Maurice, comte de Saxe
Que pour Louis il brûle de répandre.
De cent guerriers couronnez les beaux jours :
Ne frappez pas Bonac et d'Aubeterre,
Plus accablés sous dé cruels secours
Que sous les coups des foudres de la guerre.
Mais, me dit-on, faut-il à tout propos Donner en vers des listes de héros?
Sachez qu'en vain l'amour de la patrie Dicte vos vers au vrai seul consacrés; On flatte peu ceux qu'on a célébrés; On déplaît fort à tous ceux qu'on oublie.
Ainsi toujours le danger suit mes pas; Il faut livrer presque autant de combats Qu'en a causé sur Tonde et sur la terre Cette balance utile à l'Angleterre.
Cessez, cessez, digne sang de Bourbon, De ranimer mon timide Apollon, Et laissez-moi tout entier à l'histoire; C'est là qu'on peut, sans génie et sans art, Suivre Louis de l'Escaut jusqu'au Jart.
Je dirai tout, car tout est à sa gloire.
Il fait la mienne, et je me garde bien De ressembler à ce grand satirique 1 , De son héros discret historien, Qui, pour écrire un beau panégyrique, Fut bien payé, mais qui n'écrivit rien.