LVII. A M. LE COMTE ALGAROTTr
qui était alors à la cour de Saxe , et que le roi de Pologne avait fait son conseiller de guerre.
A Paris , février ij^i.
Jtii N F A N T du Pinde et de Cythere, Lrillant et sage Algai^otti, A qui le ciel a départi L'art d'aimer, d'écrire, et de plaire.
Et que , pour comble de bienfaits.
Un des meilleurs rois de la terre A fait son conseiller de guerre Dès qu'il a voulu vivre en paix; Dans vos palais de porcelaine Recevez ces frivoles sons Enfilés sans art et sans peine Au charmant pays des pompons.
O Saxe, que nous vous ai mous,' O vSaxe, que nous vous devons D'amour et de reconnaissance I C'est de votre sein que sortit Le héros qui venge la France , Et la nymphe qui l'embellit.
Apprenez que cette daujjhine Par ses grâces, par son esprit.
Ici chaque jour accomplit Ce que votre muse divine Dans ses lettres tn'avait prédit.
Vous penserez que je l'ai vue Quand je vous en dis tant de bien , Et que je l'ai même entendue ; Je vous jure qu'il n'en est rien,
Et que ma muse peu connue. Eu TOUS répétant dans ces vere Cette vérité toute nue, N'est que l'écho de l'univers.
Une danphiue est entourée.
Et l'étiquette est son tourment.
3 "ai laissé passer prudeuiment Des paniers la foule titrée Qui remplit tout l'appartement De sa bigarrure dorée.
Tirs^ile e tait-il le premier A la toilette de Livie.^ Il laissait passer CornéKe, Les ducs et pairs, le chancelier.
Et les cordous Lleus d'Italie , Et samusait sur l'escalier Avec Tibuile et Polymnie.
Pliais à la lin j'aurai mou tour :
Les dieux ne me refusent guère; Je fais aux Grâces chaque jour Uue très dévote prière; Je leur dis : Filles de l'Amour, Daignez, à ma muse discrète Accordant un peu de faveur.
Me présenter à votre sœur Quand vous irez à sa toiletle.
Que vous dirai- je maintenant Du dauphin , et de cette affaire De l'amour et du sacrement;' Les dames d'honneur de Cythere En pourraient parler digiiemcut; IMais un profane doit se taire :
Sa cour dit qu'il s'occupe à faire Lue famille de héros , Ainsi qu'ont fait très à propos Son jueul et son digue père.
Daignez pour moi remercier Votre ministre magnifique:
D'un fade éloge poétique Je pourrais fort bien l'ennuyer: Mais je n'aime pas à louer; Et ces offrandes si chéries Des belles et des potentats , Gens tous nourris de flatteries.
Sont un bijou qui n'entre pas Dans son baguier de pierreries.
Adieu : faites bien au Saxon Goûter les vers de l'Italie , Et les vérités de Newton; Et que votre muse polie Parle encor sur un nouveau ton De notre immortelle Emilie.