‹ Épitres, stances, et odes de VoltaireChapitre 121 sur 134 · T. A MM. DE L'ACADEMIE DES SCIENCES · texte numérisé non relu

T. A MM. DE L'ACADEMIE DES SCIENCES

qui ont été sons l'équateur et an cercle polaire mesurer des degrés de latitude. (1735.)

\J vérité sublime ! 6 céleste Uranie!

Esprit né de l'esprit qui forma l'univers ^ Qui mesures des cieux la carrière infinie, Et qni pesés les airs :

Tandis qae tu conduis snr les gouffres de Tonde CfS voyageurs sa-\ants, ministres de tes lois, De l'ardent équateur ou du polc du monde Entends ma faible voix.

Que font tes vrais enfants.'' Vainqueurs delà nature. Us arracbenf son voile, et ces rares esprits rixent la pesanteur , la jnasse et la figure De l'univers surpris.

Les enfers sont émus au bruit de leur vovage: Je vois paraître au jour les ombres des héros. De ces Grecs renommés qu'admira le rivage De l'antique Colchos.

Argonautes fameux, demi-dieax delà Grèce , Castor, PoUux, Orphée, et vous, heureux .lason. Tous de qui la valeur, et l'amour, et l'adresse, Ont conquis la toison;

En voyant les travaux et l'art de nos grands hommes. Que vous êtes honteux de vos travaux passés ! \ otre siècle est vaincu par le siècle où nous sommes : Venez , et rougissez.

Quand la Grèce parlait, l'univers en silence Respectait le mensonge ennobli par sa voix ; Et l'Admiration , fille de l'Ignorance , Chanta de vains exploits.

Heureux qui les premiers marchent dansla-carriere l TN'y fassent-ils qu'un pas , leurs noms sont publiés : Ceux qui, trop tard venus, la franchissent entière Demeurent oubliés.

Le mensonge réside au temple de Mémoire ; Il y grava des mains de la Crédulité Tous ces fastes des temps destinés pour l'histoire Et pour la vérité.

tiranie, abaissez ces triomphes des fables; Effacez tous ces noms qui nous ont, abuses; Montrez aux nations les héros véritables Que vous seule instruisez.

Le Génois qui chercha , qui trouva l'Amérique, Cortez qui la vainquit par de plus grands travaux , Eu voyant des Français l'entreprise héroïque Ont prononcé ces mots :

L'ouvrage de nos mains n'avait point eu d'exemples , Et par nos descendants ne peut être imite ; Ceux à qui l'univers a fait bâtir des temples L'avaient moins mérité.

Nous avons fait beaucoup , vous faites davantage; Notre nom doit céder à l'éclat qui vous suit. Plutus guida nos pas dans ce monde sauvage; La vertu vous conduit.

Comme ils parlaient ainsi , New ton dans l'empyrée ,

Newton les regardait, et du ciel entr'onvert , Confirmez, disait-il , à la terre éclairée Ce que j'ai découvert.

Tandis que des humains le tronpean méprisable , Sous 1 empire des sens indignement vaincu , De ses jours indolents traînant le lil coupable, Meurt sans avoir vécu ;

Donnez un digne essor à votre ame immortelle; Eclairez des esprits nés pour la vérité: Dieu vous a confié la plus vive étincelle De la divinité.

De la raison qu'il donne il aime à voir l'usage ; Et le plus digne objet deê regards éternels, Le plus brillant spectacle est l'ame du vrai sage Instruisant les mortels.

M.iis sur-tout écartez ces serpents détestables, Ces enfants de TEnvie ,et leur souffle odieux; Qu'ils n'empoisonnent pas ces âmes respectables Qui s'élèvent aux cieux.

Laissez un vil Zoile aux fanges du Parnasse De ses croassements importuner le ciel.

Agir avec bassesse, écrire avec audace, Et s'abreuver de iîel.

Imitez ces esprits , ces fds de la lumière , Confidents du Très-Haut , qui vivent dans son sein. Qui jettent comme lui sur la nature entière Un œil pur et serein.

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