‹ Épitres, satires, contes, épigrammes de Voltaire, suivis de fragments de la PucelleChapitre 132 sur 273 · CX. — A M. D'ALEMBERT · texte numérisé non relu

CX. — A M. D'ALEMBERT

Esprit juste et profond, parfait ami, vrai sage, D'Alembert, que dis-tu de mon dernier ouvrage? Le roi danois et toi, mes juges souverains, Vous donnez carte blanche à tous les écrivains. Le privilège est beau; maïs que faut-il écrire? Me permettriez-vous quelques grains de satire? Virgile a-t-il bien fait de pincer Maevius?

Horace a-t-il raison contre Nomentanus?

Oui, si ces deux Latins, montés sur le Parnasse, S'égayaient aux dépens de Virgile et d'Horace, La défense est de droit; et d'un coup d'aiguillon L'abeille en tous les temps repoussa le frelon. La guerre est au Parnasse, au conseil, en Sorbonne : Allons, défendons-nous, mais n'attaquons personne. « Vous m'avez endormi, » disait ce bon Trublet 1 ; Je réveillai mon homme à grands coups de sifflet. Je fis bien : chacun rit, et j'en ris môme encore. La critique a du bon; je l'aime et je l'honore. Le parterre éclairé juge les combattants, Et la saine raison triomphe avec le temps.

Lorsque dans son grenier certain Larcher réclame 1

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