AVERTISSEMENT DES ÉDITEURS
La poésie légère, ce genre si éminemment, nous dirions même presque si exclusivement français, est un de ceux où Voltaire a excellé. 11 y compte des égaux, mais point de supérieur.
Cependant ses poésies légères forment une des parties les moins considérables de l'immense bagage littéraire de ce génie universel dont le nom résume, pour ainsi dire, à lui seul, tout le xvni e siècle. Écrites en se jouant et par manière de distraction, elles marquent en quelque sorte les intermèdes de repos de cet esprit dont l'activité exorbitante tint, durant soixante ans, le monde entier en éveil.
Doué d'une facilité prodigieuse, Voltaire rimait une épltre, imaginait un conte, composait une satire, grifonnait un madrigal, aiguisait la pointe
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d'une épigramme, comme il écrivait un billet. Aussi ses poésies légères apparaissent-elles, d'année en année, durant tout le cours de cette longue existence, si bien remplie. A douze ans, il écrit son premier sixain ; à quatre-vingt-quatre ans, il rime encore, avec sa spirituelle et philosophique gaieté, ses adieux à la vie.
Faute de pouvoir faire tenir en un seul volume toutes les poésies légères, nous avons dû faire un choix entre les miscellanées, les morceaux fugitifs» et nous avons choisi surtout les épigrammes, dont le tour facile et le trait vif portent merveilleusement l'empreinte de cet esprit à la fois élégant et précis.
Des épîtres et des satires, nous n'avons rien laissé de côté ; les unes et les autres sont à la fois des modèles de goût et des leçons de vive et mordante critique.
Quant aux contes, nous n'avons compris dans ce volume que ceux qui ne figurent pas dans le volume de Romans de Voltaire, publié dans notre collection. Nous renvoyons les lecteurs à ce volume.
Enfin, comme il nous a paru que le poëme fameux de La Pucelle tient autant et plus du
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genre de la poésie légère que de celui de l'épopée comique, nous avons cru devoir compléter ce volume en offrant aux lecteurs quelques spécimens de ce hors-d'œuvre piquant de la muse court-vêtue du grand écrivain.
Ce n'est pas qu'au point de vue du respect dû à Tune des plus admirables, des plus héroïques figures de notre histoire, nous ne partagions le sentiment qu'inspire à tous les cœurs français la noble personnalité de Jeanne d'Arc, et que nous ne regrettions profondément de voir tant •d'esprit employé à travestir un sujet si grandiose et si glorieusement tragique.
Aussi avons -nous soigneusement choisi des fragments qui ne touchent en quoi que ce soit à la personne et aux grandes actions de la vierge populaire de Domremy, mais qui donnent suffisamment l'idée de l'allure et de la forme de ce poème célèbre.
CONTES EN VERS