‹ Épitres, satires, contes, épigrammes de Voltaire, suivis de fragments de la PucelleChapitre 95 sur 273 · LXXXII. — AU ROI DE PRUSSE · texte numérisé non relu

LXXXII. — AU ROI DE PRUSSE

(9 avTil l"5l)

Dans ce jour du saint vendredi.

Jour où Ton veut nous faire accroire Qu'un Dieu pour le monde a pâti, Tose adresser ma voix à mon vrai roi de gloire.

De mon salut vrai créateur, De d'Argens et de moi Tunique rédempteur, Du salut éternel je ne suis pas en peine; Mais de ce vrai salut qu'on nomme la santé,

Mon esprit est inquiété.

Pardonnez, cher sauveur, à mon audace vaine.

vous qui faites des heureux, L'êtes-vous? souffrez-vous? êtes-vous à la gêne? Et les points de côté, la colique inhumaine, Troubleraient-ils encor des jours si précieux? philosophe-roi, grand homme, heureux génie 1

Vous dont le charmant entretien, L'indulgente raison, l'aimable poésie,

Étonnent mon âme ravie,

Puissiez-vous goûter tout le bien

Que vous versez sur notre viel

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