‹ Epitres, satires, chansons, epigrammes et autres pièces diversChapitre 26 sur 48 · L'HIVER DU CANADA · texte numérisé non relu

L'HIVER DU CANADA

Étrennes pour le 1er. Janvier 1S26.

Ce n'est pas petite affaire

Que parler d'un ton plaisant,

De chose trop ordinaire,

Et si souvent revenant.

Que n'ai-je, dans ce moment,

De Gresset (*) ou Deshouliere, (*),

Et l'esprit et l'agrément ;

Que n'ai-je de SAI^-T-AuLAIRK (*)

Et le goût et le talent ;

Ou de l'abbé Lattaig>-axt (*)

L'art et la grâce légère.

Pour amuser et pour plaire,

En faisant le compliment

Dû pour cet anniversaire

De la naissance de Tan î

Le cas est embarrassant :

Se répéter ne va guère,

Non plus qu'être plagiaire :

L'un ou l'autre, néanmoins,

Est-il mieux, ou vaut-il ncoins

Que ne rien dire, ou se taire ?

Encor, si nous étions nés

(*) Auteurs esliméa de poésies légères et de pJAcef fofitiTW.

Dan3 ces pays fortunés Sous ce climat salutaire Du Paraguay, du Pérou, Du Chili, du Brésil, où, Ce jour est le temps des roses, Des bons fruits^ des belles choses ; Où, sans peine et sans effort, L'esprit humain prend l'essor, Et, sans rester en arrière, Des favoris d'Apollon Peut parcourir la carrière :

D'un sonnet, d'une chanson, Ou d'une description, Toujours il a la matière A sa disposition :

C'est le mont, c'est la rivière, La fontaine, ie vallon, Le bocage, le gazon, La colline, la prairie, Ls gazouillis de l'oiseau, Le champ, la rive fleurie, Le murmure d'un ruisseau j Mais aux plages canadiennes, Le temps, le jour des étrennes, De l'aubaine, du cadeau.

Arrive, quand la nature, Triste, morne, sans parure, Sans çràces et sans appas, N'olTrc plus, sous la froidurCj H 3

Que des glaces, des frimats^ De la neige et du verglas, Et, souvent, sur notre tête, Sans respect pour cette fête, Lance et pousse, avec fracas.

Et le vent et la tempête.

Delille a pourtant chanté L'hiver ainsi que l'été, Et ne l'a pas fait sans grâce i C'est, dit il, durant l'hiver.

Que des pieds armés de fer, Courant, tournant, sur la glace^ De leurs jeux laissent la trace ^ C'est dans la même saison, Que la leste cariole.

Sur la neige, court et vole, Après le fier étalon :

C'est alors qu'en assemblée Où la toilette étalée Est pour les yeux un régal, On voit les belles au La! : ■C'est alors, sur le théâtre,.

Qu'une jeunesse folâtre, Offrant passions et mœurs, Fait rire tout l'auditoire, Ou mst les belles en pleur».

Pour ajouter à la gloire De l'hiver et des frimât»^

Disons qu'ils ferment la porte Aui maux qu'on ressent Fà-bas,, Et que la chaleuf apporte ; Aux maringoiiîSj aux serpens.

Aux mouches de toute sorte, Aux tonnerres éclatants, A la Gangrène, à la peste, Au dur choiera mcrhus,

Au noir typhus, et le reste

Mais de peur qu'on ne proteste^ Ou q'vi'on ne traite d'abus La longueur de ma bluette, Dégénérant en phébus, •*^

Tais-toi, raiwe, sois muette.

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