‹ Épitres, satires, contes, épigrammes de Voltaire, suivis de fragments de la PucelleChapitre 84 sur 273 · Maurice, comte de Saxe · texte numérisé non relu

Maurice, comte de Saxe

Que pour Louis il brûle de répandre.

De cent guerriers couronnez les beaux jours :

Ne frappez pas Bonac et d'Aubeterre,

Plus accablés sous dé cruels secours

Que sous les coups des foudres de la guerre.

Mais, me dit-on, faut-il à tout propos Donner en vers des listes de héros?

Sachez qu'en vain l'amour de la patrie Dicte vos vers au vrai seul consacrés; On flatte peu ceux qu'on a célébrés; On déplaît fort à tous ceux qu'on oublie.

Ainsi toujours le danger suit mes pas; Il faut livrer presque autant de combats Qu'en a causé sur Tonde et sur la terre Cette balance utile à l'Angleterre.

Cessez, cessez, digne sang de Bourbon, De ranimer mon timide Apollon, Et laissez-moi tout entier à l'histoire; C'est là qu'on peut, sans génie et sans art, Suivre Louis de l'Escaut jusqu'au Jart.

Je dirai tout, car tout est à sa gloire.

Il fait la mienne, et je me garde bien De ressembler à ce grand satirique 1 , De son héros discret historien, Qui, pour écrire un beau panégyrique, Fut bien payé, mais qui n'écrivit rien.

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