DEPUIS
Madame la comtesse DE TOULOUSE,
sur le péril qu'elle avait couru en traversant la Loire
wAVEz-vous. gentille douairière, Ce que dans Sulli l'on faisait Lorsqu'Eole vous conduisait , D'une si terrible manière?
Le malin Périgni riait , Et pour vous déjà préparait Une épitaphe familière, Disant qu'on vous repèclierait Incessamment dans la rivière, Et qu'alors il observerait Ce que votre humeur un peu fiere Sans ce hasard lui cacherait.
Cependant Espar, la Valiere, Guiche, SuLli, tout soupirait; Roussi parlait peu , mais jurait ; Et l'abbé Courtin , qui pleurait En voyant votre heure dernière , Adressait à Dieu sa prière , Et pour vous tout bas murmurait Quelque oraison de son bréviaire, Qu'alors , contre son ordinaire, Dévotement il fredonnait.
Dont à peine il se souvenait , Et que même il n'entendait guère :
Chacun déjà vous regrettait. Mais quel spectacle j'envisage!
3a EPURES.
Les Amours qui de tous côtés
S'opposent à l'affreuse rage
Des vents contre vous irrités :
Je les vois; ils sont à la nage,
Et, plougés jusqu'au cou daûs l'eaa ,
Ils conduisent votre bateau ,
Et vous voilà sur le nvage.
Gondrin , songez à faire usage
Des jours qu'Amour a conservés:
C'est pour lui qu'il les a sauvés ;
Il a des droits sur sou ouvrage.
IvVIII. A MADAME LA MARECHALE DE VILLARS.
LJiviNiTÉ que le ciel fit pour plaire, Vous qu'il orna des cli irmes les plus doux , Vous que l'Amour preud toujours pour sa mère,/* Quo qu' J sait bieu que Mars est votre époux ; Qu'avec regret je me vois loin de vous ! Et quand Sulii quittera ce rivage.
Où je devrais, sol. taire et sauva'je.
Loin de vos yeus. vivre jusqu'au cercueil, Qu'avec plais:r, peut-être trop peu sage, J'irai chez, vous , sur les bords de l'Arcueil, Vous adresser mes vœux et mon bommage ! C'est là que e dirai tout ce que vos beautés Inspirent de te.idresse à ma muse éperdue: Les arbres de ViUars en seront encbantés. Mais vous n'en serez point émue. N'importe , c'est assez pour moi de votre vue, Et je sais trop heureux si jamais l'univers
Peut apprendre un jour dans mes vers Combien pour vos amis vous êtes adorable. Combien vous haïssez Içs manèges des cours ,
E PITRES. rr
Vos bontés, vos vertus, ce charme inexprimaL'.e Qui , coinnie dans vosyeux, règne eu tous vos discours. L'avenir ((uelqne jour, en lisant cet ouvrage, Puisqu'il est fait pour vi>us, eu chérira les traits: Cet auteur, dira-t-on, qui peignit taut d'attraits.
N'eut jamais d'eux pour son partage Que de petits soupers où l'on buvait très frais ;
Mais il mérita davantage.