‹ Épitres, satires, contes, épigrammes de Voltaire, suivis de fragments de la PucelleChapitre 83 sur 273 · M. Feydeau de Marville, alors lieutenant de police · texte numérisé non relu

M. Feydeau de Marville, alors lieutenant de police

ÊPITRES. 131

Sur vos lauriers êtes-vous endormie ?

Représentez ce conquérant humain

'Offrant la paix, le tonnerre à la main.

Ne louez point, auteurs, rendez justice;

Et, comparant aux siècles reculés

Le siècle heureux, les jours dont vous parlez.

Lisez César, vous connaîtrez Maurice 1 .

Si de l'État vous aimez les vengeurs, Si la patrie est vivante en vos cœurs, Voyez ce chef dont l'active prudence Venge à la fois Gênes, Parme et la France.

Chantez Relie-Ile : élevez dans vos vers Un monument au généreux Boufflers; Il est du sang qui fut l'appui du trône :

Il eût pu l'être ; et la faux du trépas Tranche ses jours, échappés à Bellone, Au sein des murs délivrés par son bras.

Mais quelle voix assez forte, assez tendre, Saura gémir sur l'honorable cendre De ces héros que Mars priva du jour, Aux yeux d'un roi, leur père et leur amour?

O vous surtout, infortuné Bavière, Jeune Froulay, si digne de nos pleurs, Qui chantera votre vertu guerrière? Sur vos tombeaux qui répandra des fleurs?

Anges des cieux, puissances immortelles, Qui présidez à nos jours passagers, Sauvez Lautrec au milieu des dangers :

Mettez Ségur à l'ombre de vos ailes; Déjà Rocoux vit déchirer son flanc.

Ayez pitié de cet âge si tendre; Ne versez pas le reste de ce sang

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