XVIII. A M. BLIN DE SAIx\MORE
qui avait euvoyé à l'auteur une héroïde de Gabrielle d'Estrées à Henri IV.
i\J. ON amour-propre est vivement flatté De votre écrit; mon goût l'est davantage: On n'a jamais par un plus doux langage Avec plus d'art blessé la vérité^.
Pour Gabrielle , en son apoplexie , Aucuns diront qu'elle parle long-temps ; Mais ses discours sont si vrais , si touchants , Elle aime tant, qu'on la croirait guérie.
Tout lecteur sage avec plaisir verra Qu'en expirant la belle Gabrielle Ne pense point que Dieu la damnera Pour aimer trop un amant digne d'elle.
Avoir du goût pour le roi très chrétien C'est œuvre pie ; on n'y peut rien reprendre : Le paradis est fait pour un cœur tendre. Et les damnçs sont ceux qui n'aiinent rien.
XÎX. A M. LE cHEVAiiER DE BOUFFLERS, qui lui arait envové nne' pièce de vers iutital^e
LE Co£CR.
V^ERTAiNE damç honnête , et savante , et profonde,
Ayant lu le traité du cœur.
Disait en se pâmant : Que j'aime cet antenr .' Ahl je vois bien qu'il a le plus ^rand cœur da monde.
De mon heurenx printemps j'ai m passer la flenr ;
Le cœur pourtant mt parle encore :
Du nom de Pet;t-cœnr quand mon amant m'honore
Je sens qu'il me fait trop d'honneur.
Hélas .' faibl?shnma;n9, qneîs destins sont les nôtres ! Qu'on a n al placé les Sfrandenrs .' Qu'on serait heureux si les cœurs Etaient faits les nns pour les autres !
Illustre chevalier, vous chantez vos combats ,
Vos victoires et votre empire; Et dans vos vers heureux, comme vous pleins d'appas,
C'est votre cœur qui vous inspire.
Quand Lisette vous dit: Rodrigue, as-tn du cœur.' Sur l'heure elle l'éprouve , et dit avec franchise :
Il eut encor plus de valeur
Quand il était homme d'église.