

(0 P(^culièrepient au Mé;ûque»

Qui, voyant dans son mal un ordre exprès des Cieaï^ Et dans les soins de Part un grand péché contre eux, Fuyait tout médecin, refusait tout remède. Mais, Dieu dit ? « Aide-toi, si tu veux que je t'Aide ;» Et, se laisser mourir, quand on peut l'empêcher. Ce n'est pas plaire au Ciel) c'est contre lui pécher.

Loin de moi, cependant, le dessein téméiaire De voir tout du même œil : l'ignorant volontaire De l'ignorant par sort doit être distingué, Et seul, sur son état, vertement harangué.

L'ignorant volontaire est toujours méprisahle. Pourtant, le temps n'est plus, où, chose inexplicable, Un noble campagnard paraissait dédaigner L'art de lire, était fier de ne savoir signer. Mais, e6t-il suffisant de ne faire un droit-lige De l'ignorance ? Non, il faut qu'on s'en afflige î Ignorer de son choix est un tort important :

Qu'est-ce, alors, l'ignorance, ou plutôt, l'ignorant ? L'ignorant est celui qui put, dans son enfance, Apprendre, mais, par goût, manqua de diligence ; Qui, pouvant être utile à ses concitoyens.

De les servir un jour négligea les moyens.

L'ignorant, quel qu'il soit, est un homme coupabl^ S'il se charge d'un soin dont il n'est pas capable. Qui croirait qu'on a vu plus d'un représentant, Par la foule porté dans notre parlement, Ignare jusrqu'au point de ne savoir pas lire. Et de la main d'autrui se servir pour écrire P

« A la ehambre,» dit-on, « si tous savaient parhr/ « Ils ne^ finiraient plus.» Mais, s'il faut leur souffler : Oui, wmy n'est-ce pas chose et honteuse et nuisible P

Quelquefois, l'ignorant ne se rend (|ue risible ; Surtout, quand, par son or ayant fait quelque bruit, Il commence à vouloir trancher de l'homme instruit : Oyez parler Toinon, oyez parler Beausire^ ' ^ Et, si vous le pouvez, abstenez- vous de rire. Un soir, la nappe otée, et le repas ^ni, De convives instruits un cercle réuni, Après mainte chanson, mainte plaisanterie, Parle des écrivains et de la librairie :

Chacun prône, défend son auteUr J*aVori :

L'un est pour Massillon, (m) et l'autre pour Maurt ; (m) L'un exalte Rousscau; (n) l'autre esalte Yoltairic : (r?) c Le plus beau des auteurs, c'est bien le Formulaire^* S'écrie un ignorant, croyant être applaudi.

Le cercle, du bon mot, tout d'abord, étourdi,

Se regarde, sourit, puis éclate de rire.

Si l'on en croit Rousseau, l'erreut est encor pire Que l'ignorance. Soit: mais Terreur est le fruit. Le triste rejetton, le malheureux produit.

De la présomption unie à l'ignorance ; Et de cette union naît encor l'imprudence.^ L'ignorant est peureux ; l'a'busé, confiant ; L'un hésite, incertain, et l'autre se méprend :

(mm) Auteurs de Sermons, &c. très estimés.

(nn) Écrivains philosophes, coiinua de tout le monde»

J^^nore où le danger gtt, craintif, je m'Mréite ;^ Je le suppose ailleurs, follement je m'y jetie. Mais Yojons pis encor que la présomption :

L^ignoraoce produit la saperstition ; Monstre informe, hideux, horrible^ détestable ; Four rhomme instruit néant, mais être formidable- Pour l'ignorant, surtout, pour notre agrieulteur ; De plus d'un aeddent inconcevable auteur ; Cakos, confusion de notions bicarrés, Roulant, s'accumulant dans des cerreanx ignares ^ D'où naissent, tour à tour, mille fantômes vains : Revenans, loups-garous, sylphes, sabbats, l^itins t Les nécromanciens, les sorts, l'astrologie, Le pouvoir des esprits, des sorciers, la magî©, £t mille autres erreurs dont le cerveau troublé Du superstitieu:! croit le monde peuplé.

Pour le peuple ingnorant, l'orage, le tonnerre. Les tourbillons de vent, les tremblemens de terre,. Tout est miraculeux, tout est jsurnaturel.

Heureux, encore heureux, si Dieu, si l'Étemel Est cru l'auteur puissant des effets qu'il admire, Ou leur cause première ; et si, dans son délire, Sous les noms de s()rcier,^ d'enchanteur, ou deTin» Il n'attribue à. lltomme un pouvoir surhumain : Le pouvoir de créer le vent et la tempête.

De s'élever en l'air, de se changer en bête ; De rendre un frais troupeau tout à coup languisiaitt,^ Une épouse stérile, un époux, iiqiraisaailt

Insensé, d'où vicadrait ce pouydr détestable ? Dis-moi si c'est de DijeU ; dÎB-moi si e*est du diable : li'attribuer au Ciel, c'ei^ blaspbêmej à mon gré ; Dire qu'il vient du diable, et (s'exerce malgré (p) l^ Tolonté de Dieu, ce serait pis esMsore :

L'un combat la bonté qu'en cet être on adore ; L'autre abaisse et détnût son suprême powroir. Delà, les mots^^acsés, les cyrles, le miroir. Les dés, les talismans, le sas, ks amuktteS) Folles inventions d'ignares femmelettas.

Il est d'autres erreurs mo^is couj^bles, au fond» Mais qui marquent toujours un esprit peu profond^ Un bomme peu sen3é, parfaitement ignare.

Ou, pour dire le moins, extrêmement bizarre.

Tel, des anciens jongleurs savourant les discours» £t de l'astre des nuits redoutant le décours, Four semer le navet, la carotte ou la prune»

Attend patiemment le croissant de la lune.

La lune, selon lui, fait croître les cheveux, Rend les remèdes vains, ou les travaux heureux : Dans son croissant, les vins, les viandes sont plus saines^ Les cancres, les homards, les huîtres sont plus pleines: De tout, enfin, la lune, en poursuivant son cours. Et selon qu'on la voi^ ea croissant ou décours»

(o) Quoi ! va-t-on s^écrier : une piéposition à la fin d*un vers^ et Bon régime an commencement du suivant ! Est-ce là une licence poétique^? J'avoue que je n'&i va cela nulle part dans nos bons poètes ; mats pourtant cela ne me parait pas aussi hardi que la morum Cumquej et autres licences d'Horace; et, d'ailleurs, si f oreille est satisfaite du petit repos qu'on peut trouver, ou mettre, entre malgré €t La vdoftté^ pourquoi l'e9]prit ne le Berait-41 pas. auflti?

£t gouverne -et conduit la crue ou la décrue, (p) De voyager, sortir, se montrer dans la rue, Même de commencer un ouvrage important, Tel autre écervelé se garde, re<}outant.

Ou des astres errants la maligne influence, Ou d'un jour malheureux la funeste présence.

Au village, quels sont les communs entretiens ? Il est vrai que, vivant en des elimats chrétien<>, Nos vierges ne vont pas, jongleuses Méxiéaines, Se flageller, tirer le sang pur de leurs veines. Pour, humaines, sauver un astre da trépas, Ou du moins du ménage appaiser les débats.

Quand, d'un brutal époux, dans la lune éclipsée, L'ignorance leur montre une épouse blessée ; Il est vrai qu'à l'aspect de ces astres brunis, Nos peuples ne vont pas, par la peur réunis, Et dévots^ jusqu'au cou plongés dans les rivières, Au Ciel pour leur^ialut adresser des prières ; Ou pour en éloigner un horrible dragon.

Et battre du tambour et tirer du canon.

Non, mais combien encore, à l'aspect des comètes. Se sentent inspirés, et deviennent prophètes ? Comme on dit au pays, prophètes de malheurs, Troublant leurs alentours de leurs folles terreurs ? Combien d'autres, voyant l'avenir dans leurs songes, Sont faits tristes ou gais par d'absurdes mensono^es ?

{p) Décrue est un mot de mon invention : jo le croii pour le moins aussi éléffant que cruef et dérivant aussi bien de décr&Ure que ce dernier de ercUre, '

l>efl 6tiper$titions le mode est infini.

Pourtant, ne faisons point un tableau fembruni : Bientôt, nous jouirons d'un horizon moins sombre ; Déjà, des gens instruits je vois crottre k nombre ; Déjà, Brassard^ {q) suivant les pas de Cuhatkau, (r) Donne ^u district du centre uû collège nouveau. £t, si mon vœu fervent, mon espoir ne m'abuse, • Ou plutôt, si j'en crois ma prophétique muse, (Une déesse, un dieu peut-il être menteur ?) Ce noble exemple aura plus d'un imitateur. («) Je crois même entrevoir, dans un avenir proche, Le temps, où, délivré d'un trop juste reproche. Où parle goût, les arts, le savoir illustré.

Comptant maint érudit, maint savant, maint lettré, Le peuple canadien, loué de sa vaillance.

Ne sera plus blâmé de sa rustre ignorance; OO, justement taxé d'exagération, Mon écrit, jadis vrai, deviendra fiction.

(o) Ftu MesBÎre Brassard ne fut {Mis, a proprement parler, le fondateur du Colley de Nicolet, mais d*une École devenue Collège, ou Petit-Sémmaire, par les soins bienfaisants et généreux du dernier Êvèque de Québec, feu Mgnr. Joseph Octave Plbssis.

(r) Tout le monde sait que Rétablissement du Collège de Montréal est dû à feu M. Curateau, prêtre du Séminaire de cette ville.

(«) L'événement a surpassé l'espérance qu'on pouvait raisonnablement concevoir en 1819 ; puisque depuis lors, c'est-à-dire dans l'espace de dix années, on a vu s'élever, successivement, les Collèges de St. Hyacinthe, de Cbambly et de Ste. Anne de la Pocatière ; collèges aûs au zèle éclairé et patriotique de MM. Gi- ROVARD, MiONAULT et Painchavd, Curés de ces paroisses, aidés des contributions pé«uniaircs de quelques citoyens généreux.

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EPITRB I«

liST MODUS IN REBUS.

ô. .8. .L. -, comme ami, je ne Toii qu'avec peine L'étrange égarement oi)t le dépit t'entraîne : Captes-ta la lareur d'aveugles partisans, Ou les éloges rains de lecteurs ignoraos, Pe fiel pour tes liyaiix, quand, comblant U mesure, Tu prodigues II tous le reproche et l'injure ? Est-ce donc, répoDds*-moi, réAitcr un auteur. Que de lui dire, en gros : « Vous êtes un menteur ?» £t, qu'est-ce de gros-mots «ne haUohfçie 9 (<ie) Moi-même j'écrivis a(ve< quelque énergie ; Lorsque l'intrigue ajafit révélé son secret.

Il s'agit d'atterrer un inique projet ; (h) Mais jamais je ne crus, dams mon patriotisme^ Par un mot, quel qu'il fût, détruire un syllogisme ; Et quand je combattis Csisbolm, Spâkhawk, Neilsojt, (*) J'opposai phrase h phrase et raison & raisoB.

(a) Une fada répétition des raémes mots, ou des même* idées. Es battologte d*mjarefl est la pire de toutes.

(h) Le projet de l'union des législatures dn Haut et da Bas- Canada.

(c) Le premier, rédacteur du Jflonfred OazetU ; le second, dti Cemadian Courantj d'abord, et ensuite, du CoMutian 7Ym£» ; et le trcMsième, de la Gazette de Q,vébec publiée par autorité. Je dois ajouter ici, que Mr. Neilson, fila, ne fut, ou ne parut être unionaire, que tant qu'il conduisit la gazette officicUe, «t qtie ee fut probablement pour ne l'avoir pas paru assez, aux yeux àp l'ad^ ^Ûnistratioa d'alors, qu'il cesoa sitût de la. conduire.^

')e lie mé donne poiùt comme an modèle à suiTie )

Mais conviens qu'entre auteurs même il faut savoir vivre ;

Qu'un écrivain jamais ne se croira battu

Par l'injure. En eflfet, dis-moi, qu'y gagnes-fu ?

Tu le dis sycophante, il te dit démagogue ;

Tu lui crîras : « Vil serf,» il te répondra : « Rogue ;*

-Et l'un par l'autre, ainsi, honnis, vespérieés,

Des lecteurs de bon goût vous serez méprisés.

Un style injurieux «'est point chose nouvelle, Au pays canadien : un auteur que j'appelle TapdgeWf désirant confuter de gros mots, Pour le faire, employait des mots encor plus gros ! Et, vous parlefnt, après un assez grave exorde. De bourreau, de carcan, de potence et de cordcj "Gâtait, pouf ne savoir s'arrêter prudemment, Par une indigne fin un beau eommeneemeiit.

Ofl'ensé de son style, et je pense, & bon tit*e, A son bon imprimeur j'adressai cette épît#e : {d )

Ce que F r, alors, pour son bien entendit,

Veuille le rega-rdcr comme à toi-même dit.

P f) c'est à regret, depuis quelques semainev^

Que je Hs les gros*raots d^nt tes feuilles sont pleines t Sans tant d'emportement, ne peux*^ réfuter Les torts et les travers qu*on cherche h t'imputer P ^e sais que ta te bats contre un rude adrersaife ;

Que ta guerre avec lui, peut-être, est nécessaire :

Bats-toi donc, s'il le faut ; mais demeure d'accord

^ Que pour vaincre avec gloire, il faut être sans tort.

(d) Bon est pris ici dans le sens de trop faôle, ou de %Mli*<xf$%aèh

« M. . .0 K. .,» dii-as-tu, a se permettra- d'écrire « Tout ce qu'en sa cervelle enfante le délire ; « Pourra se faire un jeu de se moquer des gens, « De railler la vertu; d'insulter au bon-sens ; « Dans le style empoulé que lui dicte la rage,

« Vomira contre tous et lé fiel et l'outrage ;

• Et moi, parlant français, osé-je raisonner,

« Si l'on veut bien l'en croire, il faut m'emprisonner ! « Dans les fougueux transports où la rage le jette, « Il lui sera permis de faire le prophète, « Et l'on me défendra de parler du passé !

• Le mensonge sera dans sa feuille entassé ; « Tantôt, il verra'tout avec un microscope ;

c Puis, tournant le feuillet, il deviendra myope ;

« Confondra pêle-mêle et vices et vertus ;

« Encensera Néron, injurîra B&utus ! . • .

« Témoin de tant d'horreurs, vous conviendrez, je pense,.

« Qu'il faut être muet, pour garder le silence :

« Et, comme a dit quelqu'un, ne peut-on à propos,'

c Confondre les pervers, et Se moquer des sots ?»

Oui, sans doute, on le peut, souvent on le doit mêtfie ; (e). Mais, en quoique ce soit, il ne faut être extrême : L'homme de bien, toujours, tient un juste milieu ; Donne à tout son vrai nom, met tout en son viai iieu : Si faire bien pour mal lui semble une loi dure. Du moins, il ne rend pas injure pour injure :

(«) Qnoi ! se moquer des sots ! non, mais confondre les per- * vers. On répond ici au premier hémistiche du vers précéd«nt, •ans faire attention au second.

Non par timidité, mais par affection,

Il recherche, arant tout, la modération ;

La modération, rertu de tout vrai sage,

Se remarque en ses goûts, ses gestes^ son langage.

Un soir, à l'Odéon, un poète français Met, par hazârd, son pied sur celui d'un laquais : Ce dernier, courroucé, lève la main, le frappe : L'autre, homme modéré, sans lui rendre la tape, Lui dit . «Vous avez tort; je ne vous voyais pas ;» Et l'affaire finit, sans un plus grand fracas. Que fut-il arrivé, si prompt à la colère.

Il eût d'un fort soufflet payé le téméraire ? Que ce dernier criant, peut-être, et de nouveau,. Frappant, on les eût crus, mis au même niveau. Honnis, bernés, siffles, hués, mis à la porte. Ton cas, tu m'en peux croire, est de la même sorte Tu me dis ton rival grossier, impertinent :

Crains qu'on ne te regarde et mette au même rang. Si cet auteur veut bien se rendre méprisable, Faut-il absolument que tu lui sois semblable f Ou crois-tu que, chez lui, sifflant un mauvais goût, Chez toi, par fantaisie, on applaudira tout ? Garde-toi de compter sur un pareil caprice :

J'aime, dans un ami, sa vertu, hais son vice ; Pour moi, sans m'égarer dans un sentier torlu. Partout, le crime est crime, et la vertu, vertu. Le parti qu'on soutient ne fait rien à la chose : C'est, même, injurier une |{onorable cause, ^

t^ae la défendre ainsi que feraft ton autettT) D'an ton exagéré» plein de fiel et d'aigreur. Ne crois pas qu'un grosHnot échappé de ta boucht Me semble plus poli, me paraisse moips louche, Que si mon ennemi l'eût» le premier, émis ; ^out écrivain grossier s'est, pour moi, compromis ;. Je déteste partout le style, de Garasse

« Vous voulez qu'aisément mon rival me terrasse, ** £t que, sans regimber, je tombe soi^ ses coi^ps l " Nullement; mais je veux modérer ton courroux; Je veut dû vrai sentier te remiettre la trace ; Je veux te rappelller ce précepte d'Horace :

Qu'on ne peut, sans errer, ni rester en-deça Du terme mitoyen, ni pass^ au-delà. (/) Lorsqu'à mauvais dessein quelqu'un sur toi s'avancCi Contente-toi touJQtlrs d'cpie juste défense : Toujours, de ton rival, pour plaire aux bons esprits, £pargne la personne, en blâmant l'es écrits,

Encor, quant aux écrits, convient-il d'être juste ; De ne point voir Octave, alors qu'on lit Auguste ; (g) De ne point ressembler à ces écrivaflleurs, Marteîeurs du bon-sens, éternels criailleurs,

(/) Est modus in rehu$, twit ccrti iei^quefiMs^ Qttoj ttUrà cUràque nequU coruistere rectum,

{g) On sait que le cruel Triumvit Octave et le comparativement bon Empereur Auguste, ne «ont qu'un seul et même individu*

H^9 s^Ds dlflcemément et sans exiâqûe aucààè^ Semblent, cozàme les efai^s, abojer ft^ k luae ; . Trempent, pour on ami, lear plame ^ans le mi^ Et poar un ennekm, la lemptissent de ûel ; Sur un mot dà premier sottement ë'extaàient, £t, sans entendre l'aut^^ impudemment s'écrieàt ': " Mensonge ! absvdilé ! " Dans Tàge dît moyen, Un prêtre est accusé d'étrt manichéen ; A jour fixe, il paraît ; parle pour sa défense ^ . Du langage qu'il tient le tribunal s'offense ; Refusant d'écouter plus longtems son discours, Et se faisant pour lui volontairement sourds, Les juges, de leurs mains, se bouchent les oreilles, Pour s'écrier, après : " Faussetés sans pareilles ! "

Ainsi font des écrits nos ignorants brailleurs ;

Ce sont areugles-nès décidant des couleurs :

Leur critique est risible, autant qu'elle est commode,

L'exagération, chez-nous, trop à la mode.

Est encore un défaut que doit fuir, éviter, L'auteur qui veut se faire applaudir, respecter, Des gens instruits, s'entend. Parlant à l'ignorance^ Tel, d'un ton triomphant, ~ crie à l'extravagance, Au critnè^ au déshonneur, pour des opinions, S'exténue et s'épuise en exclamations, Sur des faits ambigus, des questions abstruses» Donnant ses notions pour sciences infuses, Tel autre n^aintiendra que penser autrement,

C'est mériter la lart, ou da moins le carciîn.

Et d'^ vient, i^pon^^rinpi, cette étraa^e mnnie, Ce fol empoit^Qie^t^ cette énerguménU, (h) Ce langasge en crtrie^ en foreur converti ? . C'est, à n'en poifit douter, de l'esprit; de parti ; Ksprit qui fait que J 'homme, au lieu de parler^ beugle. Pour le vrai, pour le j.uste, est sourd, devient aveugle ; Foule hux pieds le devoir, l'honneur, la vérité. Et, parfois, est conduit jusqu'à l'absurdité ; Surtout, quand, jusqu'au bout voulant, pousser ta pointe, 11 se prend à quiconque à droit le contrepointe. :^ Comme il ne peut, alors, vaincre en argumentant, Son recours est d'aller en gros-mots s'emportant

Si ce travers se change en esprit de famille, Pour l'auteur étranger évoquant la Bastille, S'il peut, sur ses écrits,, qu'il vous peint tout en noir. L'écrivain famUlier portera l'éteignoir.

Omar, pour son Koran^ met le savoir en cendre, (t)

C'est encore un travers, selon moi, de prétendre, Ainsi qu'un Turc pourrait faire en son bachalic, Sur son goût, quel qu'il soit, régler ceux du public ; Proclamer qu'un braillard avec goût se fait lire ; Si l'on goûte Cherhoîs, vouloir que je l'admire ;

(h) EnergumènUf venant d'éiergimUnef est enoore ua terme du mon invention. Je Voi employé en prose en plusieurs occasions.

(t) Omar, second calife des musulmane, et gendre de Maho- MBF, s*étant rendu maître d' Alexandrie, fit bralrr la belle bibliotiicque de cette viIU\ en disant à ceux qui, voulaient l'en détourner : « Si ces livres ne contiennent que ce qu'il y a dans le Koran, ils sont inutiles ; 8*iU renferment quelque chose qui y soit dontra'rc, ils sont dan£creuj^ : . dans l'un ou l'autre cas, il faut lei

détiUilC.a

Dire, non pas, « Je sens,» mais, « Messieurs, vous sentez,»

Ou, « d'admiration vous êtes transportés ;

« Vous tressaillez de joie :» ou, dans le sens contraire,

« Ce maussade écrivain vous met tous en colère.»

Nous goûtons! détestons! Eh! mais, qu"*en savez- vous?

Pensez pour vou», monsieur ; nou« penserons pour nous.

Le critique devient un censeur ridicule,

S'il veut, bizarrement, donner de latérale

A son contemporain, qui peut, sans le sav.oii:.

Redire un vers, «in mot, qu'aiUeurs il a cru voir.

Avant de prendre en main la plume pour écrire.

Faut-il donc avoir lu tout ce qui t'est pu dire ;

Devrais-je crier c bkme^ quand on a crié : noir,

Ou dire trébucher, parce qu'on a dit eltoir ;

Et lorsque je pourrais m'exprimer avee grâce,

Joindre ensemble des mots qui se font la grimace ?

Où tel autre fut doux, faut-il que je sois dur ;

'S'il parla clairement, que^ devienne obscur ;

Ou, de peur de puiser, boire à la même 8t)urce,

Qu'à tout moment, j'arrête ou détourne ma course ?

« Un autre a dit la chose avant vous.»— -Je vous croi \

Mais c'est que, par hazard, il vécut avant moi :

Je l'eusse dite arant, avenu le contraire.

Faut-il donc approuver l'écrivain plagiaire ?

Non, mais qui nomme-t-^n plagiaire écrivain ?

Celui qui pille, prend et dérobe sous main ;

Qui pendant son krcin, avant, après, se cache.

Cet hotnme, à mon- avis, est un poltron, un lâche ;

Un pauvre, paresseux et digne de mépris,

Qui ne possède rien que ce qu'il a surpris»

J^ais faut-il, entre npufi,^appeller plagiaire

](^'auteur parlant, parfois, dé la même manière

Qu'un autieur plus aucien, traJLtant mêmes propos ?

Des plumas ce serait ordonner le repos ;

Et, si pour quelques uns Tordre était salutaire,

Il n'en serait pas moins à la raison contraire.

Est-ce plagiat, si, raxçment, ingénu^

J'imite ou reproduis un écrivain connu ?

Non, de mon plrpcédé quiconque, alors, s'offenst^

Est fâché que je fasse honneur à sa science ;

Que je le croisé, au mojins, un érudit lecteur.

Qu'au Canada, soudaHi, apparaisse un auteur.

Libre de préjugés, modéré, véridique.

Guidé par l'amour vrai de la chose publique:

Je dirai que son lirre, admiré des lecteurs,

Est souvent, chez Bowman, (j) entourré d'acheteurs :

£t ma muse sera, pour la chose, honnie,

Et dite plagiaire, di bon droit t ^ le nie.

Je conseille, pourtant, au moderne écrirain,

Copiant de mémoire, ou le livre à la main,

De dire t son lecteur, par des lettres penchées, Des choses qu'il transcrit : Là, je les ai cherchées- Il fera mieux ençor, si ses extraits soût longs, De nommer ffes auteurs par leurs noms et surnoms^

(j) Quelques années plus t&rd,j'aaraÎ8 dit i

Est souvent, chez IÇossange, &c. Je dirais présentement :,.

Est souvent, chez Dufort, &c. ou,

Çst, ches Fàbke, souvent, entourré dlaçh^teijura;

M&îs, lui cherclier cbicane^ ou lui faire la nicbe» Si d'un autre, chez lui, l'on trou re un bémistichei Ou deux, et pour cela vouer son livre aux vers, C'est se rendre risible, en jugeant de travers.

Celuirlà, plus encore, à mon gré, déraisonne) Qui juge d'un écrit sur l'air de la personne ; Sur sa religion, son pays. De quel droit ?

Qu'il soit petit ou grand, laid ou beau, courbe oU droit \ Qu'il ait, comme Magot, la figure grotesque^ La démarche, le port, ou le maintien burlesque ; Quil se dise gallois, écossais, canadien ; Qu'en sa religion, il «oit juif ou chrétien»

Qu'il suive les leçons de Genève oU de Rome ^ Ce n'est pas sur ce point qu'il faut juger d'un homiQi>) D'un écrivain, surtout, en pays tolérant. (/) Voici, sur ton auteur, quel est mon jugement :

Quand, voyant de sang-froid quatre-vingt-dix-neuf ir rimes, tl dit qu'un Breton mort demande cent victimes ; (k) Lorsque, caloàiniant et son peuple et son roi, Il les peint sans pitié) sans honneur et sans foi ; (î) Ou, lorsque, respirant le meurtre et le carnage. Conseillant la Vengeance, et l'horreur et l'outrage,

(j) Je suis bien éloigné d'apnrouver îè manque cîe patriotisme^ V>a ae louer Pindiffèrence en lait de religion; mais je ne peux m*empêcher de trouver ridicule et injuste de reprocher pubbque*' ment à un homme, comme 6h iHrfait à l'époqlie dont il s*agit ici, [1813 et 14,] et depuis, et le Heu de sa naiftsance, et la croyance (tju'il a héritée de ses pèr es ; s urtout dans un pays dont la population se compose ée tantfSMMions et de sectes ^flbrentes.

(k) A l'occasion des représailles. . .

. ([) Virtuellement et par induction, s^entend ; et non sans doaf ê intentionnellement et oirectemenl.

S trooTc impertinent qn'&us Htirons, Itoquois,

Dans leur guerre pour nouâj l'os impose de* lois,

Je m'i[idigne & bon droit. Unis, quoiqu'il puisse di».

S'il fait frémir, parfois, plu» Murent, il fait rire :

Dans un tissu groasiei de contradictiotu,

Le vrai même, chez lui, prend l'air des fictions :

Quand il donne au vaincu douze fois plus de gloire,

Que n'en a le vainqueur, au jour de la Tictoire ; (m)

S'il prédit le passé, raconte l'aïenir.

D'un ton gravement sot, je n'y puis plus tenir.

Pourtant, dans ce qu'il dit, Boit en vers, soit en pros^ ,, En réprouvant beaucoup, j'applaudis quelque chose : Dil-il qu'il faut ici plus d'argent, de soldats ; Je suis de son avis, l'approuve, et ne ris pas : Soutient-il, défend-S notre brave milice ; Que ee soit franebement, par humeur, par caprice. Qu'importe à moi, lecteur ? l'écrivain soit béni ! QuMqu'il en »oit, enfin, je me tais, j*ai fini.

(m) A l'occaiion du combat navaX auc le Uc Erié.

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