L'UNION
Êtrennes pour le 1er. Janvier 162S.
Je ne sais trop comment faire, En ce premier jour de l'an ; En voulant, à Tôrdinaire, Faire un petit compliment, Je cours risque de déplaire.
Si je parle d'union, Le mot paraît équivoque ; L'on peut croire que j'mvoque Par là la dissention.
Comment donc, je le répèle, Puis-je faire, en pareil cas .* Voici; je crois, la recette Pour me tirer d'embarras :
S'il faut être unionnaire, Qu'on le soit avec raison :
On peut aimer l'union Entre le fils et le père, Entre la fille et la mère, Le cousin et le cousin, La cousine et la cousine, La voisine et la voisine.
Le voisin et le voisin ; Entre gens de même, race.
De même religion, Et de même région ; Entre la force et la «-race
Entre Tépouse et l'époux >
Entre le peuple et le prince,
Et l'empire et la province ;
Jusque-là le mot est doux,
Et la chose est salutaire.
Mais û de cette Union,
Ou manie unionaire
De joindre sans liaison^
Maladie atrabilaire
De certaine faction,
Qui, sans honte et sans scrupuîd.
Rend la majorité nulle,
Met la population
En butte à l'oppression,
Et par suite à la misère ;
Fait une distinction
Entre le frère et le frère ;
Foule aux pieds l'opinion,
Et la constitution,
Et d'une main téméraire,
Pour refaire à sa façon,
Projette de tout défaire ;
Menace de tout changer,
Jusqu'à la langue et Toreilie,
Et le boire et le manger,
Et le dormir et la veille ;
Même jusqu'à la façon
Du verre et de la bouteille
IMPROMPTU DU rORTEUF:
Et peut-être, que sait-on ?
L'usage antique et fort bon De faire, par amusette, Au Porteur de la Gazette, En ce jour, un petit don=
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