AVERTISSEMENT DES ÉDITEURS DE KEHL
Ces deux ouvrages * ont attiré à M. de Voltaire les reproches non-seulement des dévots, mais de plusieurs philosophes austères et respectables. Ceux des dévots ne pouvaient mériter que du mépris, et on leur a répondu dans la Défense du Mondain. Toute prédication contre le luxe n'est qu'une insolence ridicule dans un pays où les chefs de la religion appellent leur maison un palais, et mènent dans l'opulence une vie molle et voluptueuse.
Les reproches des philosophes méritent une réponse plus grave. Toute grande société est fondée sur le droit de propriété; elle ne peut fleurir qu'autant que les individus qui la composent sont intéressés à multiplier les productions de la terre et celles des arts, c'est-à-dire autant qu'ils peuvent compter sur la libre jouissance de ce qu'ils acquièrent par leur industrie ; sans cela les hommes, bornés au simple nécessaire, sont exposés à en manquer. D'ailleurs l'espèce humaine tend
1. Cette pièce est de 1*736. C'est un badioage dont le fond est trèsphilosophique et très-utile : son utilité se trouve expliquée dans la pièce suivante. Voyez aussi, plus loin, la lettre de M. de Melon à M">« la comtesse de Verue.