‹ Épitres, satires, contes, épigrammes de Voltaire, suivis de fragments de la PucelleChapitre 163 sur 273 · Bossuet · texte numérisé non relu

Bossuet

2. Crevier, mauvais auteur d'une Histoire romaine et d'une Histoire de l'Université, et beaucoup plus fait pour la seconde que pour la première. Il a depuis fait un libelle contre le célèbre Montesquieu, dans lequel il s'efforce de prouver que Montesquieu n'était pas chrétien. Voilà un beau service que cet homme rend à notre religion, de cher-

Prend hardiment la place de Rollin, Gomme un valet prend l'habit de son maître.

Que voulez-vous? chacun cherche à paraître.

C'est un plaisir de voir ces polissons Qui du bon goût nous donnent des leçons; Ces étourdis calculants en finance, Et ces bourgeois qui gouvernent la France, Et ces gredins qui, d'un air magistral, Pour quinze sous griffonnant un journal, Journal chrétien, connu par sa sottise, Vont se carrant en princes de l'Église; Et ces faquins, qui, d'un ton familier, Parlent au roi du haut de leur grenier.

Nul à Paris ne se tient dans sa sphère, Dans son métier, ni dans son caractère ; Et, parmi ceux qui briguent quelque nom, Ou quelque honneur, ou quelque pension, Qui des dévots affectent la grimace, L'abbé La Coste 1 est le seul à sa place.

Le roi, dit-on, bannira ces abus :

Il le voudrait; ses soins sont superflus.

Il ne peut dire en un arrêt en forme :

« Impertinents, je veux qu'on se réforme, Que le Journal de Trévoux soit meilleur, Guyon moins plat, Moreau plus fin railleur.

La cour enjoint à Jacque hétérodoxe De courir moins après le paradoxe ; Je lui défends de jamais dénigrer Des arts charmants qui peuvent l'honorer; Je veux, j'entends que, sous mon règne auguste,

cher à nous convaincre qu'elle était méprisée par un grand homme ! La monture de Bathos paraît assez convenable à ce monsieur.

1. L'abbé La Coste, qui a travaillé à l'Année littéraire, de présent employé à Toulon sur les galères du roi.

/ * Al-

Tout bon Français ait l'esprit sage et juste;

Que nul robin ne soit présomptueux,

Nul moine fier, nul avocat verbeux.

Ouï le rapport, dans mon conseil j'ordonne

Que la raison s'introduise en Sorbonne,

Que tout auteur sache me réjouir,

Ou m'éclairer : car tel est mon plaisir. »

Un tel édit serait plus inutile Que les sermons prêches par La Neuville.

Donc on aurait grande obligation A qui pourrait par exhortation, Par vers heureux, et par douce éloquence, Porter nos gens à moins d'extravagance, Admonéter par nom et par surnom Ces ennemis jurés de la raison. On pourrait dire aux malins molinistes, A leurs rivaux les rudes jansénistes, Aux gens du greffe, aux universités, Aux faux dévots, d'honnêtes vérités.

Je les dirai, n'en soyez pofht en peine; Chacun de vous obtiendra son étrenne.

Messieurs les sots, je dois, en bon chrétien, Vous fesser tous, car c'est pour votre bien.

Par M. le ch. de M....bk, cornette de cavalerie, et, en cette qualité, ennemi juré des ânes. A Paris, le 1" janvier 1762, pour vos étrennes.

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