‹ Epitres, satires, chansons, epigrammes et autres pièces diversChapitre 7 sur 48 · LES DELICES DE L'UXIOX · texte numérisé non relu

LES DELICES DE L'UXIOX

PAR UX L\y lOXdIRE DU HAUT-CAJfADA.

TfiADUIT LIBREMENT, OU IMITÉ DE l'aKGLAIS (1822) (*)

Quels cris j'entends contre cette Uniont Quel bruit Ton fait pour une bagatelle? De Liberté c'est l'exlrême-onction:

N'est-il pas beau d'être délivré d'elle ?

Si nous étions dans la minorité, Ce ne serait, [car il ne faut pas feindre,] ^ Que pour dix ans ; et la majorité N'aurait plus, lors, aucun droit de se plaindro*

Dans dix ans, donc ; ou si vous dispute^ Dans soixante ans, avec grande parade, Nous élirons soixante députés, Et donnerons aux Fiançais belle aubade.

Il leur convient, vraiment, de disputer, Race revêche, ignorante, imbécille, Sur la manière et le droit de voter Et le budget et la liste civile.

(*) Les lecteurs canadiens n'auront pas de peine à entendra le langage du prétendu unionaire du Haut-Canada, dans son vrai ■ens. Il faudrait peut-être un trop grand nombre de notes pouî ]t faire parfaitement comprendre à deg lecteuri étrangers.

Ei

C'est curieux de les roir haranguer, Tous les hivers, concernant les subsides : Ils sembleraient se plaire à nous narguer, Par leurs discours et leurs votes sordides.

Ils ne voudraient donner que par lambeaux, Depuis quatre ans, comme font les abeilles : Pour leur montrer qu'ils ne sont que des sots, Nous secourons leur ruche à leurs oreilles.

S'ils chérissaient, comme ils disent, leur roî* Craindraient-ils tant de délier leur boursîe ; Et croiraient-ils l'état en désarroi, Si Ton puisait à pleins sceaux à la source ?

Jamais comme eux nous ne serons TÎlaîiis : Bien éloignés de marcher sur leur pïste, A tout projet nous donnerons les mains, Et voterons permanemment la liste.

Dans lô bassin nous jetterons un poids, Le poids pesant de l'aristocratie ; Et nous verrons éperdus et sans voit Ces grands fauteurs de la démocratie.

Il vaut bien mieux que nous tourBfioTis I^s^rôt;

Si peu nombreux, nous sommes génfs d*éKte : Qui mieux que nous sait faire sonner haut Son dévoûment, et vanter son mérite ?

De leur gufemér. nomrné Salabèreie»

Ccf Français font une grande paradô ;

Comme un Yankey, de son marin Perrt :

Des deux côtés, c'est pure gascbnade.

Eh ! qu'a donc fait, entre nous, ce guerrier, Qu'on doive ainsi tant exalter sa gloire^ Ceindre son front d'un immortel laurier, Au champ d'honneur lui donner la victoire ?

a Quoi !» disent-ils, « près des quatre chemins, « Avec trois cents Canadiens à sa suite, « Il combattit six mille Américain?; « Les repoussa, leur fit prendre la fuite ;

c Sauva, par là, la province,» Vraiment, Pour en parler, voila bien grande chose ! Léonidas (a) en fit jadis autant, Ou bien l'histoire est pour nous lettre-close.

Que leur sert-il de prôner leurs exploits ? Nous possédons un plan tracé dans l'ombre, Pour les laisser moins puissants par les voix, En attendant qu'ils le soient par le nombre.

Nous avons fait ennemis des Français, Par une adroite et louable rubrique, Et rendrons forts, dans le prochain congrès, Tous les Yankeys des bords de l'Amérique.

(a) Léonidas, roi de Sparte, ne repoussa pas l'ennemi, aux Thermopyles, comme fit notre compatriote, à Chateauguay ; mais il défendit ce passage avec trois cents hommes, contre l'armée de Xerxes, et ne périt avec eux, qu'après avoir fait mordre la poussière à plusieurs milliers de Perses.

Que si malgré notre précaution, Quelque Français veut faire une harangue^ Faut qu'il renonce à sa prétention ; Nous leur otons l'usage de leur langue»

Enfin, nos plans sont si bien arrangés, Que nous ferons très- sûrement nos orges : Si les Français s'en trouvent dérangés, Qu'ils aillent tous boire des eaux de Forges^ (h)

(b) Bourg de Normandie, en France, célèbre par te» eaux minérales.

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