XLIII. A Mademoiselle SALLE
-LiES amours, pleurant votre absence.
Loin de nous s'étaient envolés ;
Enfin les voilà rappelés Dans le séjour de leur naissance.
Je les vis ces enfants ailés Voler en foule sur la scène :
Pour y voir triompher leur reine Les états furent assemblés ; Tout avait déserté Cythere Le jour, le plus beau de vos jours, Où vous reçûtes de leur mère Et la ceinture et les atours.
Dieux ! quel fut l'aimable concours Des Jeux qui, marchant sur vos traces, Apprirent de vous pour toujours Ces pas mesurés par les Grâces , Et composés par les Amours!
Des Ris l'essaim vif et folâtre Avait occupé le théâtre Sous les formes de mille amants ; Vénus et ses nymphes , parées De modernes habillements.
Des loges s'étaient emparées.
Vn tas de vains perturbateurs , Soulevant les flots du parterre , A vous, à vos admirateurs Vint aussi déclarer la guerre.
Je vis leur parti frémissant.
Forcé de changer de langage , Vous rendre en pestant leur hommsge , Et jurer en applaudissant.
Restez, lille de Terpsichore:
L'Amour est las de voltij;er ; Laissez soupirer l'étranger Brillant de vous revoir encore. .Te sais que , pour vous attirer.
Le solide Anglais récompense Le mérite erraut que la France
Ne fait tout au plus qu'admirer.
Par sa généreuse industrie Il veut en vain vous rappeler; Est-il rien qui doive égaler Le suffrage de sa patrie ?