‹ Épitres, satires, contes, épigrammes de Voltaire, suivis de fragments de la PucelleChapitre 51 sur 273 · XLI. — A M 11 * DE GUISE · texte numérisé non relu

XLI. — A M 11 * DE GUISE

StlR SON MARIAGE AVEC LE DUC DE RICHELIEU

Avril 1734.

Un prêtre, un oui, trois mots latins, A jamais fixent vos destins ;

Et le célébrant d'un village»

Dans la chapelle de Montjeu, Très-chrétiennement vous engage A coucher avec Richelieu, Avec Richelieu, ce volage, Qui va jurer par ce saint nœud D'être toujours fidèle et sage.

Nous nous en défions un peu ; Et vos grands yeux noirs, pleins de feu, Nous rassurent bien davantage Que les serments qu'il fait à Dieu.

Mais vous, madame la duchesse»

Quand vous reviendrez à Paris, Songez-vous combien de maris Viendront se plaindre à Votre Altesse?

Ces nombreux cocus qu'il a faits Ont mis en vous leur espérance :

Us diront, voyant vos attraits :

a Dieux! quel plaisir que la vengeance! »

Vous sentez bien qu'ils ont raison, Et qu'il faut punir le coupable :

L'heureuse loi du talion Est des lois la plus équ.table.

Quoi! votre cœur n'est point rendu?

Votre sévérité me gronde !

Ah! quelle espèce de vertu Qui fait enrager tout le monde 1 Faut-il donc que de vos appas Richelieu soit l'unique maître?

.Est-il dit qu'il ne sera pas Ce qu'il a tant mérité d'être?

Soyez donc sage, s'il le faut; Que ce soit là votre chimère :

Avec tous les talents de plaire,

i+fï

Il faut bien avoir un défaut.

Dans cet emploi noble et pénible ■ De garder ce qu'on nomme honneur, Je vous souhaite un vrai bonheur :

Mais voilà la chose impossible.

Page 1