‹ Épitres, stances, et odes de VoltaireChapitre 106 sur 134 · XVI. AU ROI DE PRUSSE · texte numérisé non relu

XVI. AU ROI DE PRUSSE

JLiA mère de la mort , la vieillesse pesante, A de son bras d'airain courbé mon faible corps , Et des maux qu'elle entraîne une suite effrayante De mon aœe immortelle attaque les ressorts.

Je brave vos assauts , redoutable vieillesbe;

.Te vis auprès d'un sage , et e ne vous crains pas :

Il vous prêtera plus d'appas Que le plaisir trompeur n'eu donne à la jeunesse.

Coulez, mes derniers joui-s, sans trouble, sans terreur, Coulez près d'un héros doi.t le mâle eénie Vous fait goûter en paix le songe de la vie , Et dépouille la mort de ce qu'elle a d'horreur.

Ma raison qu'il éclaire en est plus intrépide; Mes pas par' lui guidés ea sont plus affermis : ÉPÎTREs, etc. 19

2i8 STA^fCES.

Un mortel que PalJas couvre de sou égide Ne craint point les dieux ennemis.

O philosophe roi , que ma carrière est belle .' J 'irai de Sans -souci, par des chemins de fleurs, Aux champs élysiens parler à Marc-Anrele Du plus grand de ses successeurs.

A Salluste jaloux je lirai votre histoire,

A Lvcnrgue vos lois, à Virgile vos vers :

.Te surprendrai les morts ; ils ne pourront me croire ;

INul d'eux n'a rassemblé tant de talents divers.

Mais, lorsque j'aurai va ces ombres immortelles , IN'allez pas après moi confirmer mes récits : Vivez, rendez heureux ceux qui vous sont soumis , Et n'allez que fort tard auprès de vos modèles.

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