‹ Epitres, satires, chansons, epigrammes et autres pièces diversChapitre 14 sur 48 · LE POUVOIR DES YEUX · texte numérisé non relu

LE POUVOIR DES YEUX

Traduit librement, ou imité de l'a.vglais.

Vous voulez donc tromper l'amant qui vous adore ! Eh bien, déguisez-vous, faites de votre mieux : Grondez, courroucez-vous, ou faites pis encore { Il en croira toujours vos jeux.

Faites bien avec lui votre sainte-n'y-touche ; Vos paroles auront sur son cœur peu d'effet :• Quoique ne dise pas, ou dise votre bouche, Vos yeux diront votre secret.

Affectez la froideur d'une austère vestale ; Prenez, si vous voulez, à témoins tous les dieux : Que servent les sermens que votre bouche étale, S'ils sont démentis par vos yeux ? (*)

Vos yeux sont à mes yeux le miroir de votre âme ;

Elle s'y peint, s'y montre et sans voile et sans fard î

J'y vois tous vos pensers, votre cœur, votre fiâme,

D'un coup d'œil et d'un seul regard.

Non, l'eau d'un pur ruisseau, d'une claire fontaine, Ne rendit jamais mieux l'image d'un objet. Que dans ses propres yeux je ne vois mon Hélène ; Je l'y retrouve trait pour trait. -

(*) Je ne crois pas m'être beaucoup écarté du sens de mon auteur, et cependant je ne puis me lasser d'admirer la sottisïïe

Tant que le Saint-Laurent descendra de sa iottrcc ;

Tant que le Canadois. maudira ses hivejs ; Tant qu'au pôle du nord tournera la Grande-Ourse j Tant qu'elle aura ses yeux ouverts,

J'aimerai, chérirai, chanterai mon Hélène : L'amour m'a pénétré du plus pur de ses feuxf Oui, je laaguis, je meujrs à tes pieds, ô ma reine, Quand mes yeux rencontrent tes y^ux.

rron amoureus transi, qui veut absolument, persuader à ion amantTquS; l'aime Iperdûment, tandis, qu'en apparence, elle lui donas à entendre tout le contraire.

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